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Sondage : Andy Murray remportera‐t‐il un tournoi du Grand Chelem en 2012 ?

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Retour sur les courts diffi­cile, mais gagnant, pour Andy Murray. L’Ecossais a battu Mikhail Kukushkin, 5–7 6–3 6–2, au premier tour du tournoi de Brisbane. Quelques jours après l’annonce de sa prochaine colla­bo­ra­tion avec Ivan Lendl, Murray nous donne l’occasion de nous inter­roger sur cette asso­cia­tion, que nous atten­dons d’observer avec impatience.

« Je suis très emballé d’avoir la chance de travailler avec Andy. Il possède un talent unique et j’ai hâte d’es­sayer de l’aider à atteindre ses objec­tifs. » C’est en ces termes qu’Ivan Lendl a annoncé, samedi dernier, qu’il entraî­ne­rait Andy Murray à compter de l’Open d’Australie. « C’était impor­tant que la personne qui s’ajoute à mon équipe apporte une nouvelle pers­pec­tive », rebondit Andy Murray. « Ivan a eu un impact indé­niable sur le tennis et il amène une expé­rience et des connais­sances peu communes, surtout lors de tour­nois majeurs. J’ai hâte de commencer à travailler avec lui. » Ivan Lendl a hâte ; Andy Murray a hâte ; et, nous, obser­va­teurs, nous avons hâte aussi. 

Pourquoi ? Parce qu’il semble clair, aujourd’hui, qu’Andy Murray, joueur parti­cu­liè­re­ment complet, a toutes les armes pour remporter un Grand Chelem – un, au moins un, sans viser des Everest, sans même encore parler de Top 3, 2 ou 1. On n’est pas trois fois fina­liste en Grand Chelem et demi‐finaliste dans chacune des levées majeures par hasard ; ni présent dans le Top 5 depuis trois ans et demi, aux côtés de Roger Federer, Rafael Nadal et Novak Djokovic, sur un malen­tendu – quand bien même, de ses trois copains du Big Four, il semble le plus friable. Parce que l’on est curieux de voir Mister Lendl à l’œuvre, sortant d’une retraite centrée autour du golf et de ses filles, mettant à nouveau les mains dans le cambouis. Ce prépa­ra­teur de génie, monstre de minutie, d’études et de labeur ; mais aussi monstre mental, qui supporta quelque « chicken[s’] » appel­la­tions, mouilla de ses larmes les bâches de Flushing, avant de connaître cette gloire ô combien désirée à la déses­pé­rance le 10 juin 84, sur la terre de Paris – il y a de ces jours, où votre destin vous prend en main ; ce Tchèquasunien , comment se comportera‐t‐il en père, coach et conseiller ? 

« Je ne doute pas qu’Ivan fasse un superbe et vain­queur entraî­neur »

« Il y a cette tendance des grands joueurs qui ont des diffi­cultés à se faire de grands coaches, mais je ne doute pas qu’Ivan fasse un superbe et vain­queur entraî­neur », estime Tony Roche, entraî­neur de Patrick Rafter, Roger Federer ou Lleyton Hewitt. « Avoir autant étudié son sport comme il l’a fait, être un garçon aussi motivé et éclairé, la manière dont il a travaillé sur son jeu en tant que joueur, celle dont il se prépa­rait… Toutes ces connais­sances, toute cette expé­rience vont être mises au service d’Andy, désor­mais. » Ajoutant, par ailleurs : « La capa­cité qu’avait Ivan à se concen­trer sur ce qu’il avait en face de lui pendant des heures et des heures va déteindre sur Andy. Chaque élément de sa carrière était basé sur le travail, le dur travail, et sur la méti­cu­lo­sité dans la prépa­ra­tion et dans l’exécution. Ceux qui connaissent Ivan vous expli­que­ront à quel point il va mettre Andy au travail. Peu de personnes dans notre sport se sont entraî­nées aussi dur qu’il l’a fait durant sa carrière. Ca ne veut pas dire qu’Andy ne travaillait pas avant, de son côté, mais je pense qu’Ivan va l’amener dans une nouvelle dimen­sion. C’est vrai­ment un beau chan­ge­ment pour lui, un chan­ge­ment très spécial. »

Si l’ami Tony dit vrai, Andy Murray pour­rait tirer béné­fice de son nouveau mentor assez rapi­de­ment. Certainement pas à l’Open d’Australie, puisque s’agissant de « travail », il faut être patient. Mais nul doute qu’Ivan Lendl a la capa­cité de faire passer Murray dans l’âge adulte, celui qui pour­rait le sortir de ses ponc­tuelles gami­ne­ries – « Lâche ta Playstation ! » dirait Judy – et quelque auto‐apitoiement. Pour le marke­ting et les sourires à droite, à gauche, on repas­sera – mais on s’en contre­fout, non ? seuls le jeu et la victoire vous portent au panthéon. Leur travail sera‐t‐il tech­nique ? tactique ? physique ? On se dit qu’il faudrait à Andy un esprit offensif, mais, sans aller jusqu’à se travestir, peut‐être apprendra‐t‐il, avant tout, ce que peut être l’engagement maximal, cette « concen­tra­tion » dont parle Tony Roche, qui lui évite­rait sa coupable et régu­lière noncha­lance sur le court ? A gérer la pres­sion d’une finale de Grand Chelem – et qui mieux qu’un garçon d’abord quatre fois trébu­chant sur la dernière marche, avant de la gravir avec le plus grand des succès rien moins qu’à huit reprises ? 

Car l’objectif, il est clair, il est là : qu’Andy Murray remporte enfin un tournoi du Grand Chelem et rompe sa Lendlittude, comme son prédé­ces­seur 18 ans avant lui. D’où notre ques­tion : selon vous, l’Ecossais parviendra‐t‐il à gagner l’ultime honneur de l’un des quatre tour­nois majeurs ?

Le livre « Grand Chelem, mon amour » est dispo­nible. Retrouvez les 40 matches de légendes de la décennie 2001–2011. Un livre de la rédac­tion de GrandChelem/Welovetennis.

A propos de l’auteur

Rémi Cap‐Vert

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.