L’US Open représente pour l’élite du tennis mondial la dernière occasion de briller, de grappiller quelques places, voire de s’assurer une place pour les masters. Mais c’est aussi l’ultime occasion pour les outsiders de briller devant un public new‐yorkais friand de success stories. Zoom sur cinq joueurs qu’il fera bon ne pas avoir dans sa partie de tableau à Flushing Meadows.
Commençons par le chouchou du public avec Andy Roddick : en l’absence de John Isner et étant donnée l’incapacité de Sam Querrey à confirmer son excellente saison sur le circuit en Grand Chelem, même si un huitièmes à Wimbledon n’est pas rien, Mardy Fish représente avec A‑Rod la plus sérieuse chance d’aller en deuxième semaine côté yankee. Vainqueur sur le gazon de Newport puis sur dur extérieur à Atlanta, Mardy Fish a impressionné à Cincinnati en sortant Murray et Roddick avant de plier avec les honneurs face à Roger Federer. Fish, qui n’a gagné qu’un seul titre hors de ses terres, a d’ailleurs obtenu son meilleur résultat en Grand Chelem à l’US Open en ralliant les quarts de l’édition 2008, non sans avoir tenu la dragée haute à Rafael Nadal. L’Américain n’a aucun coup faible, un excellent service kické et un jeu offensif qui devrait faire bien des victimes à Flushing Meadows, et surtout il n’est plus le joueur dilettante qu’on connaissait : « Je me sens très bien en ce moment, j’ai décidé d’être plus professionnel parce que je voulais retrouver les sommets, donc j’ai perdu du poids, beaucoup travaillé en dehors du circuit et ça paie ». Remonté à la 21ème place mondiale, Fish pourrait faire des dégâts dès le troisième tour.
Un autre joueur fantasque a la cote en ce moment, le mieux classé parmi les outsiders à New York, à savoir Marcos Baghdatis. Après une saison 2009 commencée en dehors du top 100, le Chypriote a petit à petit refait surface dans les hauteurs du classement. Discret sur terre et gazon, Baggy donne sa pleine mesure depuis le début de la tournée américaine sur dur. Finaliste à Washington après avoir notamment dominé Fernando Verdasco, tombeur de Nadal à Cincinnati où il n’a plié que devant Federer, Baghdatis a qui plus est déjà connu les joies d’une finale en Grand Chelem à l’Open d’Australie 2006. Joueur haut en couleurs, le Chypriote a le mental et la détermination adéquates pour renverser des situations compliquées dans les grands évènements, comme il l’avait prouvé en remontant deux sets à Nalbandian à Melbourne. Problème, Baghdatis dispute cette semaine le tournoi de New Haven, et pourrait subir le contrecoup des efforts consentis depuis fin juillet à Flushing Meadows, où il n’a paradoxalement jamais passé plus de deux tours.
Le plus talentueux de ces épouvantails reste sans conteste David Nalbandian, qui tentera au mieux de faire oublier l’absence de son compatriote le tenant du titre Juan Martin Del Potro. Demi‐finaliste dans tous les tournois du Grand Chelem, finaliste à Wimbledon, Nalby est de retour après de nombreux problèmes de santé. Passé en moins d’un mois de la 117ème place au statut de tête de série numéro 32 à New York, l’Argentin a marqué les esprits en survolant l’open de Washington et en dominant coup sur coup Ferrer et Söderling à Toronto avant de craquer logiquement contre Murray. Eliminé tôt par Djokovic à Cincinnati, Nalbandian a ainsi eu le temps de souffler avant l’US Open. Son revers merveilleux, sa qualité phénoménale en retour et la cadence infernale qu’il impose quand il est au top pourraient faire très mal à New York. L’Argentin a battu deux fois Nadal et a une histoire chargée avec Roger Federer (8 victoires pour 10 défaites), nul doute que le tirage au sort ferait un beau cadeau aux amateurs de spectacle en plaçant Nalby sur la route des deux meilleurs joueurs du monde.
Ce n’est pas un pronostic évident, mais cet US Open 2010 pourrait enfin marquer l’éclosion d’un joueur qui s’il le voulait ferait au moins partie du top 20, Ernests Gulbis. Revanchard après avoir loupé Roland‐Garros et Wimbledon, le Letton n’a pas connu de gros succès lors des deux masters sur dur de la tournée américaine, mais il s’est tout de même fait remarquer en tenant la dragée haute à Söderling au Canada et à Murray dans l’Ohio. Gulbis a un service canon, capable de tenir une moyenne supérieure à 200km/h en première sur tout un match, un revers de grande qualité, ainsi qu’un toucher à l’amortie bluffant et un certain grain de folie qui peut clouer sur place ses adversaires … mais aussi couper les ailes du « petit prince », souvent victime de sautes de concentration et de pétages de plomb fatal. Mais attention, quand il veut, il peut !
Pour finir, étant donnée l’inconstance de Gilles Simon et de Richard Gasquet, s’il fallait choisir un Français parmi les outsiders, ce serait sans doute Jérémy Chardy. Après un début de saison catastrophique, le Palois a rallié pour la première fois les quarts d’un masters 1000 à Toronto en dominant deux top 10, Verdasco et Davydenko. Avec son tennis très (parfois trop) agressif, faisant dans la prise de risque sans mesure, une excellente première balle et un coup droit puissant, le Palois, en réussite actuellement, pourrait faire mal dès les premiers matches à New York, étant donné qu’il est au‐delà de la cinquantième place. Chardy, qui rejoue bien, semble plus à même que jamais de retrouver la deuxième semaine d’un Grand Chelem après Roland‐Garros 2008. A condition d’y croire et d’un petit coup de pouce du tirage au sort !
Publié le mardi 24 août 2010 à 16:28



