Adrian Mannarino est passé tout proche d’un authentique exploit contre Andy Murray. Après avoir mené deux manches à rien, Manna a cédé. En conférence de presse, le Frenchie n’a pas caché sa déception.
Adrian, vous êtes passé tout proche de l’exploit…
« Je n’étais pas loin de gagner… Quand on mène deux sets zéro en Grand Chelem, ce n’est jamais fini surtout face à un tel joueur. Je n’ai pas réussi à l’amener vers une fin de set plus tendue. J’ai quand même réussi, et je l’espère, à le faire douter. Je pense qu’à deux sets zéro, il n’était pas si serein que ça. »
Y‑avez vous cru ?
« Bien sûr. Je me suis mis dans la peau de quelqu’un qui voulait gagner un match. À deux sets zéro, on est plutôt bien parti. Après c’est compliqué contre ces joueurs car ils sont tellement forts que l’on ne peut pas se permettre d’avoir un coup de mou ou une petite baisse de concentration. Ils en profitent tout de suite. Au meilleur des cinq sets, c’est encore plus dur de tenir un niveau élevé de concentration. »
Avez‐vous le sentiment que c’est lui qui a fait la différence ou vous qui avez baissé dans les trois derniers sets ?
« Un peu des deux… Malheureusement j’ai commencé à bien me sentir au bout de deux sets. Mes coups partaient mieux. Je lui ai donné un peu trop de rythme et il a bien aimé. Je l’ai mis un peu dedans dans ma manière de jouer. Il se sentait de mieux en mieux. Dans les deux premiers sets, je gardais une qualité de balle qui n’était pas très bonne, mais c’était voulu. J’arrivais à l’embêter comme ça. Quand la fatigue vient, c’est difficile de se dire qu’il faut continuer à courir. Lui est bien, il monte en régime. Je n’étais pas sûr de pouvoir tenir et j’ai commencé à un peu trop attaquer. »
Qu’est-ce que vous vous dites en sortant de ce match ? Que vous avez tenu la dragée haute à un joueur de ce calibre ?
« Oui mais je suis un compétiteur. Je vois juste le résultat. J’ai perdu, peu importe la manière et le score, le résultat est le même. Je n’aurais pas plus de points ATP si je gagne des sets ou pas. Le sentiment qui prédomine est la déception car j’ai perdu un match. »
Un cinquième set contre un tel joueur, c’est un peu voyage en terre inconnue…
« Je trouve qu’il jouait de mieux en mieux. Ça fait paniquer car je me dis que je ne dois pas le laisser partir. Dans les moments importants au début, je sentais qu’il doutait. Il fallait l’amener dans ces instants‐là. Il est parti tout de suite en début de set, ensuite c’était trop dur de le rattraper. J’ai peut‐être le droit de le faire au troisième parce que je peux avoir une baisse de concentration. Mais ensuite je n’ai pas le droit. »
On a l’impression que vous avez mieux géré la chaleur au début de la rencontre. A‑t‐elle joué un rôle à la fin ?
« Honnêtement j’ai l’impression d’avoir joué à l’ombre tout le match. Je trouve que les conditions de jeu étaient assez bonnes. Vu qu’il ne se sentait pas très bien, que ça se goupillait pas comme il souhaitait, on a tendance à voir le mal partout… Je pense que si on avait continué un set ou deux, il aurait continué à cavaler. »
La qualité de balle au début, c’était volontaire ?
« Oui c’était souhaité. Je sais que si je joue en rythme avec lui, déjà qu’il est plus fort que moi, il sera encore dix fois supérieur. Le seul moyen de le faire douter est de l’amener sur un terrain bizarre en lui donnant une balle qu’il n’a pas l’habitude de jouer. J’ai un peu fait la même chose à Indian Wells face à lui. »
De votre envoyé spécial à New York
Publié le vendredi 4 septembre 2015 à 01:47



