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9. Nadal, le grand débat

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Comme c’est le cas depuis 2009, l’au­dience de Welovetennis s’est encore accrue cette année avec de grands moments et de vrais sommets : tous les records de visites, visi­teurs uniques et pages vues ont été battus à plate couture ! Etrangement, ce ne sont pas toujours les billets les plus attendus qui vous ont fait réagir en masse et qui ont créé le buzz… Alors voici ces 10 articles telle­ment consultés que vous ne pouvez pas les avoir ratés – à retrouver ce lundi de 11h00 à 18h30. Attention, il n’est pas ques­tion ici des billets les plus commentés, mais des billets ayant recensé le plus de consul­ta­tions uniques.

NADAL, LE GRAND DÉBAT


Par Theo Cavroy, mercredi 19 juin 2013 à 12:33

Consultations uniques : 9 393 // Commentaires : 48

Rafael Nadal sera tête de série numéro cinq au départ de Wimbledon lundi prochain. Ce qui signifie qu’il affrontera l’un des membres du Top 4 dès les quarts de finale. A défaut de mettre tout le monde d’accord, cette vérité fait jaser. Comme avant Roland Garros, quand on ne savait pas encore que Murray n’y participerait pas. On trouve d’un côté les puristes, tristes à l’idée de voir l’un des cadors du circuit sorti dès les quarts, de l’autre, les autres, qui n’y voient pas un changement radical.

C’est la p’tite polé­mique du moment. Rafael Nadal sera tête de série numéro cinq à Wimbledon. Et ? C’est vrai qu’on n’a pas l’habitude de se poser la ques­tion. Depuis qu’il est tête de série à Londres, c’est à dire depuis 2005, l’Espagnol ne s’est jamais retrouvé au‐delà de la tête de série numéro quatre. Aujourd’hui le voilà un rang en dessous, ce qui lui vaudra de défier l’un des quatre premiers en quart de finale. Et donc la possi­bi­lité d’être sorti dès ce stade de la compé­ti­tion, ou encore de rendre la fin du tournoi beau­coup moins palpi­tante –ou plus ?- Alors que faire ? Changer la règle ? Certainement pas. Certains y songent pour­tant. Et pas n’importe quel fan incon­di­tionnel de Rafa prêt à tout pour favo­riser son idole. Guy Forget, ex‐Capitaine de l’équipe de France de Coupe Davis, ne serait sûre­ment pas contre. Avant Roland Garros, le problème se posait déjà. Forget avait alors lancé le débat :

« Oui, le tournoi de Roland‐Garros peut changer la règle. Le règle­ment stipule bien que les tour­nois du Grand Chelem peuvent modi­fier cet ordre. Ça ne me choque­rait pas, ça ne serait pas illo­gique. Cela n’en­gage que moi, mais on verra bien. »

Oui mais voilà. Roland Garros est un tournoi, Wimbledon en est un autre. A Paris, le Majorquin est archi favori. Peu importe qu’il soit tête de série numéro quatre ou cinq, il n’est pas impru­dent de miser sur sa victoire finale. A Londres en revanche, sur cette fameuse surface verte, il a beau­coup plus de concurrence.Djokovic est numéro un mondial. Federer, septuple vain­queur à Londres et expert sur gazon, a son titre à défendre. Quant à Andy Murray, spécia­liste de la surface, il sera devant son public, bien déter­miné à enfin remporter son titre du Grand Chelem, chez lui. D’autant qu’il vient d’y gagner le tournoi du Queen’s. Il sera donc en pleine confiance. Cela fait du beau monde que certains n’aimeraient pas voir partir dès les quarts, suspens oblige. C’est le cas de John Mc Enroe, inquiet, qui s’est exprimé à ce propos lors d’une confé­rence télé­pho­nique accordée à la chaîne ESPN :

« À mon avis, il ne fait aucun doute que Nadal devrait être dans les quatre premiers, Je ne sais pas comment ils font exac­te­ment, appa­rem­ment, il y a une sorte de formule, mais il est évident qu’il devrait être l’une des quatre premières têtes de série. Si Nadal a joué Djokovic en quarts, ou éven­tuel­le­ment Murray ou Federer, il y aurait une grande diffé­rence, et ce serait une erreur, à mon avis. » (NDLR : cette décla­ra­tion est inter­venue avant l’annonce offi­cielle des têtes de série).

Etrangement, la contro­verse n’a pas l’air d’affoler plus que ça les prin­ci­paux inté­ressés. Ceux direc­te­ment mis en danger par le clas­se­ment de Nadal, les quatre premiers joueurs mondiaux. Devant les micros de la BBC, Andy Murray, le Britannique numéro deux mondial, n’est pas emballé par le règle­ment… mais ne serait pas contre le fait de jouer Rafa en quart de finale à Londres :

« C’est dur parce qu’il est meilleur que ça. C’est malheu­reu­se­ment la façon dont notre système de clas­se­ment marche. Il s’agit d’un clas­se­ment sur un an, alors que dans le golf par exemple, il s’agit d’un clas­se­ment de deux ans. Même si l’un des meilleurs joueurs se blesse, il peut encore conserver son clas­se­ment. Au tennis, si vous manquez quatre ou cinq mois, il est presque impos­sible de main­tenir votre rang. Je sais qu’il y aura beau­coup d’in­térêt à propos du tirage au sort de Wimbledon cette année. Avec Rafael Nadal tête de série numéro 5… Mais en tant que joueur, on ne peut pas trop être obsédé par le tableau. Je signerai pour un quart de final contre Rafa demain si quel­qu’un me deman­dait de choisir demain. On pour­rait se dire que si je passe ce match, la demie sera plus facile ».

A l’écoute de la ques­tion, Roger Federer, troi­sième au clas­se­ment ATP et prin­cipal rival de l’Espagnol ces dernières années, semble quelque peu irrité :

« Qu’est‐ce que vous voulez que je vous dise ? C’était le même débat avant Roland Garros. Et, au final, il avait été tête de série numéro quatre. Moi, je me deman­dais pour­quoi il y avait de telles discus­sions… Ferrer a joué de manière très solide ces derniers 365 jours. Qu’est‐ce que vous allez dire ? Rafa, lui, n’a pas beau­coup joué. C’est ainsi que fonc­tionne le clas­se­ment. Mais, dans un mois proba­ble­ment, Rafa sera à nouveau numéro deux ou trois. Il va être patient. Evidemment, cette dyna­mique modifie un peu la pers­pec­tive du tirage au sort, mais pas tant que ça je trouve. Les quarts de finale ne sont pas le premier tour. Ca reste loin dans le tournoi, si vous y pensez. ».

Chacun est libre de penser ce qu’il veut. Bien, pas bien, normal, pas normal… Mais ce qui est sûr, c’est que quelque soit son clas­se­ment, n’importe quel joueur qui veut gagner Wimbledon et les autres tour­nois du Grand Chelem, doit battre tous les joueurs présents dans sa partie de tableau. Jusqu’à la finale. Qu’il s’appelle Rafael Nadal, Roger Federer ou Steve Johnson. Et peu importe son clas­se­ment. C’est d’ailleurs ce qu’exprime très bien le numéro un Britannique, qui sera malgré tout l’un des favoris du Grand Chelem londonien :

« Pour remporter le plus gros des tour­nois, il faut battre les meilleurs. Peu importe où ils sont placés dans le tableau. »

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