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Et Berdych a cassé Federer…

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Roger Federer s’in­cline en quarts de finale de l’US Open. Son bour­reau : Tomas Berdych. 7–6(1) 6–4 3–6 6–3. Le Tchèque défiera Andy Murray pour une place en finale.

« C’est une grosse décep­tion. » Pas besoin d’y aller par quatre chemins, de tergi­verser ou cher­cher le bon mot. Roger Federer est déçu. Comme un tout stade, le Arthur Ashe Stadium, qui souhai­tait, aujourd’hui, voir son numéro un l’emporter. Jusqu’à faire preuve d’un esprit limite… Déçu. Car si Roger Federer se présen­tait en favori, certes, mais méfiant, gardant en mémoire chacun de ses quatre échecs face au talen­tueux Berdych, il surfait sur une dyna­mique le pous­sant au plus grand opti­misme. Victoire à Wimbledon, finale aux Jeux Olympiques, victoire à Cininnati, avec cette sacrée bulle infligée à Novak Djokovic. Et place de numéro un mondial recon­quise. Optimisme, permet­tant les espoirs non plus fous, mais ration­nels de le voir à nouveau triom­pher et gravir le sommet de la pomme, ce qu’il n’a plus su faire depuis 2008. Une éternité. 

L’éternité s’est prolongée. Il fallait réso­lu­ment compter avec Tomas Berdych, un garçon pétri d’in­cons­tances, mais dont les fulgu­rances impres­sion­nantes rappellent des Safin ou des Nalbandian dans un style diffé­rent. Et, pied de nez aux lieux communs, c’est par sa régu­la­rité que le septième joueur mondial a pris le dessus sur Roger Federer. 40 fautes directes côté suisse, 21 seule­ment côté tchèque. Avec des aces, 14, et une bonne pres­ta­tion au service, Tomas s’est donné les moyens d’un résultat excep­tionnel. Roger, lui, n’a pas su trouver la clef et faire la diffé­rence avec son coup droit, s’est montré un peu faiblard, quelques fois, sur son enga­ge­ment, un chouïa plus imprécis, ici ou là… La sanc­tion est tombée, face « à un joueur qu’il est toujours dange­reux de laisser mener au score », et le retour de flamme du troi­sième set n’a pas suffi, loin de là.

« Il y a quelque chose dans mon jeu qu’il n’aime pas. Même s’il joue bien, je vais lui poser des problèmes. Il aime dicter le jeu, contrôler les échanges, alors quand on l’en empêche… Je pense que je réussis très bien à le sortir de sa zone de confort », analyse Tomas Berdych. C’est bien ce qu’il nous semble égale­ment. On peut battre un garçon comme Federer une fois sur un malen­tendu. Mais le dominer à cinq reprises dans sa carrière, dont deux fois en quarts de finale d’un Grand Chelem… Il y a plus anodin, non ? 

Mais la vie est ainsi faite pour les membres du top 10 qu’une montagne écartée, c’est une autre à mettre de côté. En demi‐finale, Tomas devra tailler dans le roc Murray, qui a montré, aujourd’hui, quelques fissures d’in­térêt face à Marin Cilic. Un filon à exploiter ? Une veine à creuser ? Au Tchèque d’en­filer sa fron­tale et d’ex­plorer tout ça. Mais, pour ce faire, il faudra se remettre des émotions du jour. L’or, le cher­cheur ne le trou­vera pas avant dimanche prochain. D’ici là…

Federer en pôle

A propos de l’auteur

Rémi Cap‐Vert

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.