Maria Sharapova s’est présentée devant la presse, fraîche et pimpante après ce sacre à Roland Garros. La Russe est revenue avec une très belle lucidité sur toutes les étapes qui l’ont amenée à cette victoire et ce Grand Chelem en carrière. Un mot pour résumer cette jeune, formidable vainqueur : championne.
Maria, quelques minutes après avoir remporté Roland Garros, quel est ton sentiment ?
C’est irréel. Le moment le plus extraordinaire de ma carrière. Je n’ai jamais pensé pouvoir vivre ça. Quand j’ai gagné Wimbledon à 17 ans, je croyais que ce serait le plus beau moment de ma carrière. Mais, quand je suis tombée à genou, tout à l’heure, sur la terre, je me suis rendue compte comme cette victoire était merveilleuse et spéciale.
Tu mesures le chemin parcouru depuis tout ce temps ?
C’est un long voyage, qui a commencé lorsque j’étais très jeune et qui n’est pas encore terminé. Ce n’est pas fini pour moi, croyez‐moi. J’en suis loin, j’ai encore beaucoup de choses à réussir. J’ai toujours cru en mon jeu, c’est pour ça que j’ai réussi à gagner les quatre tournois du Grand Chelem. Et j’ai gagné Roland Garros parce que j’ai toujours cru que je pouvais m’améliorer, sur terre, sur herbe et toutes les autres surfaces. M’améliorer. C’est toujours ce que j’ai recherché. J’ai toujours écouté cette petite voix à l’intérieure qui me disait que je pouvais mieux faire, qui me soufflait que je pouvais réussir à nouveau et, même, gagner ici.
Qu’est-ce qui t’a rendue capable, aujourd’hui, de gagner ce tournoi du Grand Chelem pour lequel tu ne semblais pas prédestinée ?
Même si j’ai pris beaucoup de coups dans ma carrière, je me suis toujours relevée. Je n’ai jamais cherché d’excuses. Je me suis toujours fiée à mon propre talent et à mon équipe, aux gens qui m’aimaient. C’est ce qui m’a permis de tenir dans les moments difficiles. Vous savez, j’ai beaucoup de foi et de fierté en ce que je fais. J’adore mon boulot, j’adore jouer au tennis. J’aurais pu abandonner, franchement, quand j’ai été blessée… J’avais déjà gagné beaucoup d’argent, j’avais remporté des Grands Chelems… Mais, quand vous aimez quelque chose, même si c’est gelé dehors, vous sortez, même si vous savez que vous aller vivre une journée difficile, vous vous levez et vous l’affrontez. Il n’est que de cette façon que vous pouvez accomplir de grandes choses. Et c’est ce qui m’a toujours porté.
Parlons du match. Tu te déplaces beaucoup mieux sur terre qu’avant, non ?
Je me suis beaucoup améliorée physiquement. J’ai un bien meilleur déplacement, je me sens bien plus à l’aise depuis l’année dernière déjà et, même, celle d’avant. Je sais désormais que je peux jouer de plus longs échanges, que je peux être rapidement sur la balle. Je me suis dit que j’en étais capable et j’y suis arrivée. Cette amélioration s’est faite progressivement. En 2010, j’ai perdu en trois sets contre Henin. A l’époque, elle était la meilleure sur terre battue. Pourtant, pendant ce match, j’ai eu le sentiment que je rentrais dans le jeu. Et je ne l’ai pas sentie nettement supérieure à moi.
Tu as prononcé quelques mots de français, à la fin… Comment as‐tu appris cette langue ?
Pendant ma blessure, en fait, il fallait que je m’occupe. Je me suis dit que je voulais apprendre une langue vivante, j’ai choisi le français, comme ça, je ne sais pas pourquoi (rires) ! Mais j’ai dû arrêter un peu les cours, depuis…
A l’issue du match, quand la voix a annoncé ton nom comme celui de la finaliste, qu’est-ce que tu as pensé ?
(Rires) C’était très drôle ! C’était vraiment marrant de voir Sara lever les bras au ciel. C’est sympa de voir une finaliste avec un aussi bel état d’esprit. Ce qu’elle a dit, quand elle a pris la parole… C’était très agréable d’entendre ce mots, des mots inscrits dans la réalité. Très sincèrement, c’est une belle âme.
Demain, Nadal‐Djokovic… Tu as un favori pour cette finale ?
Mon favori ? Euh, franchement, c’est la dernière chose à laquelle je pense actuellement. Bon, j’aimerais voir gagner Novak, parce c’est le tournoi qui lui manque. Mais j’ai vu Nadal jouer ici et c’est assez incroyable. Ca va être un très beau match.
Quel est ton programme, là ? Repos ?
Oui, moi, j’aimerais déjà prendre quatre jours de repos avant de retourner au boulot, mais mon coach ne veut m’en laisser que trois ! (Rires) J’ai appelé ma mère, elle m’a demandé combien j’en prenais, je lui ai dit trois ou quatre, elle m’a dit plutôt quatre… (Rires) Et, surtout, de profiter de ces jours pour me reposer et faire autre chose. Quant à mon père, je l’ai appelé, il m’a dit… « Bien joué ! » (Rires) Il faisait du vélo ! « Ouais, génial, je te rappelle tout à l’heure ! » (Rires) J’ai une drôle de famille ! (Rires)
Votre envoyé spécial, à Roland Garros.
Publié le samedi 9 juin 2012 à 19:17


