Héroïque, inébranlable…Les mots manquent mais Rafael Nadal pousse les observateurs à se montrer toujours plus imaginatifs.
Après les grimaces à Rome, le tirage au sort terrible, les questions sur sa fameuse blessure au pied gauche, le 14e titre à Roland‐Garros semblait loin. Mais l’Espagnol a surmonté tous les obstacles pour aller chercher ce nouveau sacre, le plus difficile à obtenir même s’il n’aura jamais tremblé dans cette finale contre Casper Ruud ce dimanche.
Juste avant d’entrer sur le court Philippe‐Chatrier, les attitudes des deux joueurs en disent déjà beaucoup. Rafael Nadal saute dans tous les sens, accélère, frappe dans le vide. Juste à côté : Casper Ruud, tête basse, le visage à la fois concentré et inquiet avant de jouer sa première finale de Grand Chelem, face à son idole.
Ruud timoré et fébrile, Rafa en profite en breakant dès le début de match. Mais le maître des lieux ne parvient pas à mettre son jeu en place. Pas tout à fait impérial, il se fait reprendre tout de suite. Sans conséquence car il il a de la marge. Il reprend vite les devants, à l’expérience. Il enfonce Ruud sur son revers, qui se décale en coup droit le plus souvent possible, parfois à l’excès. Nadal gère.
Dans le deuxième set, Rafa peut enfoncer le clou avec trois balles de break d’entrée. Casper résiste, prend enfin confiance. Il profite même d’une baisse physique de Nadal dans le 4e jeu, qui cède sur une double faute et un jeu blanc. Ruud a une belle occasion de revenir mais son irrégularité le plombe. Nadal accélère dans les moments importants. Au‐dessus, trop serein, il enchaîne cinq jeux et remporte la deuxième manche.
Plus qu’à un set du bonheur ultime, Nadal part ensuite en démonstration face au Norvégien, résigné. Il sait qu’il n’a pas profité des petites faiblesses de Rafa lors des deux premières manches. Ce dernier se permet de lui coller une bulle pour finir.
Rafael Nadal est imbattable en finale à Roland‐Garros. Il s’impose 6–3, 6–3, 6–0, en 2h19 contre Casper Ruud. Il remporte son 2e titre du Grand Chelem cette saison après l’Open d’Australie, le 22e de sa carrière. Il creuse un peu plus l’écart avec Novak Djokovic et Roger Federer, détenteurs de 20 sacres chacun.
Publié le dimanche 5 juin 2022 à 17:30



