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IMMORTEL !

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Rafael Nadal remporte son 13ème titre du Grand Chelem. A l’US Open, le Majorquin domine Novak Djokovic en finale, 6–2 3–6 6–4 6–1. L’Espagnol est au firmament.

De la folie douce ! De la folie douce ! Qui pouvait l’ima­giner ? Qui ? Il y a un an, Rafael Nadal était au fond du trou. Meurtri, battu, blessé… Incapable de fouler un court. Douze mois plus tard, le mutant s’est régé­néré. Et, avec la récu­pé­ra­tion de son physique hors‐norme, il est revenu… AFFAME ! Affamé et à son tout meilleur niveau. Un niveau peut‐être supé­rieur aux sphères hallu­ci­nantes déjà atteintes par le passé, aidé d’un calme et d’une matu­rité sans pareils. Ce soir, dans la nuit new yorkaise, il peut lever les yeux et s’abreuver d’étoiles : il tient l’US Open. Et un exploit inéga­lable : revenir de l’enfer et s’im­poser sur la surface qui torture son corps et ses genoux. Géant.

Comme son début de match. Rafael Nadal est ultra‐concentré. Entreprenant, il dézingue la défense de Djokovic par des coups d’une violence éton­nante. Sa longueur gêne le numéro un mondial, qui n’a ni le temps de se préparer, ni celui de rentrer dans son match. Les points sont pour le numéro deux, les fautes pour le numéro un et Rafa empoche cette ouver­ture 6–2. Sous les yeux de Rod Laver, il semble bien parti pour brûler cette finale et son suspens, doucher les ambi­tions adverses, taper du poing sur la table. 

Mais n’est pas le patron du tennis mondial qui veut. Tandis que Nadal garde son inten­sité, Nole, lui, trouve enfin son rythme. Et décide de se battre jusqu’au dernier rebond… S’engage alors un bras de fer mons­trueux entre un Majorquin qui, peu à peu, recule et un Serbe qui, lui, garde les deux pieds scot­chés sur sa ligne de fond de court et pratique le tennis d’un funam­bule en apnée au fond de la fosse des Mariannes. Sur une balle de break, Djokovic remporte un point tita­nesque de 54 coups, le plus long du match, le plus long du tournoi… Les bras levés, les yeux fermés, il vient de prendre l’avan­tage… Même si, dans la foulée, vidé, il laisse son adver­saire revenir, dans la tête, il fait la diffé­rence. La diffé­rence grâce à un gros, à un très gros coup droit. un coup droit qui enfonce les lignes de Nadal, poussé au slice défensif, surtout inof­fensif… 6–3 Djokovic.

La partie semble avoir basculé. Et Novak breake d’en­trée de troi­sième set. Pourtant, pour­tant… Les qualités défen­sives de Rafael Nadal font peu à peu la diffé­rence. Une rencontre est faite de temps forts et de temps faibles. Dans ces derniers, les faibles, c’est la capa­cité à garder la balle dans le court, à ne pas pani­quer, à patienter et cher­cher l’ou­ver­ture, la bonne, qui fait la diffé­rence. En somme, une affaire de préci­sion. Un faux rythme s’ins­talle alors, Djokovic rate quelques coups faciles, sort de sa bulle. Voilà Rafa qui revient tran­quille­ment. Et qui porte l’es­to­cade finale : il sauve trois balles de break à 4–4 et prend le service adverse dans la foulée, concluant sur sa première balle de set, 6–4.

La suite ? C’est terminé, vous pouvez vous coucher. Breaks, passings de coup droit phéno­mé­naux, balayages des lignes et services impec­cables : l’Espagnol s’en­vole. Son adver­saire est cramé physi­que­ment et, malgré un courage d’ex­cep­tion, finit par baisser pavillon. Sur une dernière faute de son cadet, Rafa s’écroule, ivre de bonheur : il vient de remporter l’US Open, 6–2 3–6 6–4 6–1, en 3h20. Son 13ème titre du Grand Chelem, qui le place juste derrière Pete Sampras, 14, et Roger Federer, 17, dans la glorieuse histoire de la petite balle jaune. Et, mieux encore, son premier trophée majeur en‐dehors du stade Roland Garros depuis… l’US Open 2010. Il aura fallu trois ans et une absence de sept mois pour le voir de nouveau s’ex­porter en‐dehors, au‐delà de la terre.

Immortel, ce Nadal l’est. On le pensait fichu dans le troi­sième set, il a montré toute l’étendue de son abné­ga­tion. On le pensait fichu pour les surfaces rapides, il vient d’y enchaîner quatre titres, dont un Grand Chelem, et 23 victoires consé­cu­tives. On le pensait fichu pour la première place mondiale, il revient à tout juste 120 points de Novak Djokovic et s’en­vole à la Race, avec 3000 d’avance, s’as­su­rant quasi­ment de terminer l’année au sommet de la hiérar­chie mondiale. Un retour mérité. Un retour toni­truant. Celui d’un cham­pion. Celui d’une légende. 

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