AccueilUS OpenDjokovic : "Chapeau bas monsieur Nadal !"

Djokovic : « Chapeau bas monsieur Nadal ! »

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Novak Djokovic est revenu en confé­rence de presse sur sa deuxième défaite en finale de l’US Open, cette fois aux dépens de Rafael Nadal. Il déclare avoir tout donné et être confiant pour les mois à venir, non sans rendre à Nadal l’hom­mage qu’il mérite.

Novak, après votre victoire sur Roger, beau­coup se deman­daient si vous et Rafa pour­riez un jour le surpasser comme meilleur joueur de tous les temps. Est‐ce ce genre d’ad­ver­saire que vous avez rencontré ce soir ?
NOVAK DJOKOVIC : Clairement. Il a déjà les capa­cités de devenir le meilleur dans l’his­toire. Il n’a jamais aussi bien joué sur dur, avec un service qui a consi­dé­ra­ble­ment progressé. Il a la vitesse, la préci­sion, et est incroyable en fond de court, c’est un joueur très complet. Pour le battre ce soir, je devais être au temps. J’ai très bien joué la majo­rité de la rencontre, mais à certains moments, surtout dans le troi­sième et le quatrième, ma concen­tra­tion est un peu retombée et du coup mon niveau de jeu s’en est ressenti ainsi que la qualité de mes jeux de service. Il ne m’a ensuite laissé aucune chance de revenir. A 5–4 dans le troi­sième, je suis à 15–30, mais il sort trois services incroyable, ça a été l’un des points clés du match.

Vous avez vécu un match très dur physi­que­ment et émotion­nel­le­ment contre Roger. Vous avez béné­ficié du report pour pluie, mais on peut quand même dire que vous avez livré une perfor­mance coura­geuse ce soir en surmon­tant l’écueil de la fatigue.
NOVAK DJOKOVIC : Sur un plan physique, j’étais bien, je courais sur toutes les balles avec pas mal de succès. Mais comme vous avez pu le voir, on a disputé quatre sets en presque quatre heures, et contre Rafa, tu dois être prêt à donner le meilleur et t’at­tendre à de longs échanges, comme ça a été le cas ce soir. J’étais conscient de ça et prêt à relever le défi, je ne pense pas pouvoir brandir l’ex­cuse de la fatigue, mais peut‐être qu’é­mo­tion­nel­le­ment j’étais vidé après la demie, ce qui n’empêche pas que j’avais bien récu­péré en deux jours, j’étais motivé pour gagner, c’est juste un de ces matches où on tombe sur plus fort que soi, tout ce qui reste à faire c’est le féli­citer et lui dire « Tu es le meilleur ». Dans l’en­semble, je n’ai pas fait un mauvais match, mais aux moments clé, il a juste trop bien joué.

Avez‐vous déjà perdu en jouant aussi bien ?

NOVAK DJOKOVIC : Pour être honnête, c’est dur à dire, ça m’est déjà arrivé. J’ai aussi gagné pas mal de matches en étant très mauvais, j’au­rais pu perdre d’en­trée ici même contre Troicki, qui m’a pris deux sets et a presque réussi le double break dans le quatrième. Après, tout s’est bien goupillé, je suis arrivé en finale en prati­quant un excellent tennis. Un bon jeu, de bonnes sensa­tions, mais Rafa était juste trop fort.

Après avoir battu Roger, en confé­rence de presse, il a dit que sa défaite lui faisait mal mais pas autant qu’une défaite en finale, où échouer est le pire qui puisse arriver. Partagez‐vous ce sentiment ?

NOVAK DJOKOVIC : C’est sûr, la décep­tion dans ces moments est un senti­ment inévi­table, mais je ne vais pas pleurer ou me plaindre, c’est comme ça. La défaite fait mal, je voulais ce trophée, mais je sais que j’ai donné mon maximum pour y arriver. Mais demain au réveil je serai un autre homme. A moi de conti­nuer à travailler dur pour saisir la prochaine occasion.

Vous avez dit en décla­ra­tion d’après‐match que vous vous battez en partie pour remer­cier vos fans de leur soutien. Pensez‐vous être l’un des joueurs les mieux soutenus ?

NOVAK DJOKOVIC : C’est sûr et ça s’est encore vérifié ce soir, ils étaient géniaux, c’est un plaisir de disputer un match devant des gens si enthou­siastes envers le tennis et ses cham­pions. Nous avons tous deux reçu un soutien énorme, c’est néces­saire dans des évène­ments de cette impor­tance. Dans les moments compli­qués où tu as un double break de retard, tu sens que le match t’échappe, mais tu conti­nues à essayer, à te battre. Je n’ai pas eu de chance, mais je remercie les fans de m’avoir poussé jusqu’au bout.

Merci pour tout ce que vous nous avez donné ces deux semaines. Vous avez vécu l’ex­pé­rience rare d’en­chaîner des matches contre Rafa et Roger. Pouvez‐vous prendre un moment et comparer leurs jeux, qui selon vous est le meilleur en ce moment ? On sait que Nadal a de meilleurs résul­tats cette année, mais qu’en dites‐vous ?
NOVAK DJOKOVIC : Ecoutez, c’est diffi­cile de juger qui est meilleur sur un tournoi, et il y a cinq, six ans diffé­rence entre eux en termes d’âge, Federer est là depuis plus long­temps, avec plus de succès pour l’ins­tant, plus de titres. Forcément il aura marqué l’his­toire de ce sport et reste l’un des meilleurs joueurs actuels. D’un autre côté, Nadal prouve chaque jour un peu plus qu’il prend le même chemin, c’est un peu frus­trant d’ailleurs ! Il est le meilleur à chaque match où je le joue ! Il est si fort menta­le­ment, si dévoué envers ce sport. Il peut tout faire, car il a tout ce qu’il faut, et il peut devenir le meilleur, je pense, il lui reste du temps s’il tient bon physi­que­ment les cinq, six années à venir, je ne sais pas jusqu’à quand il tiendra. Maintenant, son jeu s’adapte à toutes les surfaces, il a complété son Grand Chelem. Il a prouvé au monde qu’il est le meilleur en ce moment, aucun doute là‐dessus.

Quand avez‐vous vu Rafa pour la première fois ?
NOVAK DJOKOVIC : Wow, je ne me rappelle pas. Pour être honnête, je ne l’ai jamais affronté en juniors, donc sur le circuit ATP, je pense, il n’avait que 15 ans pour son premier tournoi et était déjà très fort pour son âge.

Êtes‐vous admi­ratif des réglages qu’il a opéré dans son jeu pour en arriver là où il est aujourd’hui ?
NOVAK DJOKOVIC : Ce qui me sidère, c’est sa capa­cité à main­tenir sa moti­va­tion intacte pour progresser à chaque tournoi, à chaque match, peu importe qui se trouve de l’autre côté du filet. Chapeau bas monsieur Nadal, pour ce que vous faites sur et en dehors des courts, vous êtes un grand cham­pion, une grande personne, un modèle pour tous les sportifs.

Pensez‐vous vous être réin­venté au fil de ce tournoi ?
NOVAK DJOKOVIC : J’ai joué mon meilleur tennis de l’année sans doute, j’étais bon à Wimbledon, et depuis lors, je ne fais que me sentir mieux sur le court, je prends confiance, je retrouve mon agres­si­vité, et du coup la confiance qui m’ai­dera je l’es­père à me main­tenir au top, c’est un jeu que j’ai toujours eu en moi et qui a natu­rel­le­ment repris le dessus. C’est un bon signe, je vais conti­nuer à travailler et espère être toujours aussi bon.