La nouvelle n’a pas manqué de faire réagir. Martina Hingis, ex‐numéro un mondiale, a annoncé hier qu’elle fera son retour sur le circuit WTA à Carlsbad, où elle jouera en double avec la Slovaque Daniela Hantuchova. Mais ce come‐back divise, après ses problèmes de dopage quelques années auparavant. Alors, son retour est‐il acceptable ? Nous vous posons la question.
Cadrons tout de suite les enjeux. A l’heure actuelle, nous ne savons pas si la Suissesse compte continuer à jouer après Carlsbad, même si elle a estimé que c’était un bon tournoi « pour commencer ». L’idée n’est donc pas de juger son retour à la haute compétition sur le long terme, mais sa présence ici et maintenant. Car dès l’annonce de la nouvelle, le débat s’est enflammé : Hingis avait en effet été contrôlée positive à la cocaïne en 2007, lors d’un test effectué en plein Wimbledon. A l’époque, elle déclare : « mon avocat a constaté de nombreuses incohérences concernant le test d’urine pris à Wimbledon. Il est également persuadé que les officiels n’ont pas respecté la procédure antidopage et qu’ils ne sont pas en mesure de prouver que l’urine testée soit la mienne. » Avant d’ajouter qu’elle s’est « soumis à un test capillaire qui s’est avéré négatif ». Suspendue deux ans pour manquement au règlement, Martina Hingis avait pris sa retraite dans la foulée, sans que les zones d’ombres s’éclairent vraiment.
Dès lors, il y a deux façons de voir les choses. La première est de considérer que son retour, comme son entrée au Hall of Fame récemment, est une façon de légitimer ces actes. De lui donner raison, en effaçant d’un coup de baguette magique cet épisode douteux. Comment alors regarder ce come‐back d’un bon œil, quand des personnes se battent depuis des années pour un sport propre ? Ensuite, la Suissesse profitera de l’occasion pour présenter sa nouvelle ligne de vêtements – qui sera d’ailleurs la tenue officielle du tournoi – et réalise donc un joli coup publicitaire. Entre amour du sport et opportunité marketing, il n’y a parfois qu’un pas, et l’on peut se demander si Hingis ne l’a pas franchi.
Mais tout cela est peut‐être une chance. Une chance qu’une si grande championne fasse son retour, et écrive encore la légende du tennis. Que les jeunes générations la découvrent. La présence d’une joueuse ayant gagné cinq tournois du Grand Chelem en simple et neuf en double est assurément une sensation. Concernant ses problèmes de dopage, cette autre vision est on ne peut plus simple : elle a fauté, elle a payé. Maintenant, pourquoi n’aurait‐elle pas droit à un retour dans le calme, sa dette épongée ?
Publié le mercredi 17 juillet 2013 à 11:09


