Accueil US Open

Murray, le soulagement

49

Andy Murray l’a attendu long­temps. Après quatre finales dispu­tées pour autant de perdues, le Britannique remporte enfin un tournoi du Grand Chelem. Pour lui, c’est évidem­ment une délivrance.

A vous regarder vous avez semblé possédé pendant le match. Parlez nous de ce combat et de ce que ça vous fait d’avoir ce trophée en face de vous.

C’était vrai­ment un match très diffi­cile. Vous savez, menta­le­ment, les trois derniers jours ont été plutôt fati­gants. Avec les condi­tions diffi­ciles qu’on a eu, il est encore plus néces­saire de se concen­trer sur chaque coup parce que la balle est vrai­ment compli­quée à maîtriser. Donc menta­le­ment c’était un gros chal­lenge, et à côté de ça, vous savez, une finale de Grand Chelem, alors que vous n’en avez jamais gagné aupa­ra­vant… Jouer contre Novak qui est sur cette surface… bref, dans les Grand Chelems il n’en n’a pas perdu beau­coup. C’était un match incroya­ble­ment diffi­cile, et, forcé­ment, à la fin j’étais heureux. « Soulagement » est proba­ble­ment le mot qui convient le mieux pour décrire ce que je ressens actuel­le­ment. Je suis vrai­ment très, très heureux d’y être arrivé parce que si j’avais perdu cette finale, ça aurait été très dur à encaisser.

Pendant 76 ans les joueurs britan­niques ont joué avec une bride autour du cou. Qu’est ce que cela fait d’avoir fina­le­ment réussi à briser cette malédiction ?

Quand on est sur le court, on ne le ressent pas néces­sai­re­ment, mais je sais que quand j’ai servi pour le match, j’ai senti combien ce moment pouvait être impor­tant pour l’histoire du tennis Britannique. Ça ajoute quelque chose à cette victoire. Je le sais mieux que n’importe quel joueur britan­nique, vu le nombre de fois où on m’en parle, à chaque fois que j’ai été proche de remporter un tournoi du Grand Chelem. On me l’a même encore plus demandé après ma victoire aux Jeux Olympiques. On me deman­dait toujours « Quand vas‐tu gagner un Grand Chelem ? ». Donc oui c’est génial de l’avoir enfin fait. Et j’espère comme je l’ai déjà dit que cela va inspirer des jeunes à jouer au tennis et aussi à comprendre que ce n’est pas parce que le tennis Britannique ne gagne pas que c’est un mauvais sport. Laura (Robson) l’a très bien fait comprendre. Les Jeux Olympiques ont été une chance pour nous. Liam Broady a été en finale chez les juniors. J’espère que ça va conti­nuer dans ce sens.

Pouvez‐vous nous dire quelle est la diffe­rence entre gagner les Jeux Olympiques et l’US Open ? Comment comparez vous d’un côté la victoire pour votre pays et de l’autre une victoire person­nelle ?

C’est vrai­ment diffé­rent. Vous savez, aux Jeux Olympiques il y a beau­coup d’émulation, avec tous les autres sports et tout le monde qui cherche à se dépasser. Il y avait beau­coup d’élan, de liesse. J’avais aussi le double mixte sur lequel me concen­trer. Quand vous savez que vous êtes garantis d’avoir deux médailles d’argent d’office, ça aide aussi à se concen­trer sur la finale. Mais ici, à l’US Open, j’ai quand même un peu douté. Vous réflé­chissez, vous vous demandez si vous êtes capable de le faire. Ça s’annonçait diffi­cile et doulou­reux. Physiquement c’était un défi. C’est une chose que je n’ai jamais faite avant. J’ai été plusieurs fois dans cette situa­tion et je n’ai jamais réussi à m’en départir. Il y a telle­ment de choses auxquelles vous pensez avant d’entrer sur le court. Je suis juste soulagé, comme je l’ai dit, d’avoir enfin réussi à le faire et je peux mettre tout ça derrière moi pour gagner encore plus.

Vous avez vécu un été fabu­leux, mais en regar­dant en arrière on se rend compte que vous auriez pu partager ça avant. Quel a été le moment où vous avez le plus douté ?

Après avoir perdu contre Novak en Australie l’année dernière, je ne me sentais pas bien du tout pour enchaîner sur la terre battue. Pendant ces trois mois j’ai vrai­ment eu beau­coup de mal avec mon jeu. Notamment pour la moti­va­tion. J’ai beau­coup perdu, au premier tour d’Indian Wells et de Miami je crois. Vous savez, je n’avais vrai­ment pas bien joué, j’avais aussi arrêté de travailler avec Alex Corretia à cette époque. C’était dur. Sur toute cette année c’était vrai­ment le plus difficile.

Vous avez accompli de grandes choses avec les Jeux Olympiques et l’US Open. La place de numéro un est‐elle un objectif pour vous ?

Oui, comme pour tous les joueurs, une fois que vous vous appro­chez du haut de tableau, l’un des objec­tifs est d’es­sayer d’at­teindre cette place de numéro un. Je ne peux pas dire que cette année, c’est forcé­ment possible pour moi de le faire parce que je n’ai pas eu une bonne saison sur terre battue et je n’ai pas été bon aux Masters Series de Cincinnati et Montréal ainsi qu’à Indian Wells. J’ai eu aussi beau­coup de défaites au début de ces tour­nois. Mais c’est la prochaine étape. Pour ce faire, vous devez être cohé­rent tout au long de l’année. C’est quelque chose que Novak, Roger et Rafa ont fait incroya­ble­ment bien ces dernières années. Il a été très, très diffi­cile pour les autres gars de rester à ce niveau. Je vais certai­ne­ment essayer. C’est quelque chose que j’ai­me­rais faire, pour arriver à être numéro un. Mais c’est très difficile.

A propos de l’auteur

Simon Alves

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.