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GC54 : Le tatoo qui dit tout

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On vous propose ce jour pour débuter le « reverse » publi­shing de notre numéro 54 qui sera distribué dès vendredi dans notre réseau, son édito qui rend hommage à Stan The Man.

Se tatouer, c’est comme vouloir immor­ta­liser une envie, une déci­sion, ou encore garder sur soi, le souvenir, la présence. Quand Stanislas Wawrinka décida en avril 2013 de poser les mots : Ever tried. Ever failed. No matter. Try again. Fail again. Fail better* sur son bras gauche, il y avait la volonté de se donner le courage de conti­nuer à se battre, se persuader que lui aussi aurait le droit à ce moment unique. Ce moment où l’on sait que l’on est allé au bout de soi même, que l’on réalise quelque chose qui nous tenait à coeur. 

Le hasard, enfin presque, a voulu que depuis cette marque indé­lé­bile, le Suisse s’est trans­formé en top player, rempor­tant un tournoi du Grand Chelem chaque année. À chaque fois, il l’a emporté faisant preuve d’une auto­rité et d’une poigne incroyable en terras­sant en plus le numéro 1 mondial de l’ins­tant. Ces victoires ont confirmé sa réelle capa­cité à se surpasser dans le money time, en gardant toujours une modestie digne de son nouveau statut. Mais avant de soulever ces trophées, que de doutes, de chutes, de trous noirs, de déses­pé­rances, et de désillusions. 

Heureusement, sa force a été de ne jamais baisser les bras ou de se contenter de sa place dans le top 20 du circuit comme l’a expliqué avec beau­coup de tendresse dans une chro­nique au quoti­dien suisse le Matin, Timea Bascinsky : « C’est un exemple pour les géné­ra­tions futures, pas seule­ment en tennis, pas seule­ment en sport, mais dans tous les domaines. C’est un message fort pour tous ceux qui foncent têtes bais­sées, qui travaillent, travaillent encore et voient à travers Stan que ça peut les mener loin. On ne sait jamais trop où ni quand ».

En une phrase la cham­pionne suisse a résumé le propos et le sens de cette cita­tion d’un certain Samuel Beckett. Une expli­ca­tion qui contraste avec celle donnée par Stan quand il dévoila le tatouage à la presse. « C’est une phrase que j’aime beau­coup qui résume bien mon métier et mon envie de toujours essayer malgré les défaites. Rien de bien spécial. »

Ne jamais renoncer, voilà le crédo de Stan the Man, la persé­vé­rance comme sacer­doce, et le travail comme socle de confiance, le Suisse a trouvé son équi­libre, il s’est accompli. Voilà un bel exemple d’un parcours de vie où la persé­vé­rance nourrit l’en­thou­siasme, où l’envie abat les obstacles, un par un, pour enfin passer la ligne d’ar­rivée en vain­queur, fier et serein. 

* Déjà essayé. Déjà échoué. Peu importe. Essaie encore. Échoue encore. Mais échoue un peu moins. »

A propos de l’auteur

Sacha Dubois

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.