Roland Garros
Barty : "Je n’aurai peut-être plus jamais une telle opportunité, alors je voulais la saisir"



Lauréate de Roland-Garros, son premier titre du Grand Chelem, Ashleigh Barty est revenue sur son parcours atypique, elle qui avait arrêté le tennis pour le cricket. L’Australienne savoure l’exploit qu’elle vient d’accomplir.

Ashleigh, que signifie cette victoire ?
J’ai une équipe incroyable et c’est le résultat du travail effectué ensemble ces trois dernières années. C’est un peu trop, je suis un peu submergée. On a fait le travail, on a essayé de se mettre dans cette position. C’est juste incroyable. À chaque fois que je peux jouer mon meilleur tennis, je sais que je peux faire jeu égal avec les meilleures mondiales. Depuis deux semaines, les étoiles se sont alignées pour moi. J’ai été capable de jouer un excellent tennis quand j’en avais besoin. Je n’avais jamais rêvé être assise ici avec le trophée de Roland-Garros. C’est incroyable.

Depuis votre défaite à Rome (face à Kristina Mladenovic), avez-vous fait des ajustements ?
À Rome, c’est peut-être le seul match de l’année où quand je suis sortie, j’étais réellement déçue de comment j’avais joué. Jouer en double (avec Victoria Azarenka) m’a aidé. Ensuite, j’ai bien géré mon corps pour arriver en forme ici. L’année dernière, j’avais déjà bien joué sur terre battue. J’apprends à chaque fois comment mieux gérer ma capacité à varier.

Le match fou en demi-finale vendredi vous a-t-il aidé à mieux gérer l’événement ?
Je n’avais jamais vu ça hier (lire ce vendredi). C’étaient les montagnes russes avec du très bon et du très mauvais. Aujourd’hui (lire ce samedi), je me suis dit : je n’aurai peut-être plus jamais une telle opportunité, alors je voulais la saisir.

Lorsque vous avez arrêté le tennis en 2014, imaginiez-vous vous retrouver ici avec le trophée ?
Absolument pas. Si je n’étais pas partie, je ne serais peut-être pas revenue au tennis. Pendant une partie de ma vie, je suis partie dans cette direction, c’était la meilleure décision que j’ai prise à l’époque. Et c’était encore une meilleure décision de revenir au tennis.

Pensiez-vous que vous alliez revenir ?
Je n’ai jamais fermé de portes en disant que je ne rejouerai pas au tennis. J’avais besoin de recul pour avoir une vie normale, car ce n’est pas le cas avec le tennis. J’avais besoin de temps pour mûrir et grandir en tant que personne. J’ai laissé toutes les options ouvertes et c’était une progression naturelle que de revenir au tennis. J’étais toujours impliqué dans le tennis au quotidien, le tennis a toujours fait partie de ma vie. La compétition me manquait, comme les émotions de gagner ou de perdre. C’est quelque chose d’unique.

Pensez-vous reprendre une carrière professionnelle dans le cricket ?
J’espère surtout jouer au tennis pendant encore quelques années (sourire).

De votre envoyé spécial à Roland-Garros