AccueilWe Love Tennis MagPourquoi ça doit marcher ?

Pourquoi ça doit marcher ?

-

Le padel est une chance pour le tennis. C’est une certi­tude. Il arrive au bon moment car il va conso­lider le rôle du club, lui donner de nouvelles pers­pec­tives et le trans­former. Le padel va aussi faire bouger les lignes et remettre du lien social. Bref, c’est une aubaine. Il faut la saisir, car il y a une forme d’urgence.

ACCENTUER ET RÉAFFIRMER L’ESPRIT CLUB…

Dans les colonnes de notre numéro 43 de GrandChelem, on avait expliqué l’état du tennis en France et les dommages à long terme causés par le plan 1 000 courts des années 1980. Notre constat mettait en avant l’idée que le club devait être le lieu de la pratique, de l’innovation, mais que son esprit avait été un peu galvaudé par la multi­pli­ca­tion des zones de jeu, oubliant que c’était bien le club house, ses béné­voles et le lien social entre les membres qui étaient la clé d’une pratique plus convi­viale et soutenue. Aujourd’hui, ce mouve­ment est heureu­se­ment à nouveau en marche et le padel peut être un élément accé­lé­ra­teur de cette tendance. Le padel possède en effet toutes les qualités pour redy­na­miser le club, redé­finir certains de ses objec­tifs et confirmer son poten­tiel écono­mique. « Je connais un club où le bar a changé de nom, il s’appelle main­te­nant le Bistrot du Padel (au Stade Montois à Mont de Marsan) » explique Franck Binisti. En une phrase tout est dit. « Il ne faut pas que le club se contente de poser deux courts, il faut qu’il soit prêt à assumer la gestion et l’animation de ces struc­tures » note encore le rédac­teur en chef de Padel Magazine. Un avis partagé par Frédéric Bertucat, respon­sable padel chez Babolat : « Partout où le padel s’est installé en Espagne, l’esprit du club a changé. Le padel c’est plus de monde, plus de vie, plus de prati­quants. À l’inverse du tennis, ce sport est moins exigeant physi­que­ment donc on peut le prati­quer aisé­ment plusieurs fois par semaine. » Plus de tout et plus d’économie aussi : « Chaque club peut choisir sa formule concer­nant l’offre padel, sur ce choix je ne peux me prononcer. Certains l’incluent dans l’offre tennis, d’autres le séparent, ou encore mixent les droits d’adhésion des deux acti­vités. Cela dépend de la poli­tique du club. En revanche, ce dont je suis certain, c’est que le padel entraîne des recettes, car il est extrê­me­ment rare qu’une partie ne se termine pas autour d’une table avec un verre, c’est un constat que l’on observe partout. »

MAINTENIR NOS LICENCIÉS TENNIS…

Même si l’érosion n’est pas aussi alar­mante que ce qui se dit en coulisses, les spécia­listes sentent bien que le tennis est à un point de passage. Les femmes sont de moins de moins nombreuses et il est forte­ment concur­rencé par des pratiques ludiques plus effi­cientes. Et là encore le padel a un rôle fonda­mental à jouer pour main­tenir le cap. D’abord, tous les joueurs de tennis appré­cient cette disci­pline après l’avoir testée : « Au début, il y a des puristes qui sont réfrac­taires, mais tout change, quand ils sont dans la cage (rires) » note avec un brin d’humour Simon Desliens, le premier profes­seur de padel qui officie à Padel Central Lyon. L’autre axe fonda­mental, c’est qu’il offre une vraie alter­na­tive pour deux types de licen­ciés. La femme qui recherche à se dépenser, à trans­pirer et à prendre du plaisir et le joueur de l’âge d’or du tennis, qui les années passant, n’a peut‐être plus la même condi­tion physique et l’envie que durant sa jeunesse. « J’aime bien l’expression qui consiste à dire que le padel c’est le golf du tennis » commente avec le sourire Fredéric Bertucat.

RECRUTER DE NOUVEAUX MEMBRES…

Aujourd’hui ce n’est pas encore le cas mais à long terme il ne faut pas négliger cet aspect, il y a aura des personnes qui vont s’inscrire dans un club de tennis pour jouer au padel. Si la tendance actuelle est à la « conver­sion » d’anciens joueurs de tennis au padel, avec le temps cela évoluera : « Le padel est le sport de raquette par excel­lence, il combine les aspects tactiques et tech­niques du badminton, du squash, du tennis et même du tennis de table » analyse avec justesse Franck Binisti. « C’est pour cela que les clubs de tennis ont une carte à jouer qui est incroyable, ils vont pouvoir accueillir de nouveaux membres, c’est d’une logique impla­cable. » À tel point que Frédéric Bertucat y voit même une chance pour le tennis : « Cela est para­doxal mais il peut y avoir de nouveaux adhé­rents qui ne vont venir que pour le padel et qui vien­dront fina­le­ment aussi au tennis. Nous n’en sommes pas encore là, mais c’est utile de le préciser pour que le club comprenne que c’est un tout, qu’il y a de formi­dables passe­relles à inventer et à mettre en place entre le padel et le tennis, il ne faut surtout pas que les deux disci­plines ne se parlent pas. »

LE MIXTE RIEN QUE DU MIXTE…

Pour faire revenir une femme rien de mieux qu’elle puisse jouer avec son « homme ». Sans être machiste, cette réalité est une vérité qui s’observe au padel. En outre, cette disci­pline réduit les écarts de niveaux. Les doubles mixtes deviennent un réel plaisir pour tous les parti­ci­pants et les tour­nois mixtes consti­tuent de véri­tables succès. De ce fait, le padel est un sport qui peut être fami­lial, pratiqué par tous sans discri­mi­na­tion liée à un niveau ou à un clas­se­ment. Une vraie nouveauté et une bonne nouvelle.

ROLAND GARROS 2015, UN COURT POUR Y CROIRE…

Au‐delà du fait que le padel soit sous l’égide de la Fédération Française de Tennis, ses élus et ses diri­geants semblent avoir bien compris sa puis­sance. Pour preuve l’installation d’un court éphé­mère lors de Roland Garros 2015, derrière le Suzanne Lenglen. Cet événe­ment a été le véri­table point de départ d’une vraie poli­tique spor­tive et écono­mique autour du padel : « Jamais, je n’aurais pensé que cela aurait été possible aussi vite. Ce court a été le déclen­cheur de beau­coup d’initiatives, de prises d’information. En s’installant dans le temple du tennis que repré­sente Roland Garros, le padel a acquis une légi­ti­mité assez folle pour quinze jours de repré­sen­ta­tion » commente Franck Binisti. « Il y a une vraie envie, c’est une réalité, même si le travail de commu­ni­ca­tion doit encore être inten­sifié. Le padel commence juste à être un peu connu, mais pas encore suffi­sam­ment à mon goût. Il faudra du temps mais petit à petit tout se met en place » conclut Franck Binisti.

Dossier padel :

Pourquoi ça va marcher ?

10 ques­tions pour comprendre le padel

GrandChelem n°55 en télé­char­ge­ment gratuit

Retrouvez gratui­te­ment et en inté­gra­lité le numéro 55, le dernier numéro de notre maga­zine GrandChelem… Bonne lecture !