
Pour qu’un duel soit palpitant il faut être deux. Ce fut le cas ce dimanche soir sur le central Arthur Ashe où Serena Williams et Victoria Azarenka nous ont offert un spectacle de toute beauté. Au final, c’est l’Américaine qui l’emporte en trois manches (6−2, 2–6, 7–5) alors que son adversaire a servi pour le match. Une fois de plus le mental de Serena a frappé même si Vika a fait preuve d’un courage assez extraordinaire.
« A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire », voila ce que l’on pouvait fredonner après la première manche où Serena avait encore une fois fait parler la poudre. Puissante, conquérante, elle avait étouffé la numéro 1 mondial qui tentait tant bien que mal de trouver son rythme. Mais Vika aime le combat, et son physique, toujours pointu, peut répondre à ce genre d’assauts, surtout en finale d’un tournoi du Grand Chelem.
Donc, au fur et à mesure de cette première manche, elle s’appliqua à résister de mieux en mieux en tentant de faire jouer un coup en plus à son adversaire. Cela allait payer dans la seconde manche où elle montait encore d’un cran défensivement et offensivement, alors que Serena, moins précise, ratait quelques balles faciles. Il n’en fallait pas beaucoup plus pour qu’Azarenka prenne les commandes et remporte la deuxième manche (6−2).
Mieux, elle breakait à l’entrée de l’ultime manche en faisant preuve d’autorité sur quelques montées plutôt audacieuses. Mais plutôt qu’enfoncer le clou comme à 3 à 2 sur sa remise en jeu, elle laissait Serena revenir dans sa roue (3−3). Enfin c’est ce que l’on pouvait croire. Revenue à l’énergie, Serena marquait un peu le pas, et surtout, concédait son jeu de service blanc. Elle passait alors à deux doigts de la défaite à 3–5 30A.
Mais encore une fois, la fille aux 14 titres du Grand Chelem ne lâchait rien, et mettait une énorme pression sur les épaules de la Biélorusse. Et ce que l’on pouvait craindre pour le clan de Sam Sumyk arriva. Servant pour le match, Vika flanchait une fois (5−5), puis une deuxième à 5–6, alors même qu’elle obtenait des balles pour avoir le privilège de jouer un tie‐break. En face Serena n’en demandait pas plus et ne se faisait pas prier pour plier la rencontre sur sa première balle de match.
La cadette de la famille Williams présente donc un palmarès fort de 15 titres du Grand Chelem. A trente ans, elle réalise l’une des plus belles saisons de sa carrière. Vika, elle, a confirmé que l’on pouvait faire vasciller ce « monstre » de puissance, mais qu’il restait encore quelques petits détails à régler pour achever la « bête ».
Publié le lundi 10 septembre 2012 à 00:46


