Plus de huit millions de pratiquants, des épreuves toujours plus inventives… Le running est devenu un mode de vie, un exutoire, une drogue pour certains. Mais courir, c’est aussi parfaire sa condition physique et améliorer ses performances. Quel que soit son niveau de tennis, le joueur qui cherche à s’améliorer pratique la course à pied. Alors que la saison de préparation arrive, il semblait logique que GrandChelem se penche sur ce sujet en y apportant de nouveaux éclairages. Le tout, bien sûr, afin d’expliquer un phénomène qui n’est pas prêt de s’arrêter. Alors, oui, courir peut permettre de se construire un physique d’acier. Premier extrait de notre dossier consacré au running avec Paul Quétin.
Préparateur physique de renom, Paul Quétin livre, pour GrandChelem, ses conseils pour gérer son activité de running, afin que celle‐ci soit totalement intégrée et efficace dans sa préparation hivernale.
Quel est le rôle du running dans la préparation d’un joueur de tennis ?
« Si on fait le parallèle avec l’alimentation, le running constitue l’un des ingrédients de la mise en condition physique. Ce n’est pas le seul, mais c’est souvent le plus facile à mettre en œuvre quand on n’a pas beaucoup de matériel ou de temps disponible. Le running peut se pratiquer seul et un peu partout. C’est une activité de base pour qui souhaite se mettre ou se remettre en forme, au même titre que le vélo. »
Pourquoi dites‐vous qu’il s’agit d’une activité « facile » ?
« Il existe toujours des possibilités pour courir, même en ville, car il y a beaucoup de parcs. Aujourd’hui, on observe un développement des centres de fitness. Les gens peuvent trouver du matériel plus large pour le travail aérobie et musculaire : du vélo, des tapis… »
À quelle fréquence conseillez‐vous d’aller courir pour un joueur de tennis ?
« La fréquence du running doit être rapportée au nombre de séquences tennis. Un joueur qui ne joue qu’une fois par semaine, n’a‑t-il pas intérêt d’aller jouer une deuxième fois au tennis plutôt que d’aller courir ? S’il veut progresser, c’est plus intéressant pour lui. Par contre, un joueur qui fait de la compétition et qui s’entraîne deux à trois fois par semaine peut ajouter une séance de running, admettons, en fin de semaine, de 40 à 45 minutes. Cela doit être relativisé selon le gabarit, l’âge… C’est aussi l’avantage de la course : chacun trouve un niveau de course, une durée et une intensité qui lui correspondent. »
- « Il faut courir à une allure où on est bien »
C’est quoi une séance de running pour un joueur de tennis ?
« Dans un premier temps, ce qui est important et essentiel de préciser, c’est qu’il faut courir à une allure où on est bien. C’est le premier repère à donner. On ne doit pas courir à la limite de ses possibilités, tant sur le plan respiratoire que sur le plan de la fréquence cardiaque. Le sportif loisir n’a aucun intérêt à se mettre dans cette situation. Au contraire, on doit privilégier des intensités où l’on est à l’aise. À partir de ce moment, la durée dépend de sa capacité à prolonger. Pour un joueur de tennis, il ne me semble pas heureux d’aller courir plus d’une heure, car il ne s’agit pas de préparer un semi ou un marathon. Celui qui est capable de courir 30, 40 ou 50 minutes, voire une heure, à une allure lente, tranquille, c’est déjà très bien ! »
Vous parliez d’éviter de se mettre dans le rouge. Il y a donc forcément des choses à ne pas faire…
« Pour un joueur, surtout en loisir, il faut éviter la surcharge de séances et les différentes pathologies du genou qui vont avec. Je conseille toujours, quand on a la possibilité d’avoir plusieurs séances dans la semaine, d’alterner les formes d’entraînement : courir, faire du vélo, de la natation… afin d’éviter que le corps soit sollicité dans les mêmes conditions. Évidemment, cela concerne les gens qui manquent d’entraînement. À l’inverse, ceux qui sont affûtés peuvent courir deux à trois fois par semaine sans diminuer le tennis. Cela ne pose aucun problème. Mais j’insiste là‐dessus : une personne de 40 ans, homme ou femme, qui n’est pas à son poids de forme, on ne doit pas l’inciter à courir plusieurs fois par semaine en plus du tennis. Une séance suffit. »
- « Pour un joueur de tennis, il ne s’agit pas de préparer un semi ou un marathon »
Le fractionné est‐il une pratique intéressante ?
« C’est une étape supérieure. Quand on joue au tennis une fois par semaine, cela n’a aucun intérêt. Par contre, dans le cas d’un compétiteur, d’un jeune joueur de 25 ans qui a l’ambition de devenir deuxième série par exemple, cela devient intéressant. Ce joueur peut se rajouter une séance de fractionné dans la semaine, sous forme de : 20 secondes d’effort, 20 secondes de récupération, ou la même chose par 30 secondes. Ce sont des formats assez classiques, mais cela s’adresse à des personnes entraînées ! »
Le running peut donc être considéré comme une activité complémentaire à la pratique du tennis…
« Bien évidemment ! Je conseille simplement de ne pas se mettre en souffrance, de ne pas aller dans le rouge. Le running doit rester un plaisir et il faut le faire à une allure qui nous permet de durer, pas à une vitesse rapide. Cela n’aurait aucun intérêt sur le plan physiologique. »
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Publié le lundi 14 décembre 2015 à 15:30



