Pour mieux comprendre en quoi le running peut être un complément à l’entraînement d’un futur champion, nous sommes allés à la rencontre de Corentin Denolly, espoir du tennis tricolore, qui affectionne ce type d’exercice physique. Un entretien à retrouver dans le numéro 49 de notre magazine GrandChelem.
Ressens‐tu du plaisir à courir ou est‐ce, pour toi, une contrainte, un passage obligé dans ta vie de joueur de tennis professionnel ?
C’est avant tout un plaisir, bien que cela dépende des conditions. Une chose est sûre, cela me permet de garder la forme quand je ne suis pas en période d’entraînement. Ou d’appuyer sur certains points quand je travaille des choses précises dans ma condition physique.
Tu as toujours eu ce goût pour la course ?
Honnêtement, non (rires) ! Quand j’étais petit, cela m’embêtait plus qu’autre chose. Je préférais le vélo, je trouvais qu’on avait plus de sensations. Mais, maintenant, courir est un plaisir. On s’éclate, on voit de beaux paysages et on peut aller dans des endroits inaccessibles, qu’on ne peut atteindre qu’à pied.
Cela a une influence sur ton jeu ?
Oui et non. Si je fais une bonne séance de course et que je récupère bien, je sais que je serai opérationnel sur le court. Mon style de jeu fait aussi que je ne mise pas uniquement sur mon physique, même si je me suis toujours très bien tenu à ce niveau‐là. Je ne dirais pas que la VMA est quelque chose d’inné chez moi, mais je l’ai toujours eue, quelque part.
- Denolly : « Courir est avant tout un plaisir »
Tu parlais d’entraînement tout à l’heure… Te fixes‐tu des objectifs précis en termes de temps ou de distance ?
Pas vraiment. Je ne me dis jamais : « Aujourd’hui, tu fais 10 kilomètres en un minimum de temps. » Cependant, j’ai toujours aimé les maths, donc j’ai besoin d’un petit repère chiffré. Donc, un jour où je sens que j’ai les jambes, j’essaie d’appuyer et je jette un œil sur le chrono à la fin. Il n’y a que quand je fais de la piste que j’ai des objectifs bien précis.
Justement, la piste, tu dois y passer pas mal de temps durant tes périodes de foncier…
Cela dépend des mois. Quand je travaille le foncier, oui, j’ai tendance à allonger les séries, à faire des 1000 mètres, des 2000 mètres… Puis, plus la préparation s’accélère, plus je réduis les distances pour intensifier. Là, je bascule sur des séries de 200, par exemple.
- « Il n’y a que sur la piste que j’ai des objectifs bien précis »
Tu as un endroit fétiche où tu prends plus ton pied qu’ailleurs ?
Dans mon coin, près de chez moi. J’ai mon circuit habituel, qui est relativement vallonné, donc c’est sympa ! Il y a un peu de goudron pour rejoindre les chemins – c’est la partie moins fun. Mais, une fois que je suis sur le plateau, c’est bon. C’est mon fief pour courir (rires) !
Tu préfères courir seul ou à deux ?
C’est variable, les deux me conviennent. Quand je cours seul, je tiens mon propre rythme, je fais comme je l’entend. Mais, à deux, il y a aussi du bon : tu peux parler, tu te motives…
Plutôt Gebreselassie ou Jornet ?
(Rires) Un mix des deux ! Je m’adapte en fonction du circuit. Du plat pendant une heure, je ne trouve pas amusant. Dès que c’est un peu vallonné, je me régale ! Récemment je suis parti en vacances aux Deux Alpes et, évidemment, je n’ai pas pu m’empêcher d’aller courir. Un bonheur ! Clairement, je me situe entre les deux, même si la pratique de Jornet est… extrême (rires).
GrandChelem n°49 en téléchargement gratuit
Retrouvez gratuitement et en intégralité le numéro 49 « L’extra‐terrestre » de notre magazine GrandChelem… Bonne lecture !
Publié le mardi 15 décembre 2015 à 13:49



