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LE GRAND HUIT DE NADAL
Par Simon Alves, dimanche 09 juin 2013 à 17:51
Il est immortel, invincible, implacable. Au terme d’un match certes remporté en trois sets 6–3 6–2 6–3 mais intense grâce à un Ferrer jouant le jeu jusqu’au bout, Rafael Nadal remporte pour la huitième fois de sa carrière Roland Garros. Un nouveau record en Grand Chelem. Vertigineux.
Un scénario écrit d’avance…
Toute série a une fin, dit‐on souvent, comme pour se rassurer de voir un jour du changement face à une implacable domination. Cet adage pourra probablement trouver sa place un jour à Roland. Pour l’heure, mettons un genou au sol et inclinons‐nous face au plus puissant terrien de tous les temps : Rafael Nadal. Nous ne nous attendions pas, il faut le dire, à un miracle de la part de David Ferrer. Certes, le trentenaire a réalisé un tournoi impressionnant et il mérite d’être salué pour ça. Son coeur, sa rage et sa haine de la défaite ont fait plaisir à voir tout au long de cette quinzaine durant laquelle il n’avait, jusqu’ici, laissé aucun set en route. Mais en face ! En face…Il y avait l’ogre. Goliath. Un Everest. Malgré des débuts balbutiants, Nadal est monté constamment en puissance porte d’Auteuil. En point d’orgue, une demi‐finale absolument phénoménale et remportée au couteau contre Novak Djokovic. Doit‐on évoquer le ratio de victoires/défaites extrêmement favorable au Majorquin dans les confrontations entre les deux hommes ? Tous les ingrédients semblaient, à terme, réunis pour voir Rafa venir chercher un huitième titre dans SON tournoi du Grand Chelem.
… et suivi à la lettre
L’entame du match n’a pas dérogé à une règle établie depuis maintenant plus de neuf ans. Si Ferrer met un premier jeu blanc, Nadal enchaîne avec son service et en prenant celui de son compatriote. Mais David n’est pas là seulement pour servir de punching ball. Il montre qu’il en a et débreake derrière. Pour autant, ce qui choque déjà dans ce début de match, c’est à quel point Ferrer doit développer un tennis absolument parfait pour faire déjouer le plan de démolition établi par Nadal. Le lutin galope de tous les côtés comme il peut. Mais ça ne suffit pas. En breakant deux fois de plus, Rafa prend la première manche. La suite ? Elle est du même acabit. Un rouleau compresseur, que, de temps en temps, une fulgurante foreuse vient trouer. Ferrer a du mérite de réussir ces quelques coups contre CE Rafa. Rien ne peut le perturber. Peut‐être cette intervention de hooligans armés de fumigènes qui font, l’espace d’un instant, craindre le pire pour la sécurité des joueurs (on en reparlera très certainement…). Un peut de flottement a d’ailleurs suivi ce moment, pour les deux hommes. Mais pas de quoi empêcher Nadal de conclure sa deuxième manche et de poursuivre sur sa lancée. La pluie ? Un léger contre‐temps. Quand elle se fait plus intense et que les superviseurs commencent à évoquer l’idée d’une interruption, le Majorquin part sur le court pour terminer le travail. Ce qu’il finit par faire au bout de 2h16 de jeu et trois manches 6–3 6–2 6–3. Le dos à terre, le voilà qui rentre encore un petit peu plus dans la légende.
Un record de plus
« Quand je suis sur ce court, je ressens les émotions les plus fortes que je peux ressentir. C’est une victoire qui signifie beaucoup pour moi. C’est ce pourquoi je travaille depuis que je suis petit. Être dans le tableau cette année était déjà un objectif en soi ! Je n’avais jamais rêvé réaliser un tel exploit. » Voici les premiers mots du Majorquin, évoquant avec émotion le chemin parcouru depuis cette fameuse blessure qui l’a écarté des terrains. Ce huitième sacre Porte d’Auteuil est la juste récompense de tous ces efforts. Il vient ponctuer une première partie de saison époustouflante. Depuis son retour de blessure, Rafael Nadal a remporté sept des neufs tournois qu’il a disputés, ne s’inclinant qu’en finale à Monte‐Carlo et à Vina Del Mar. Soit un ratio de 42 victoires sur 44 matches disputés ! Même si Rafa est parfois pudique lorsqu’il s’agit d’évoquer son palmarès, il ne fait nul doute que cette victoire aura une saveur particulière. Au‐delà de l’opportunité d’ajouter un 57ème trophée à son étagère, elle lui permet surtout d’écrire une nouvelle page de l’histoire du tennis. A 27 ans, Rafael Nadal devient le premier joueur à avoir remporté huit fois un même tournoi du grand chelem. Il se détache de Pete Sampras et Roger Federer ‑et leurs sept titres à Wimbledon‐ et du moins connu Bill Tilden, sept fois vainqueur de l’US Open également. Quelle performance ! Et, quand on voit l’appétit de Rafa, et surtout la qualité du jeu qu’il parvient à développer sur terre battue, on imagine mal comment il pourrait s’arrêter là !
- La rétro WLT est organisée en partenariat avec « Rafa, mon amour », le livre tennis événement sur Rafael Nadal, et l’ensemble de la collection We Love Tennis des éditions Flora Consulting.
Publié le dimanche 22 décembre 2013 à 14:00



