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Paire : « D’un Future à une deuxième semaine en Grand Chelem »

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Benoit Paire tient enfin sa deuxième semaine de Grand Chelem ! L’Avignonnais a battu pour la troi­sième fois en quelques jours Tommy Robredo. Le Frenchie retrou­vera Jo‐Wilfried Tsonga en huitièmes de finale. Le Frenchie avance avec envie mais il n’ou­blie pas d’où il revient…

Comment analysez‐vous votre victoire ?

« Pour être honnête, le premier set a été déter­mi­nant. Il ne fait pas aussi chaud que les autres jours mais c’est très humide. On trans­pire beau­coup et c’est dur de trouver un second souffle. Je pense que la perte du premier set au bout d’une heure de jeu lui a fait mal… Je devais jouer mon jeu. Je le connais car je l’ai affronté deux fois en quelques jours cet été. Cette fois les condi­tions étaient diffé­rentes, sur dur, j’avais les armes pour le gêner. J’ai su rester concentré, même à 3–0 dans le tie‐break. Je suis resté calme et cela a fait la différence. »

Vous voilà enfin en deuxième d’un Grand Chelem !

C’était vrai­ment un objectif pour moi ! J’avais perdu cinq fois au troi­sième tour. J’avais vrai­ment envie de goûter à une deuxième semaine de Grand Chelem, peut être plus que de gagner un Top 5. Le plus impor­tant était d’enchaîner. Maintenant j’y suis. J’ai envie de profiter et de faire mieux qu’un début de deuxième semaine (sourire). »

C’est une étape ?

« Oui c’est surtout quelque chose d’important pour arriver à faire de meilleurs matches contre des tops joueurs sur des grands courts. Je suis très content mais je n’ai pas envie de m’arrêter là. Je n’ai pas trop puisé d’énergie aujourd’hui (lire ce vendredi). Je vais jouer un double pour me relâ­cher et ajuster certains détails. Mais dans l’ensemble je suis très satisfait. »

Cette quali­fi­ca­tion a le goût d’un bon burger au Parker Meridien comme vous l’avez dit sur le court ?

« Je me régale, ils sont très bons (rires) ! Le plus impor­tant est de jouer au tennis, d’être sur un court… Je suis très fier de ce que j’ai fait depuis le début de l’année. Je suis passé d’un tournoi Future en début d’année à une deuxième semaine en Grand Chelem… Il y a pas mal d’étapes qui ont été fran­chies. Je reviens d’une année où j’ai été blessé et je ne me suis pas trop entraîné. C’est tout béné­fique pour moi. Je n’ai pas envie de m’arrêter, j’ai envie de conti­nuer. C’est un nouveau tournoi qui commence et j’ai des objec­tifs ici. »

Jo‐Wilfried Tsonga en huitièmes…

« Ça fait kiffer ! Cela veut dire que l’on a sorti de bons joueurs et que l’on est en forme. Il y aura forcé­ment un Français en quarts et j’espère que ce sera moi. Ce sont des matches parti­cu­liers car la pres­sion est diffé­rente. Jo connaît, il a l’expérience de tels matches. Je n’ai rien à perdre et je vais faire de mon mieux ! C’est un match comme les autres. Avec ma confiance et ce que je fais depuis le début de la saison, je me sens capable de gagner même si ce sera très dur. Sur le papier, Jo est meilleur. Il n’y a aucune préten­tion, mais il faut être honnête : c’est mieux de jouer Jo que Roger quand on voit ce qu’il fait depuis le début de la semaine. »

On a l’im­pres­sion que vous êtes dans la réac­tion : échec aux quali­fi­ca­tions en Australie, victoires dans les Futures, ce Challenger en Italie, victoire à Bastad, moyen à Winston‐Salem, 18 ici…

« J’ai toujours besoin de réagir. C’est souvent quand on me critique que je montre mes progrès. C’est bien. Mais main­te­nant quand je vais avoir le statut de favori ou dans un tournoi moins impor­tant, il va falloir que j’arrive à tout donner. Pour l’instant je suis dans la réac­tion et j’arrive à être fort dans la tête pour montrer que j’ai changé. Je suis 40eme, je n’ai pas de point à défendre en fin de saison, je joue bien, je suis en forme… Ce qui sera le plus dur, comme tout le monde le sait, est l’après-US Open. J’y pense déjà et je me dis : « Benoit ne t’excite pas ! ». Je m’y prépare ! »

Comme vous l’avez expliqué, vous allez offrir une maison à vos parents qui vous ont toujours soutenu. C’est symbolique ?

« Le plus impor­tant pour eux est de me voir heureux sur un court. Je sais que j’ai un gros soutien de leur part. C’est très impor­tant. Mes parents m’ont beau­coup aidé, surtout l’année dernière, ce que peu de personnes ont fait… Ils étaient présents, ils ont toujours cru en moi. C’est la que l’on voit les personnes qui comptent. C’est un juste retour des choses. Ça me fait plaisir et je vais pouvoir y aller aussi (sourire) ! »

De votre envoyé spécial à New York

A propos de l’auteur

Loïc Revol

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.