Roland Garros
Federer : "Si je reviens sur terre battue, il faut passer par Nadal"



Auteur d’une très belle performance pour écarter son compatriote Stan Wawrinka (7-6(4), 4-6, 7-6(5), 6-4), Roger Federer retrouve le dernier carré de Roland-Garros et d’un tournoi du Grand Chelem. Le Suisse a déjà hâte des retrouvailles avec son meilleur ennemi Rafael Nadal.

Roger, vous étiez arrivé sans pression et vous êtes en demi-finale…
Je suis tout d’abord très content car je suis de retour dans une demi-finale de Grand Chelem, ce que je n’avais plus connu depuis plus d’un an (Open d’Australie 2018). Je suis passé par des moments difficiles alors j’ai largement dépassé mes attentes. Après avoir été absent pendant plusieurs années dans ce tournoi, c’est un super sentiment. Le match a été d’un très haut niveau contre Stan. L’interruption par la pluie a compliqué la tâche mais j’ai réussi à garder mes nerfs.

Qu’est-ce qui a fait la différence ?
J’ai été calme et j’ai suivi le jeu et la tactique que l’on a mis en place avant la partie, même s’il y a eu des moments de frustration d’avoir raté des occasions. Stan a aussi bien joué quand il le fallait. Je l’ai assez accepté. J’ai senti dans le premier set que si je servais bien et que je suivais mon plan, je pouvais le battre. La clé du match est cette fin du troisième set.

Vous avez dit sur le court que vous étiez revenu pour affronter Nadal…
Pas forcément à Roland ou en demi-finale, mais sur terre battue. Ça m’intéresse de savoir où j’en suis. Si tu parles de terre battue, tu parles de Rafa. C’est la référence. Si je reviens sur terre battue et que tu essaies de faire quelque chose, il faut passer par Rafa. Il n’y a pas de miracle. Je me réjouis de ce match tout en étant déjà très content d’atteindre les demi-finales. J’ai encore moins de pression de mon côté. Je vais faire mon maximum, je sais que ce n’est pas du gazon ou du dur où si je sers bien je peux le mettre en difficulté. Ici, il faut faire beaucoup plus. Jusqu’à maintenant, il a avancé comme un rouleau-compresseur.

"J’ai largement dépassé mes attentes"



Après toutes ces années, qu’est-ce qui peut vous rendre plus optimiste dans votre jeu pour le battre ?
Comme contre n’importe quel adversaire, il y a toujours une possibilité, sinon personne ne regarderait si le résultat était déjà connu. Tous les matchs doivent être joués. Je sais que contre Rafa ce sera très difficile. Il peut aussi avoir un problème, je peux très bien jouer ou alors lutter avec les conditions comme la pluie ou le vent. Il m’a fallu cinq matchs pour arriver là, c’est pour ça que je suis très content de jouer Rafa.

Vous avez souvent expliqué que Rafa était le seul joueur contre lequel vous changiez votre jeu. Pensez-vous évoluer avec votre jeu naturel désormais face à lui ?
Ce n’est jamais naturel contre un gaucher, que ce soit Rafa ou un autre. Quand on joue 80% du temps contre des droitiers et que l’on se retrouve face à un gaucher, c’est forcément différent. Avant je détestais ces moments, maintenant, je les adore parce que c’est un véritable défi contre ces mecs. Et Rafa, c’est le meilleur contre lequel je n’ai jamais joué.

Est-ce le défi ultime de le battre ici à Paris en demi-finale ?
En finale oui, en demi-finale c’est peut-être un peu plus facile, je ne sais pas (rire). Rafa est incroyable, sa capacité à retourner de loin avec beaucoup de puissance et encore sa couverture du terrain, c’est le plus fort. Stan est capable de bien le faire aussi. C’est aussi le joueur qui bouge le mieux sur terre battue.

De votre envoyé spécial à Roland-Garros