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Fabrice Santoro, nécrologie heureuse

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Battu 6–4, 6–3, 6–3 par Juan Carlos Ferrero au premier tour de l’US Open, Fabrice Santoro n’est plus en Grand Chelem. Nécrologie oblige pour le monde du tennis, mais joie pour les pigeons. Il n’y aura plus de joueur assez fou et assez précis pour les dégommer sur le toit du Center Court de Wimbledon. Une part de bonheur s’en va, de plaisir donné et partagé. La folie tech­nique de Fabrice, entre le jeu en dévia­tion de John McEnroe et les inspi­ra­tions de Federer, à la sauce Santoro, c’était unique. Le Suisse restera le seul avec la fibre de folie contrôlée, à la raquette débridée qui rend fou. Mais reve­nons à notre plus beau spécimen national, qui s’est trompé d’époque. Cela dit, il nous aura régalé à travers trois décen­nies. La photo n’est pas anodine, elle est prise lors du match de malade mental disputé entre Santoro et Federer à l’US Open, « ma plus belle défaite » dira même le Français, 7–5, 7–5, 7–6(2). Et pour le plaisir, on vous sert les high­lights, avec les commen­taires de John McEnroe. En un mot, MERCI!!!

Ce dernier match en Grand Chelem ?
C’est fait, c’est fini. C’est une page qui se tourne. J’aurais aimé qu’elle se tourne un peu plus tard dans la semaine, mais Ferrero en a voulu autre­ment. Il a bien joué, il a été solide comme c’est le cas depuis quelques mois maintenant.

Les senti­ments ?

Un peu de nostalgie et de tris­tesse de se dire que c’était le dernier match en cinq sets de ma carrière. Toutes les douleurs que j’ai pu ressentir lors de ces vingt années durant ces matchs en cinq manches où j’ai joué des quan­tités de combats entre 4h et 6h30 où j’ai dû aller au bout de moi‐même, je sais que ces matchs sont derrière moi. Avant le match ça allait, sur le court aussi. Et puis, dans les dernières minutes, je me suis senti un peu triste sur le terrain. Mais ça ira mieux demain.

Une vie normale ?

Vous allez m’expliquer ce qu’est une vie normale, je ne sais pas (sourires). J’ai toujours vécu dans les valises, dans les hôtels, les aéro­ports. J’attends avec impa­tience de décou­vrir une vie normale, où l’on dort dans son lit, et pas dans celui des autres, où l’on ne prépare ses valises tous les deux jours. Je vais pouvoir aller à des concerts, plani­fier des choses, voir ses amis, passer plus de temps à la maison. Et ma fille me manque beau­coup. Je la verrai plus.

Des inquié­tudes pour la suite ?

Je n’ai aucune appré­hen­sion. Lorsqu’on commence le métier, on sait très bien que ce n’est pas le métier de toute une vie, pas le sport de toute une vie, mais on n’est pas acteur ou chan­teur. On peut retarder l’échéance comme je l’ai fait, car arrêter à 37 ans (!!!) ce n’était pas dans mes plans au départ. 

Tennis plus tard ?

Je ne sais pas. Je n’ai pas encore les réponses. J’ai envie d’évoluer un peu dans le tennis, en dehors aussi. J’ai envie de décou­vrir d’autres univers. Mon rôle de consul­tant sur Europe1 me plaît beau­coup. L’écriture d’un livre m’a vrai­ment apporté beau­coup de plaisir depuis main­te­nant neuf mois et j’ai hâte qu’il sorte. J’ai quelques projets à droite à gauche, comme reprendre un tournoi, ce qui est actuel­le­ment en train de se faire avec l’Open de Moselle. J’ouvre grand mes oreilles, j’écoute les propo­si­tions à droite et à gauche, et à un moment il va falloir prendre une décision.

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