Andy Murray l’a attendu longtemps. Après quatre finales disputées pour autant de perdues, le Britannique remporte enfin un tournoi du Grand Chelem. Pour lui, c’est évidemment une délivrance.
A vous regarder vous avez semblé possédé pendant le match. Parlez nous de ce combat et de ce que ça vous fait d’avoir ce trophée en face de vous.
C’était vraiment un match très difficile. Vous savez, mentalement, les trois derniers jours ont été plutôt fatigants. Avec les conditions difficiles qu’on a eu, il est encore plus nécessaire de se concentrer sur chaque coup parce que la balle est vraiment compliquée à maîtriser. Donc mentalement c’était un gros challenge, et à côté de ça, vous savez, une finale de Grand Chelem, alors que vous n’en avez jamais gagné auparavant… Jouer contre Novak qui est sur cette surface… bref, dans les Grand Chelems il n’en n’a pas perdu beaucoup. C’était un match incroyablement difficile, et, forcément, à la fin j’étais heureux. « Soulagement » est probablement le mot qui convient le mieux pour décrire ce que je ressens actuellement. Je suis vraiment très, très heureux d’y être arrivé parce que si j’avais perdu cette finale, ça aurait été très dur à encaisser.
Pendant 76 ans les joueurs britanniques ont joué avec une bride autour du cou. Qu’est ce que cela fait d’avoir finalement réussi à briser cette malédiction ?
Quand on est sur le court, on ne le ressent pas nécessairement, mais je sais que quand j’ai servi pour le match, j’ai senti combien ce moment pouvait être important pour l’histoire du tennis Britannique. Ça ajoute quelque chose à cette victoire. Je le sais mieux que n’importe quel joueur britannique, vu le nombre de fois où on m’en parle, à chaque fois que j’ai été proche de remporter un tournoi du Grand Chelem. On me l’a même encore plus demandé après ma victoire aux Jeux Olympiques. On me demandait toujours « Quand vas‐tu gagner un Grand Chelem ? ». Donc oui c’est génial de l’avoir enfin fait. Et j’espère comme je l’ai déjà dit que cela va inspirer des jeunes à jouer au tennis et aussi à comprendre que ce n’est pas parce que le tennis Britannique ne gagne pas que c’est un mauvais sport. Laura (Robson) l’a très bien fait comprendre. Les Jeux Olympiques ont été une chance pour nous. Liam Broady a été en finale chez les juniors. J’espère que ça va continuer dans ce sens.
Pouvez‐vous nous dire quelle est la difference entre gagner les Jeux Olympiques et l’US Open ? Comment comparez vous d’un côté la victoire pour votre pays et de l’autre une victoire personnelle ?
C’est vraiment différent. Vous savez, aux Jeux Olympiques il y a beaucoup d’émulation, avec tous les autres sports et tout le monde qui cherche à se dépasser. Il y avait beaucoup d’élan, de liesse. J’avais aussi le double mixte sur lequel me concentrer. Quand vous savez que vous êtes garantis d’avoir deux médailles d’argent d’office, ça aide aussi à se concentrer sur la finale. Mais ici, à l’US Open, j’ai quand même un peu douté. Vous réfléchissez, vous vous demandez si vous êtes capable de le faire. Ça s’annonçait difficile et douloureux. Physiquement c’était un défi. C’est une chose que je n’ai jamais faite avant. J’ai été plusieurs fois dans cette situation et je n’ai jamais réussi à m’en départir. Il y a tellement de choses auxquelles vous pensez avant d’entrer sur le court. Je suis juste soulagé, comme je l’ai dit, d’avoir enfin réussi à le faire et je peux mettre tout ça derrière moi pour gagner encore plus.
Vous avez vécu un été fabuleux, mais en regardant en arrière on se rend compte que vous auriez pu partager ça avant. Quel a été le moment où vous avez le plus douté ?
Après avoir perdu contre Novak en Australie l’année dernière, je ne me sentais pas bien du tout pour enchaîner sur la terre battue. Pendant ces trois mois j’ai vraiment eu beaucoup de mal avec mon jeu. Notamment pour la motivation. J’ai beaucoup perdu, au premier tour d’Indian Wells et de Miami je crois. Vous savez, je n’avais vraiment pas bien joué, j’avais aussi arrêté de travailler avec Alex Corretia à cette époque. C’était dur. Sur toute cette année c’était vraiment le plus difficile.
Vous avez accompli de grandes choses avec les Jeux Olympiques et l’US Open. La place de numéro un est‐elle un objectif pour vous ?
Oui, comme pour tous les joueurs, une fois que vous vous approchez du haut de tableau, l’un des objectifs est d’essayer d’atteindre cette place de numéro un. Je ne peux pas dire que cette année, c’est forcément possible pour moi de le faire parce que je n’ai pas eu une bonne saison sur terre battue et je n’ai pas été bon aux Masters Series de Cincinnati et Montréal ainsi qu’à Indian Wells. J’ai eu aussi beaucoup de défaites au début de ces tournois. Mais c’est la prochaine étape. Pour ce faire, vous devez être cohérent tout au long de l’année. C’est quelque chose que Novak, Roger et Rafa ont fait incroyablement bien ces dernières années. Il a été très, très difficile pour les autres gars de rester à ce niveau. Je vais certainement essayer. C’est quelque chose que j’aimerais faire, pour arriver à être numéro un. Mais c’est très difficile.
Publié le mardi 11 septembre 2012 à 14:40


