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Sinner trop facile ? Souvenons‐nous du doigt levé de Federer face à Djokovic

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Évidemment, gagner est une réjouis­sance mais trop gagner peut aussi vous installer dans une routine presque indé­cente. Ce que réalise en ce moment Jannik Sinner est incroyable mais c’est aussi condi­tionné par quelques circons­tances favorables.

En 2011, Novak Djokovic était arrivé à Roland‐Garros avec une situa­tion de domi­na­tion assez semblable à celui de l’Italien.

Le Serbe avait tout simple­ment remporté tous les tour­nois auxquelles il avait parti­cipé. Il avait donc soulevé sept trophées (Open d’Australie, Dubai, Indian Wells, Miami, Belgrade, Madrid, Rome) en battant au passage un certain Rafael Nadal en finale en Espagne, en Italie et en Floride. 

Il était donc l’im­mense favori en arri­vant à Roland Garros.

Demi‐finaliste sans avoir tremblé, ni même joué en quart de finale après le forfait de Fabio Fognini blessé, le Serbe est entré sur le central Philippe Chatrier pour avec le sourire aux lèvres, fort d’une invin­ci­bi­lité déconcertante.

Quatre sets plus tard, Roger Federer, vain­queur, pouvait lever le doigt, comme pour lui dire : « La récréa­tion est finie. Cette fois, tu as eu en face de toi un joueur qui n’avait pas peur et surtout qui n’avait rien à perdre. »

On ne souhaite pas la même chose à Sinner mais il est vrai qu’un tournoi du Grand Chelem ne ressemble qu’à rien d’autre qu’à un tournoi du Grand Chelem avec ce que cela implique en termes de pres­sion et d’aléas qui sont souvent imprévisibles.

Quand tu t’es promené pendant des semaines en dérou­lant ton tennis sans avoir eu à forcer, tu sais aussi qu’à un moment la machine peut s’en­rayer et la réalité peut te rattraper. 

Du coup, on a presque envie de dire que pour Jannik, le mieux pour vrai­ment réussir son Roland‐Garros serait presque de perdre en Italie… 

A propos de l’auteur

Laurent Trupiano

Laurent Trupiano est jour­na­liste depuis plus de 25 ans, il a travaillé pour divers médias (Le Parisien, Le Point, Radio France), il a été le co‐fondateur de Sport24.com. En 2007, il a créé le maga­zine We Love Tennis et lancé le site Welovetennis.fr en 2013. Aujourd’hui, il est le direc­teur de la rédac­tion des deux supports.