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Djokovic n’est pas amer

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Tenant du titre, Novak Djokovic s’est incliné en finale de l’US Open. Son bour­reau du jour, Andy Murray, remporte pour sa part son premier Grand Chelem. En confé­rence de presse, Nole livre ses impres­sions sur son match, Andy et le Big Four.

« Chaque défaite est forcé­ment mauvaise ». Novak Djokovic n’y est pas allé par quatre chemins pour expli­quer son senti­ment après sa finale perdue face à Andy Murray. Le Serbe n’a pas su défendre son titre. Ou plutôt il n’a pas pu, comme il le déve­loppe. « Quand je refais le match dans ma tête je sais que j’ai tout donné. J’ai vrai­ment, vrai­ment essayé de me battre, de me frayer un chemin. J’avais un grand adver­saire aujourd’hui”. Un grand adver­saire et aussi des condi­tions compli­quées, qui n’ont pas faci­lité le travail des deux joueurs. Mais à regarder leurs demi‐finales dans des condi­tions simi­laires, il n’est pas surpre­nant que Andy Murray se soit montré le plus apte à dompter le vent. « Oui les condi­tions ont demandé beau­coup de varia­tions, de rythme. Nous avons tous deux utilisé les slices avec effi­ca­cité. C’était compliqué de prédire où va tomber la balle parce que le vent souf­flait très fort dans toutes les parties du court. C’était très compliqué à jouer ».

Des condi­tions diffi­ciles et beau­coup de fautes directes. D’un côté comme de l’autre. Ce qui a fait la diffé­rence ? Le service de Murray d’une part, et aussi sa défense impec­cable. Mais le Djoker n’a pas voulu s’attarder sur ce match, sur cette défaite. Certes il s’agit d’une finale de Grand Chelem perdue. La deuxième cette année après Roland Garros. Mais le natif de Belgrade a mûri. Ce n’est donc pas éton­nant de le voir mettre en avant le vain­queur du jour. « Comme je l’ai dit, c’est agréable, c’est sûr. Il ne fait aucun doute qu’il mérite de gagner le Grand Chelem. Je veux dire, en jouant de manière aussi systé­ma­tique, à force de bien gagner contre les meilleurs joueurs sur de nombreuses surfaces. Il a prouvé aujourd’hui qu’il est un cham­pion et il mérite d’être là où il est, sans aucun doute à ce sujet ». Grand seigneur Nole !

Lui qui l’a déjà affronté et vaincu en finale à Melbourne cette année. Déjà sur dur donc. Mais depuis, une donnée essen­tielle est peut être venue inverser les rapports de force. Une donnée qui se nomme Ivan Lendl. Novak s’est par ailleurs exprimé sur l’effet béné­fique du triple vain­queur de Roland Garros. « Je pense la diffé­rence avec l’Australie, c’est le mental. Il a peut‐être fait quelques ajus­te­ments dans son jeu. Mais il a toujours été l’un des meilleurs joueurs du circuit ces dernières années. Le battre reste un défi. Oui je pense que c’était mental pour lui sur la fin du match, vrai­ment. Il a percé ». Novak préfère voir le verre à moitié plein. Cette nouvelle possible riva­lité, la montée en puis­sance du Britannique, tout ça trans­cende Djoko. « Nous (le top 4) sommes en train d’élever ce jeu à un autre niveau. C’est génial de faire partir de cette incroyable ère, avec des joueurs aussi forts… Nous sommes tous allés jusqu’aux étapes ultimes de chaque tournoi du Grand Chelem (ndlr ; Murray n’est pas allé en finale de Roland Garros). La victoire d’Andy ce soir rend ces confron­ta­tions encore plus compé­ti­tives et inté­res­santes pour les gens qui nous regardent. »

Oh oui Novak. On va regarder ça de très, très près.

A propos de l’auteur

Simon Alves

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.