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Kim Clijsters : « Je n’arrive pas à y croire ! »

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Kim Clijsters est revenue sur son incroyable victoire en finale de l’US Open face à Caroline Wozniacki (7/5 63). Elle s’est égale­ment exprimée quant à ses émotions, son retour, sa nouvelle vie… Extraits.

C’est incroyable ce que vous avez réalisé, d’abord en tant qu’ath­lète, mais égale­ment en tant que maman. Pourriez‐vous décrire ce que vous avez ressenti ?
KIM CLIJSTERS : Je suis encore sous le choc. A chaque fois que j’en discute avec mon équipe, je me rends compte que je n’ai toujours pas réalisé. Je ne peux pas croire que ce soit arrivé. C’est complè­te­ment surréa­liste de gagner mon second Grand Chelem pour le troi­sième tournoi que je dispute depuis mon retour. Parce que cela ne faisait pas vrai­ment partie du projet. Je voulais juste venir ici, ressentir à nouveau ces sensa­tions, rejouer un Grand Chelem pour ne pas avoir à redé­cou­vrir toutes ces sensa­tions en débu­tant la nouvelle saison. Donc oui, c’est vrai­ment génial. C’est un super senti­ment mais en même temps c’est assez trou­blant. C’est arrivé si vite, tout est arrivé si vite, j’ai encore du mal à réaliser. En plus avec les retards dus à la pluie, on a eu l’im­pres­sion que les choses s’étaient dérou­lées à une vitesse incroyable ces derniers jours. Je suis juste ravie de pouvoir partager cela avec mon mari qui aujourd’hui m’ac­com­pagne et qui n’était pas là il y a quelques années. Avec mon équipe, et ma fille aussi, bien sûr. 

Si 18 mois aupa­ra­vant on vous avait appelée à la mater­nité pour vous demander ce que vous envi­sa­giez de faire deux ans plus tard, vous auriez répondu quoi ?
Il y a 18 mois, le tennis ne faisait pas du tout partie de ma vie. J’étais juste une nouvelle maman. En fait j’ai de nouveau eu envie de taper la balle au début de l’année. Mais défi­ni­ti­ve­ment, si vous m’aviez appelée il y a un an et demi pour me parler de tennis, je vous aurais raccroché au nez. Désolée !

Y a‑t‐il eu un moment dans cette finale, ou peut‐être un peu plus tôt dans le tournoi, où vous vous êtes dit “Je vais gagner cet US Open” ? Parlez nous de ce match.

Je pense que contre Venus, j’ai eu de supers bonnes sensa­tions et c’est peut‐être là que je me suis dit que j’étais capable de faire face à des filles comme les soeurs Williams, ou les meilleures joueuses mondiales en général. Mais après, quand vous jouez quel­qu’un comme Wozniacki aujourd’hui, c’est une joueuse complè­te­ment diffé­rente. Elle met beau­coup de poids dans sa balle et en même temps elle ne rate pas. Contre les soeurs Williams, vous avez le senti­ment que si vous êtes capable de tenir le rythme, elles vous donne­ront plus de points gratuits. Caroline ne m’a rien donné aujourd’hui. Je devais être très patiente mais égale­ment essayer de ne pas rentrer dans son jeu. Donc je n’ai pas pensé à la victoire avant la balle de match. Je me disais juste : “Okay, je peux le faire”.

Vous savez, après avoir battu Serena, j’avais l’im­pres­sion que tout allait bien. Je sentais très bien la balle et je jouais du bon tennis. Aujourd’hui j’étais un peu nerveuse, et je n’ai proba­ble­ment pas aussi bien joué que ce que j’avais fait contre Serena, mais j’ai quand même gagné. C’est tout ce qui compte pour moi maintenant.

Peut‐être que vous allez inspirer les mamans maintenant !

Si je les inspire c’est sûr que c’est sympa. Mais vous savez, gagner ce tournoi aujourd’hui, c’est quelque chose que je n’au­rais jamais pu imaginer, même dans mes rêves les plus fous. 

Et puis il y a d’autres athlètes dans ma situa­tion. En tennis, nous avons Sybille Bammer qui est aussi maman et elle se débrouille très bien. Mais gagner un Grand Chelem main­te­nant, je crois que c’est assez énorme, et ça rentre peut‐être même dans l’his­toire du tennis féminin. Donc je suis ravie de faire partie de l’his­toire de ce sport !

Pouvez‐vous comparer votre état d’es­prit du moment, en tant que joueuse pro, et celui qui était le vôtre lorsque vous avez décidé de vous retirer du circuit ?

Je n’avais plus la moti­va­tion à ce moment là. J’étais arrivée à un âge où j’en avais vrai­ment marre de toutes ces bles­sures. Je n’étais pas concen­trée à 100% sur mon tennis non plus. En tant que femme, j’étais juste arrivée à un stade de ma vie où je voulais me marier, fonder une famille. Et cette nouvelle vie me conve­nait très bien ! Maintenant je sais que j’ai beau­coup de chance d’être revenue sur le circuit, et d’avoir fait ce choix. Parce que mani­fes­te­ment, c’était la bonne déci­sion ! Mais encore une fois, être une maman reste ma première prio­rité. Je suis juste très chan­ceuse de pouvoir combiner le tennis avec ma vie de famille.

Et puis vous savez la situa­tion avec Serena la nuit dernière. Ce sont des choses qui, quand vous avez 18–19 ans, peuvent avoir un gros impact sur vous. Je pense que main­te­nant, j’ai l’ex­pé­rience pour gérer ce genre de situa­tion. Je crois que la grosse diffé­rence c’est aussi que je me connais vrai­ment mieux qu’il y a quelques années. 

Si la Kim qui a gagné en 2005 ici jouait la Kim d’au­jourd’hui, qui gagne­rait ? D’un point de vue pure­ment tennistique.

Je ne sais pas. On m’a déjà posé cette ques­tion à Cincinnatti, et Toronto. Pour être honnête, je n’ai pas de réponse à vous donner. Aujourd’hui, je gère mieux mes émotions sur le court . Je crois que c’est quelque chose de primor­dial, parti­cu­liè­re­ment dans les gros matches comme aujourd’hui et hier. C’est quelque chose qui vous aide vrai­ment sur les points impor­tants. Mais c’est dur de comparer les deux. 

Roger Federer a déclaré qu’il souhai­tait conti­nuer à jouer jusqu’à ce que ses enfants tapent eux‐mêmes la balle. Et vous, que comptez‐vous faire ?

Je ne sais pas. Je n’y ai jamais vrai­ment pensé. Nous ne sommes pas le genre de parents qui mettront une raquette dans les mains de notre fille en lui disant qu’elle doit jouer au tennis. On souhaite juste qu’elle trouve sa passion, que ce soit en sport, en musique ou quoi que ce soit.

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