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La voie royale pour Nadal ?

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C’est le jour J, le jour de l’ultime rencontre entre Rafael Nadal et Kevin Anderson. Une finale inédite qui vient clôturer un tournoi qui a été partagé entre les absences et les surprises. Présentation de la finale.

Rafael Nadal n’a jamais été aussi proche de retrouver le goût de la victoire sur dur. Un moment qu’il attend depuis Doha en 2014. Depuis ce dernier trophée sur cette surface, l’Espagnol a joué 34 tour­nois pour huit finales sans le moindre titre. Alors face à Kevin Anderson, il entend bien mettre fin au signe indien. Au‐delà des titres et de son incroyable saison 2017 avec un retour à la première place mondiale, la « decima » à Roland Garros et trois finales de Grand Chelem, le Majorquin est enfin libéré de tous ses pépins physiques. Et ça, ça n’a pas de prix. D’ailleurs, il ne cesse de le répéter depuis janvier en affir­mant que le plus impor­tant est d’être heureux et en bonne santé.

Avec cet état d’esprit, Rafa a retrouvé de la confiance et donc son jeu. Car chez lui, tout marche à la confiance. Avec la démons­tra­tion tactique faite face à Juan Martin Del Potro en demi‐finale, le numéro 1 mondial arrive plus que jamais en favori face à Kevin Anderson. Un adver­saire contre qui il n’a jamais perdu au cours de sa carrière (voir ci‐dessous). Mais, le Sud‐Africain a typi­que­ment le jeu que Rafa déteste. D’ailleurs, ses défaites de la saison sont souvent inter­ve­nues face à des grands serveurs comme Gilles Muller à Wimbledon. Et sur cette surface, c’est un réel danger pour lui. 

« Il a le jeu que Rafa déteste, nous a confié Patrick Mouratoglou. Avant, il n’avait pas le mental et je trouve qu’il a fait beau­coup de progrès dans ce domaine. Son atti­tude sur le court a radi­ca­le­ment changé. Il était très intro­verti et désor­mais il est plus extra­verti et démons­tratif. Cela l’aide à soutenir son agres­si­vité et à plus croire en lui. » Comme Sloane Stephens chez les femmes, Kevin Anderson n’a pas été épargné par les bles­sures. Une période de conva­les­cence qui lui a sans doute permis de prendre du recul sur son métier et fina­le­ment de se rendre compte à quel point le circuit pouvait lui manquer. Le joueur de 31 ans est donc revenu avec une nouvelle fraî­cheur mentale. Les résul­tats paient. Alors après la sensa­tion Sloane Stephens, Kevin Anderson peut‐il écrire une des plus grandes surprises de ces dernières années ?

Les chiffres à savoir…

5… Peu importe le vain­queur, il s’agira d’une cinquième victoire de rang pour un tren­te­naire : US Open 2016 (Stan Wawrinka, 31 ans), Open d’Australie 2017 (Roger Federer 35 ans), Roland Garros 2017 (Rafael Nadal, 31 ans) et Wimbledon 2017 (Roger Federer, 35 ans).

15… 15 ans après, il s’agit de la première finale de l’US Open entre deux joueurs tren­te­naires (Rafael Nadal et Kevin Anderson ont tous les deux 31 ans). En 2002, la finale avait opposé Pete Sampras (31 ans) à Andre Agassi (32 ans).

17… Rafael Nadal peut remporter le titre sans avoir joué un seul membre du Top 20. Cela pour­rait être une première depuis 17 ans et Pete Sampras, vain­queur de Wimbledon 2000 sans croiser la route d’un membre du Top 20.

31… A 31 ans, Kevin Anderson est le plus vieux novice en finale d’un Grand Chelem depuis Nikola Pilic (33 ans à Roland Garros 1973).

45… Sur les 50 derniers tour­nois du Grand Chelem, 45 ont été remportés par des membres du Big Four : Roger Federer, Rafael Nadal, Novak Djokovic et Andy Murray. Juan Martin Del Potro, Marin Cilic et Stan Wawrinka (à trois reprises) sont venus briser cette incroyable série. Kevin Anderson sera‐t‐il le quatrième joueur à y parvenir ?

Leur parcours jusqu’en finale…

Rafael Nadal :

T1 : bat Lajovic (7–6(6), 6–2, 6–2)

T2 : bat Daniel (4−6, 6–3, 6–2, 6–2)

T3 : bat Mayer (6–7(3), 6–3, 6–1, 6–4)

18 : bat Dolgopolov (6−2, 6–4, 6–1)

14 : bat Rublev (6−1, 6–2, 6–2)

12 : bat Del Potro (4−6, 6–0, 6–3, 6–2)

Kevin Anderson :

T1 : bat Aragone (6−3, 6–3, 6–1)

T2 : bat Gulbis (6−3, 7–5, 6–4)

T3 : bat Coric (6−4, 6–3, 6–2)

18 : bat Lorenzi (6−4, 6–3, 6–7(4), 6–4

14 : bat Querrey (7–6(5), 6–7(9), 6–3, 7–6(7))

12 : bat Carreno‐Busta (4−6, 7–5, 6–3, 6–4)

Bilan du H2H…

De votre envoyé spécial à New York

A propos de l’auteur

Loïc Revol

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.