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Epatant Gasquet !

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Victorieux 6–3 6–4 6–2 face à Nikolay Davydenko, Richard Gasquet ne s’est pas laissé rattraper par ses vieux démons en Grand Chelem, où il avait par trois fois quitté le court la tête basse après avoir mené deux sets à rien. Gasquet, face à un Russe timoré et à court de solu­tions, a livré une pres­ta­tion solide, intel­li­gente et pleine de déter­mi­na­tion. Le Français, s’il main­tient sa bonne dyna­mique, a toutes ses chances de rallier les huitièmes puis­qu’il rencon­trera Kevin Anderson ou Thomaz Bellucci, norma­le­ment à sa portée. Retour sur sa pres­ta­tion sans failles sur le Grandstand.

Le match commence sur des bases très équi­li­brées, avec Davydenko qui joue en cadence en fond de court et Gasquet qui monte sur la moindre balle courte et breake à 3–2, profi­tant des diffi­cultés de son adver­saire sur sa mise en jeu. Le Russe manque de recoller dans la foulée, mais Gasquet varie bien gros services au centre et slice pour gêner Davydenko en retour. Tout au long de ce set, Gasquet impres­sionne par sa capa­cité à déco­cher des revers avec une prise de balle très rapide, qu’il distribue dans tous les coins du court.

Davydenko semble perdu, et ses tracas ne vont faire que se confirmer. Le numéro six mondial semble gêné quant à la stra­tégie à adopter et on le voit souvent hésiter à aller au filet pour bien souvent se raviser. Comme dans le premier set, Davydenko se fait breaker dans un jeu où il dispo­sait d’une avance confor­table avant de se relâ­cher et de craquer. Conscient du manque de sécu­rité dans le jeu du Russe, Gasquet fait parler la grande variété de son jeu, sort des balles bombées qui poussent Davydenko à accé­lérer la balle et à bien souvent commettre la faute. Contrairement au russe qui semble parfois tenter de gérer le match en mathé­ma­ti­cien, Gasquet ne lâche aucun point gratuit et fait preuve d’une abné­ga­tion qui lui avait parfois fait défaut, et prend un avan­tage de deux sets avec une grande luci­dité et beau­coup de calme.

C’est alors qu’on se met à prier en son for inté­rieur : « Pitié, Richie, ne craques pas comme contre Murray à Roland‐Garros et Wimbledon, ne nous refais pas le même coup que contre Gonzalez en Australie ! ». On se met à imaginer les schémas mentaux les plus impro­bables dans l’es­prit du Français : et si Gasquet avait comme inten­tion secrète de réussir le Grand Chelem de matches perdus sur des remon­tadas incroyables ?

Fort heureu­se­ment, il n’en sera rien. Plutôt que d’en­cou­rager Davydenko à monter au filet, Gasquet brouille les cartes : sa propen­sion à rester loin en fond de court perturbe Davydenko qui se borne à rester en fond de court ou rate ses volées, permet­tant au Français de prendre une nouvelle fois l’avan­tage. Gasquet, nulle­ment décon­te­nancé par la balle de débreak de Davydenko, confirme son avan­tage par un double break. Le Russe semble défi­ni­ti­ve­ment écœuré. Le Français connait une nouvelle mise en jeu compli­quée à 4–1, mais rien n’y fait. Davydenko est même tout près de préci­piter sa défaite en encais­sant d’abord un chip and charge maîtrisé du Français, puis en offrant deux balles de match à Gasquet sur une volée de coup droit à mi‐hauteur assez prenable qu’il envoie pour­tant dans le couloir, mais le Russe se reprend et force Gasquet à servir pour le match. Le Biterrois se procure aisé­ment trois balles de match, commet d’abord deux doubles avant de réussir un ace pour conclure cette pres­ta­tion irréprochable.

On se prend à sérieu­se­ment rêver d’un huitièmes, voire même d’un quarts, pour Richard Gasquet. Pourquoi diable le Français, qui a surpassé un top 10 dans tous les domaines du jeu, irait se briser sur le roc Kevin Anderson, gros serveur mais un peu inex­pé­ri­menté, ou se heurter au cogneur de fond de court Thomaz Bellucci, qui arrive sans confiance à New York ? Les rêves les plus fous sont permis pour Gasquet.

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