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Mouratoglou sur l’at­ti­tude de Sabalenka : « Elle est intel­li­gente, elle sait qu’elle ne devrait pas faire ça, mais elle ne peut tout simple­ment pas s’en empêcher »

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Incapable de contenir sa frus­tra­tion après sa défaite contre Elena Rybakina en finale de l’US Open, Aryna Sabalenka a d’abord cassé sa raquette avant de s’en prendre verba­le­ment à un camé­raman qui s’était approché un peu trop près d’elle.

Cette atti­tude a suscité de nombreuses réac­tions et critiques dans le monde du tennis, notam­ment celle de Patrick Mouratoglou. L’entraîneur fran­çais a consacré un nouveau post sur Linkedln à la numéro 2 mondiale, qui vient de boucler une nouvelle saison sans titre du Grand Chelem, une première depuis 2022.

Mouratoglou comprend la frus­tra­tion de la Biélorusse, mais estime que ses diffi­cultés à gérer ses émotions consti­tuent aujourd’hui son prin­cipal frein dans les tour­nois majeurs.

« Je comprends sa décep­tion. Perdre une finale de Grand Chelem est déchi­rant, surtout quand on a le senti­ment d’avoir le niveau pour la remporter. Je comprends qu’elle ait besoin d’espace. Ces émotions sont humaines et je ne lui en veux pas de les ressentir, ni de réagir ainsi. Elle sait qu’elle ne devrait pas. Elle est intel­li­gente. Elle ne peut tout simple­ment pas s’en empê­cher. Lorsque les choses ne se passent pas comme elle le souhaite, ses émotions prennent le dessus, elle devient très dure envers elle‐même et se sabote. Plus le temps passe, plus son niveau baisse, car elle se détruit elle‐même. Pensez à ce quart de finale de Roland‐Garros qu’elle a perdu contre Shnaider. Dernier set, 6–0. Je ne suis pas là pour donner des conseils. Pour moi cepen­dant, la gestion des émotions est la seule raison pour laquelle elle ne remporte pas de tour­nois du Grand Chelem pour le moment. C’est triste de voir l’histoire se répéter. Si elle résout ce problème, elle passera du statut de numéro 2 qui ne remporte pas de tour­nois majeurs à celui d’une joueuse qui en remporte beau­coup plus et qui revient à la première place mondiale. Ce qui me fascine, c’est que cette finale oppo­sait les deux meilleures joueuses du monde, aux person­na­lités diamé­tra­le­ment oppo­sées. L’une est le feu, l’autre la glace. Je pense que je n’ai pas besoin de vous dire qui est qui. Cela me rappelle McEnroe et Borg. Björn, toujours maître de lui, pas un mot. John, cassant ses raquettes, s’énervant. Une grande diffé­rence : McEnroe jouait bien mieux quand il était en colère. Quand Aryna se met en colère, elle perd son jeu. »

A propos de l’auteur

Baptiste Mulatier

Accro au sport depuis toujours, Baptiste Mulatier s’est natu­rel­le­ment tourné vers le jour­na­lisme pour raconter les histoires qui le font vibrer. Au fil de sa forma­tion, il a colla­boré avec plusieurs médias, parmi lesquels Le 10 Sport, La Provence, Sport Buzz Business ou encore Foot01, avant de rejoindre We Love Tennis en 2020. Cette même année, il couvre son premier Roland‐Garros, une édition très parti­cu­lière disputée à l’automne en raison de la pandémie. Une expé­rience fonda­trice, point de départ d’une belle aven­ture qui se pour­suit désor­mais depuis six ans.