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Djokovic vu par la presse… (1÷2)

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Ce n’est un secret pour personne, Novak Djokovic a fait une saison excep­tion­nelle. Pour pour­suivre notre dossier extrait du numéro 49 de GrandChelem sur Djokovic l’extra‐terrestre, nous avons inter­rogé des confrères qui le suivent de très près. Les avis sont partagés mais tous pointent les mêmes qualités chez Nole. Surtout, nos spécia­listes confirment que Novak Djokovic pour­rait bien, à la fin de sa carrière, battre quelques records…

Carole Bouchard (jour­na­liste indépendante) :

« J’ai discuté récem­ment avec son entraî­neur, Boris Becker. Pour lui, main­te­nant que Novak a atteint la barre symbo­lique des dix titres en Grand Chelem, il aura moins de diffi­culté à arriver à 17. Cette année, il dispute les quatre finales et en gagne trois. S’il en remporte deux par an pendant quatre ou cinq ans, mathé­ma­ti­que­ment parlant, il peut battre le record. Peut‐il devenir le plus grand de l’histoire ? Pourquoi pas. Au regard de ce qu’il réalise depuis 2011, il a pris une part prépon­dé­rante dans l’histoire du jeu. Ce qui me semble très fort de sa part, c’est qu’il soit parvenu à se mêler à cette lutte. C’est une victoire pour lui, car on a eu tendance à dire qu’il reste­rait l’éternel numéro trois derrière Roger Federer et Rafael Nadal. Néanmoins, il peut aussi connaître un coup de moins bien, comme Federer en 2013 ou Nadal actuellement.

« Meilleur joueur de tous les temps ? Pourquoi pas »

Novak Djokovic a éclos avec deux monstres, Federer et Nadal. Je pense qu’on a sous‐estimé le talent du joueur. Il suffit de voir sa main, son revers, son coup d’œil… Dans la pano­plie des meilleurs joueurs de l’histoire, il peut riva­liser avec tout le monde, sauf peut‐être à la volée, où il a encore des progrès à faire. Pour ce qui est du charisme, c’est hyper subjectif. On aime Federer, car il a ce côté classe qui répond à la tradi­tion du tennis. Rafa, c’est autre chose, c’est un guer­rier. Novak a son propre style. Il fait tout bien, mais il possède égale­ment un carac­tère bien trempé. Il n’a peur de personne. Certains disent que c’est de l’arrogance, mais c’est bien d’avoir confiance en soi. Il n’a pas eu le choix avec les deux monstres présents. Il parle plusieurs langues, il est ouvert au public, c’est un très bon client pour les médias. S’il était tout seul, on ne se pose­rait même pas la ques­tion. Comme il évolue avec Federer et Nadal, il est sans cesse comparé. Djoko a toutes les qualités. Je trouve d’ailleurs qu’il se rapproche plus d’un Federer que d’un Nadal, dans le sens où il est assez calme et maîtrisé.

« Roger Federer a changé d’avis concer­nant Novak »

Je crois que c’est à Roland Garros, cette année, que Roger Federer, inter­rogé sur la présence de Novak dans la liste des meilleurs joueurs de l’his­toire, répond qu’il est déjà très haut dans ce panthéon… Pour que Roger dise cela, c’est qu’il y a vrai­ment eu du chan­ge­ment. Le regard des joueurs a évolué. Djokovic a acquis le respect et suscite la peur. À Shanghai, je lui ai demandé s’il ne gagnait pas des matchs dans le vestiaire. Il m’a dit : « Oui, je travaille pour ça. » Il est conscient de l’avantage psycho­lo­gique qu’il a sur les mecs. Tant qu’il peut leur faire peur, il le fera ! Comme Roger, à l’époque, il a ce côté « domi­na­tion ». Quand les joueurs rentrent sur le court, ils ont la trouille. »

Charlotte Gabas (jour­na­liste à beIN SPORTS) :

« On vit une époque extra­or­di­naire. On ne pensait pas revivre cela après Roger Federer et Rafael Nadal. On ne pensait pas que Djokovic réédi­te­rait sa perfor­mance de 2011. Et pour­tant… Il a prouvé sa régu­la­rité tout au long de la saison, en parti­ci­pant à toutes les finales de ses tour­nois, hormis celle de Doha (NDLR : défaite en quarts de finale). Son niveau moyen est au‐dessus. Qu’il soit au meilleur de sa forme ou non, personne ne parvient à trouver la faille. Il l’a prouvé l’été dernier après Montréal et Cincinnati, en parve­nant à se trans­cender lors de la finale de l’US Open. Honnêtement, je ne vois pas ce qui peut l’arrêter… D’autant qu’il ne se blesse pas. S’il garde ce niveau et gagne Roland Garros, je me dis qu’il peut réaliser le Grand Chelem. S’il y a bien un joueur capable de le faire aujourd’hui, c’est Novak Djokovic. C’est quelque chose que l’on n’aurait jamais imaginé à son arrivée sur le circuit.

« Son niveau moyen est au‐dessus »

Mais, par rapport à Federer et Nadal, il manque de popu­la­rité. Quand il joue contre Federer sur le circuit, tout le public encou­rage Roger. J’étais présente dans les tribunes à Indian Wells et c’était vrai­ment gênant ! Quand on inter­roge les fans, leurs joueurs préférés sont Federer et Nadal. Ils sont encore au‐dessus en termes de palmarès. Mais Djokovic grap­pille. On verra où il en sera dans deux ans. Quand Federer quit­tera le circuit, Djokovic, en conti­nuant sur ce rythme, prendra une toute autre dimen­sion. Djokovic a tout pour être adulé. Il parle plusieurs langues, il a beau­coup d’humour et possède plus de fantaisie que Federer ou Nadal. »

Djokovic, 2015 dans le rétro

Djokovic vu par les joueurs… (1÷2)

Djokovic vu par les joueurs… (2÷2)

L’année 2015 de Novak Djokovic en chiffres…

GrandChelem n°49 en télé­char­ge­ment gratuit

Retrouvez gratui­te­ment et en inté­gra­lité le numéro 49 « L’extra‐terrestre » de notre maga­zine GrandChelem… Bonne lecture !

A propos de l’auteur

Loïc Revol

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.