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Nadal l’a fait !

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Rafael Nadal a remporté le 1er US Open de sa carrière en domi­nant Novak Djokovic cette nuit à New York. Le Majorquin s’im­pose en 4 manches 6457 6462 et conforte plus que jamais son statut de numéro 1 mondial.

« Dans tous les sports, ceux qui gagnent les grands tour­nois ou les grandes courses sont ceux qui vont les cher­cher. Pas ceux qui les attendent. » Cette décla­ra­tion de Roger Fasheed, entraî­neur de Gaël Monfils, illustre parfai­te­ment la physio­nomie de cette finale. De manière alter­na­tive, le joueur le plus offensif a pris l’avan­tage au score tout au long du match. Et au final, c’est bel et bien Rafa qui gagne.

On parlait de l’in­fluence de la surface sur le jeu de l’Espagnol : « Le rebond est trop bas et son lift perd en effi­ca­cité, il est pris à la gorge par la vitesse des services adverses, il se fait plomber en retour » etc, etc, etc. Surface, condi­tions de jeu, adver­saire, Rafael Nadal s’est adapté au fil des tours. Pour sortir, de loin, son meilleur match de la quin­zaine en finale. 

Malgré l’ex­pé­rience, les deux cham­pions débutent la finale plutôt tendus. Après un rapide échange de break, Nadal prend défi­ni­ti­ve­ment le large : 4–2 puis 5–3 et enfin 6–4. La première manche en poche, l’Espagnol semble lancé. Mais Nole ne perd pas pied. Bien au contraire. Lucide sur le plan tactique, le Serbe opte pour la solu­tion ultra offen­sive. Missiles à droite, à gauche, en coup droit, en revers, Djoko ne rate plus rien. « In the zone » comme on dit à New York. Les risques payent et Novak breake (4–1). En face, Rafa encaisse sans bron­cher. L’Espagnol le sait, Nole ne pourra tenir à un tel rythme tout le match. L’orage passe, le Serbe commence à rater plus et Nadal enclenche sa remontée terrible. 4–2 d’abord puis 4–3 et enfin 4–4. Djokovic est à son tour dépassé par les accé­lé­ra­tions adverses. Mais la pluie décide de s’en mêler. En plein jeu de service du Serbe (30A), les deux hommes quittent le court. 

L’interruption d’une heure et demi est tout à fait profi­table à Novak Djokovic. Dans une mauvaise dyna­mique avant la pause, le Serbe revient sur le court frétillant. Les coups partent mieux, le bras s’en­gage. Et les points gagnants réap­pa­raissent. En face, Nadal semble plus tendu. Sur la défen­sive, le Majorquin est confronté à une balle de set sur son jeu de service à 6–5. Pris par un excellent retour, Rafa laisse Djokovic revenir à un set partout. Le match semble tota­le­ment relancé. Et pourtant…

Et pour­tant Rafa prend le temps d’ana­lyser les choses sur sa chaise. S’il a perdu cette manche, c’est qu’il a laissé Nole dicter le jeu. Il faut repartir de l’avant et envoyer la sauce en coup droit. Aussitôt dit, aussitôt fait. Nadal breake à 2–1 et tient son avance jusqu’au bout (6/4). Il n’est plus qu’à une manche de l’exploit.

Rafael Nadal ramène toujours tout dans le court, réussit toujours de fantas­tiques passings de défense, enroule toujours avec une puis­sance hallu­ci­nante ses grands coups droits. Mais aujourd’hui, Rafael Nadal possède une nouvelle arme : le service. S’offrant quelques points gratuits à des moments clé, le Majorquin est extrê­me­ment dur à breaker. Mené deux sets à un, Novak Djokovic réalise l’am­pleur de la tâche qui l’at­tend. Le coup derrière la tête est certain, l’emprise psycho­lo­gique de Rafa sur la rencontre l’est tout autant. L’Espagnol conclut cette finale par un dernier set remporté 62. Il s’ef­fondre, s’age­nouille, se relève. Puis partage sa joie avec Toni, son oncle de coach. Depuis « leur » premier titre à Roland Garros en 2005, le chemin qu’ils ont parcouru est tout simple­ment remarquable. 

A l’époque on parlait d’un joueur taillé pour la terre battue. Aujourd’hui, on parle d’un homme déjà titré dans tous les tour­nois du Grand Chelem, comp­tant 9 victoires en tour­nois Majeur et confor­ta­ble­ment installé dans le trône de numéro 1 mondial. On parle peut‐être même du futur plus grand joueur de l’Histoire. Qui sait ?