Roger Federer a sorti le grand jeu pour rejoindre Juan Martin Del Potro en finale de l’US Open. Le Suisse s’est débarrassé sans trembler de la tête de série numéro 4 du tournoi, le Serbe Novak Djokovic, en trois sets (7÷6 7⁄5 7⁄5) et 2h17 de jeu.
Et revoilà Roger Federer en finale à Flushing Meadows. Pour la sixième année consécutive, le Suisse disputera le dernier match du tournoi simple messieurs. Et il pourrait bien, pour la sixième année consécutive également, décrocher le titre à New York City. Mais pour cela, il fallait déjà écarter le redoutable Novak Djokovic, adversaire du jour du Suisse pour un remake de l’affiche des demi‐finales de l’an passé. Le Djoker, difficile vainqueur de Verdasco en quarts, était pourtant entré sur le court avec une détermination à toute épreuve. Il n’a toutefois jamais réussi à brouiller les cartes, se frottant à un numéro 1 mondial transpirant la confiance et les certitudes. Le Federer d’aujourd’hui n’avait pas franchement envie de rire. Le Federer d’aujourd’hui était bien en configuration demi‐finale de Grand Chelem. Et Novak Djokovic l’aura amèrement constaté, vaincu une nouvelle fois par le Suisse dans un tournoi majeur.
Et pourtant, c’est bien Djokovic qui prit le premier l’avantage dans ce match. Nous sommes au milieu de la première manche, Federer sert pour égaliser à trois jeux partout. C’est le moment que choisit le Djoker pour jeter toutes ses forces dans la bataille et ainsi ravir l’engagement du numéro 1 mondial. Le Serbe pouvait profiter, il ne connaîtrait plus jamais de telle situation. C’était bien la première et la dernière fois que Federer cédait son engagement dans cette demi‐finale. Djokovic ne put d’ailleurs pavaner bien longtemps. Se faisant immédiatement reprendre, il vit le Suisse revenir à quatre partout puis tracer sa route jusqu’au tie‐break. Un jeu décisif bien mieux négocié par Federer qui profita d’une erreur impardonnable du Serbe en revers à 2 points partout pour prendre l’avantage et ne plus jamais laisser revenir son adversaire(tie-break conclu 7⁄2).
La bataille faisait déjà rage depuis 55 minutes lorsque les deux joueurs attaquèrent la seconde manche. Tous deux très solides sur leur engagement (61% de premières pour Federer et 78% de réussite derrière, 86% de premières pour Djokovic et 67% de réussite derrière), se rendant coup pour coup pendant toute la durée de la manche, les deux hommes n’eurent pas à sauver la moindre balle de break jusqu’au douzième jeu. Et c’est Djokovic, alors mené 6–5 qui dut s’y coller. Évidemment pourrait‐on presque dire. Les deux premières furent sauvées par le Serbe qui profita d’un brin de fébrilité dans le bras de Suisse. Mais le coup droit décroisé décoché par Federer sur la troisième balle de break lui fut fatal. La situation devenait alors plus que critique pour le numéro 4 mondial, qui, malgré un excellent set et un niveau de jeu tout à fait satisfaisant, voyait Federer se détacher dangereusement. On comprenait aisément le regard incrédule du Serbe à son clan à cet instant là de la partie. Car revenir dans un match et espérer le gagner lorsque l’on est mené deux sets zéro par l’homme aux 15 titres du Grand Chelem est une mission bien délicate. Quasi impossible même.
Mais là où beaucoup auraient lâché dès les premiers échanges du troisième set, Djokovic tint bon. Et encore une fois, après avoir disputé un très bon set (12 coups gagnants, 2 aces, 71% de points gagnés derrière la première), le Serbe céda dans le money time. C’était pourtant bien lui qui avait eu 2 balles de break à disputer à quatre jeux partout alors que Federer était au service. Mais de nouveau, Roger avait sortit l’artillerie lourde au service et en coup droit pour remporter ces deux points cruciaux. L’artillerie lourde spéciale points hyper importants. De nouveau, Roger avait pris l’avantage. De nouveau Roger s’était mis dans une situation plus qu’intéressante. Et à 7⁄6 7⁄5 5⁄4, 0–30 service Djokovic, le numéro 1 mondial sortit un point dont il a le secret. Un point magnifique qui mystifia littéralement son adversaire, lui qui allait devoir faire face à 3 balles de match. Ce tour de magie réalisé par Federer vaut vraiment la peine d’être vu. Tentative d’explication. Alors que le Suisse fonce vers le filet pour récupérer une balle courte de son adversaire, lui même monté à la volée, il doit faire face à un lob pourtant parfaitement exécuté par le Serbe. Roger sprinte, dos au filet, ne se retourne pas, arme et dégaine entre les jambes. La balle fuse, croisée, et Djoko est planté. Le numéro 1 mondial, pas peu fier de son insolente réussite, lève les bras au ciel et savoure l’instant, tout sourire. Le point suivant, suite à un missile le long de la ligne en retour de coup droit, le Suisse pouvait une nouvelle fois lever les bras au ciel. Cette fois, ce n’était pas pour célébrer un « simple » coup, mais bien pour savourer sa sixième qualification d’affilée en finale à Flushing Meadows.
Le dernier obstacle de Federer pour remporter son 16ème titre du Grand Chelem, le 3ème cette saison, est de taille. Du haut de ses 1m98, Juan Martin Del Potro tentera d’empêcher le numéro 1 mondial de conquérir une sixième couronne sur le ciment new yorkais. Autant dire que pour une première finale en Grand Chelem, le numéro 6 mondial n’aura pas la tâche facile. Djokovic il y a deux ans et Murray l’an dernier, en tant que novices en termes de finales en tournoi majeur, s’y étaient cassé les dents. Mais Del Potro sort d’une saison, d’un tournoi, qui l’ont vu monter en puissance. Sa dernière victime n’est autre que Rafael Nadal à qui il s’est permis d’infliger une véritable correction (6÷2 6⁄2 6⁄2). Une chose est sûre, demain à partir de 16 heures à New York City, le ciment du Stadium Arthur Ashe tremblera. Il pourrait voir le Suisse poursuivre la construction de sa légende ou bien la vrai acte de naissance d’un champion argentin.
Voici le fameux passing « between the legs » designed by Roger Federer.
Publié le lundi 14 septembre 2009 à 02:24



