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Patrick Mouratoglou : « Nous avons un outil exceptionnel »

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L’inauguration offi­cielle de l’Académie Patrick Mouratoglou a eu lieu le lundi 19 septembre dernier, nous avions donc fait le point avec son fonda­teur pour l’édi­tion du numéro 54 de Grand Chelem. Mais comme Patrick est passionné, nous n’avons pas pu mettre l’in­té­gra­lité de ses réponses dans le mag qui sort ce lundi dans notre réseau. Voici donc l’in­ter­view en inté­gra­lité pour les fidèles lecteurs de Welovetennis.fr

Tu as démarré en Seine Saint Denis, tu es main­te­nant à Sophia, à Montreuil, il n’y avait rien de tout ce qui a été construit ici, quel est ton senti­ment ?
« Avant Montreuil, l’Académie a même débuté à Colombes où je louais deux puis quatre terrains. Nous avons grandi année après année aussi en fonc­tion du nombre de joueurs qui nous ont fait confiance. Un chiffre qui n’a jamais cessé de croitre. Nos besoins ont donc évolué et nous avons du nous adapter. Sophia‐Antipolis repré­sente la dernière étape, à savoir la réali­sa­tion du centre le plus moderne, le plus vaste d’Europe et qui intègre tous les besoins sur un même site : 34 courts de tennis dont 6 terrains équipés du système vidéo play­sight, deux salles de fitness & muscu­la­tion, un campus étudiant de 3500 m² avec école, héber­ge­ment, restau­rants, un pro‐shop spécia­lisé tennis, un hôtel Beachcomber entiè­re­ment rénové et 4 piscines (inté­rieures et exté­rieures). L’Académie Mouratoglou 2.0 est donc la conti­nuité de notre acti­vité et de notre évolu­tion depuis 20 ans. »

Quel est l’ob­jectif premier de l’Académie Patrick Mouratoglou à Sophia Antipolis ?
« Notre cœur d’activité est l’enseignement du tennis. Historiquement, nous sommes à la fois un centre de forma­tion avec plus de 160 joueurs en tennis‐études pour lesquels nous assu­rons l’entraînement et la scola­rité mais aussi un orga­nisme de stages pendant les vacances scolaires avec plus de 2 500 joueurs de tous âges et de tous niveaux. Tout au long de l’année de nombreux joueurs de haut niveau nous ont choisi comme base d’entraînement : Novak Djokovic, Serena Williams, Jeremy Chardy, David Goffin, Alize Cornet, Grigor Dimitrov, Anastasia Pavlyuchenkova, Yanina Wickmayer et d’autres. Cette nouvelle infra­struc­ture est aussi devenue la terre de nombreux évène­ments en 2016 : tour­nois régio­naux, natio­naux et inter­na­tio­naux chez les jeunes (U12, U16), les adultes & vété­rans (ITF seniors), ainsi que les cham­pion­nats de France handi­sport en fin d’année. D’autres projets sont encore en phase de déve­lop­pe­ment et verront le jour très prochai­ne­ment. Enfin, grâce à notre hôtel, 4 étoiles sur site, nous orga­ni­sons égale­ment des sémi­naires spor­tifs ainsi que des évène­ments pour le compte d’entreprises. Enfin, nous venons tout d’ouvrir « Le Country Club Mouratoglou » pour mettre en rela­tion tous les amou­reux de ce sport sur un même site quels que soient leur âge et leur niveau. »

À la soirée d’inau­gu­ra­tion, on a vu des cham­pions et des spor­tifs de haut‐niveau, le but de l’aca­démie est‐il aussi de pouvoir accueillir des athlètes d’autres disci­plines que le tennis ?

« Nous sommes évidem­ment ouverts à accueillir des spor­tifs issus d’autres disci­plines car en plus d’être des passionnés de tennis nous sommes des fous de sport en général. La perfor­mance est notre moteur numéro 1 et nos infra­struc­tures ont été pensées pour satis­faire les besoins de tous les spor­tifs quelle que soit leur disci­pline. D’ailleurs, notre struc­ture s’y prête avec un terrain multi­sports, deux salles de fitness, une ligne de sprint de 80m, un centre médical équipé des dernières tech­no­lo­gies et égale­ment un centre de récu­pé­ra­tion avec une cabine de cryo­thé­rapie, un caisson hyper­bare, et des bains froids de diffé­rentes tempé­ra­tures sans oublier des parcours de santé dans la forêt qui entoure notre complexe. »

Dans un des tes livres, tu expliques qu’un soir tu avais l’im­pres­sion d’avoir été au bout d’un des tes objec­tifs et que cela te rendait presque triste, as‐tu eu ce senti­ment mardi matin quand tu t’es réveillé après cette grande fête ?
« Pas du tout ! à un moment, j’ai eu une forme de « gueule de bois » après les titres de Serena en Grand Chelem car j’en rêvais et j’avais dédié 20 ans de ma vie à cela. Il n’a pas été simple de se relancer et de trouver de nouveaux chal­lenges. Mais avec l’énergie envoyée par tous ces jeunes qui veulent réussir et qui ont besoin de notre aide, on revient vite aux réalités du quoti­dien et le degré de moti­va­tion remonte instan­ta­né­ment. Par ailleurs, la nouvelle Académie n’est pas une fina­lité. C’est au contraire un point de départ vers de nouveaux hori­zons. Nous avons un outil excep­tionnel, mais c’est à nous, qui tous les jours y travaillons, de faire toute la diffé­rence pour aller plus haut. »

On sait que l’aca­démie fonc­tionne très bien avec des stages qui sont plébis­cités, un internat qui affiche complet, as tu envie de sortir un joueur 100% Patrick Mouratoglou qui jouera les premiers rôles sur le circuit ?
« Bien sur cela fait partie des objec­tifs et si cela pouvait être un fran­çais, ce serait encore mieux ! Nous avons formé 3 cham­pions du monde junior, disputé 15 finales de Grand Chelem Junior, amené plus de 40 joueurs dans le top 100, des top 30, top 20, top 10. J’aide Serena à remporter des titres du Grand Chelem et à marquer l’histoire de ce sport. Amener un jeune jusqu’à la première place mondiale est quelque chose qui manque encore à notre palmarès. Tant mieux ! Il reste des choses à accomplir ! »

Qu’est‐ce que cela te fait de voir ton nom devenir presque une marque ?
« Je ne vois plus aujourd’hui mon nom mais unique­ment une marque. Ca a commencé il y a 10 ans quand les gens me disaient qu’ils allaient à « Mouratoglou ». Ca m’a fait très bizarre. Ensuite, à force de l’entendre, on ne voit plus ce mot comme son nom. J’avais des diffi­cultés au début avec ça. Je me souviens avoir fait un speech dans une société dans la finance. À la fin, un parti­ci­pant est venu me voir et m’a dit : « Vous n’avez pas cité votre marque une seule fois de tout le speech. Si ça vous gêne que la marque porte votre nom, alors changez de marque, sinon il faut la promou­voir. » Cela a créé un déclic chez moi. »


Si tu devais recom­mencer ton parcours dans le tennis, ferais‐tu la même chose ?

« Je ne pense abso­lu­ment pas que j’ai tout fait parfai­te­ment, mais je suis là où j’ai voulu être. J’ai fait des erreurs parce que j’ai avancé, pris des déci­sions et assumé mes risques. Je ne regrette rien parce que j’ai toujours agi avec la convic­tion que c’était le bon choix au moment où les choses se sont présen­tées. Je dois accepter mes erreurs car c’est elles qui m’ont permis de progresser. J’ai quand même l’impression d’avoir direc­te­ment ou indi­rec­te­ment aidé de nombreux joueurs à atteindre les objec­tifs qu’ils s’étaient fixés et c’est quelque chose d’extrêmement grati­fiant. Aujourd’hui, j’ai encore des rêves et c’est cela qui me donne envie de conti­nuer et d’avancer dans la même direction. »

Retrouvez gratui­te­ment et en inté­gra­lité le numéro 54, le dernier numéro de notre maga­zine GrandChelem… Bonne lecture !

A propos de l’auteur

Sacha Dubois

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.