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Terra Nadalovica est

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Le dernier numéro de GrandChelem est dispo­nible ! Spécial Roland Garros, 34, le voici pour vos yeux sympathiques…

« La terre est bleue comme une orange. » Oui, car il ne reste plus que la poésie pour chanter l’avènement de la terre. Chaque année, c’est la même rengaine et, pour­tant, la couleur est la même. Paul Eluard, lui, pouvait se permettre les plus grands mouve­ments, des mouve­ments de sens qui peignent l’orange en bleu et la terre en mots que la norme juge­rait incom­pa­tibles. GrandChelem n’a pas cette liberté. GrandChelem n’est pas Eluard. GrandChelem voit la terre ocre, comme les instances inter­na­tio­nales qui ont renvoyé le bleu de Tiriac dans son pot de pein­ture. Mais cet ocre, entre nous… il est déjà très beau, non ? Parfois clair, parfois profond, parfois lisse, parfois creusé, parfois piqueté et parfois bour­relé. L’ocre est en lui‐même nuancé par ses peintres du quoti­dien. Ces peintres, qui sont‐ils ? Non, pas le clas­sique Raphaël ou le Hongrois Aba‐Novak, mais Novak et Rafael, Djokovic et Nadal. Dans l’exposition annuelle du stade Roland Garros, s’il ne fallait en retenir que deux, ce serait eux. Les deux meilleurs joueurs du monde sur terre battue. A tel point que l’organisation du Grand Chelem pari­sien s’est posé la ques­tion, un temps, de surclasser Nadal pour l’attribution de ses têtes de série, quitte à déclasser ou Ferrer, ou Murray. Une manière de consa­crer l’opposition hispano‐serbe comme le chef d’œuvre du tennis et de ses coups de pinceaux tel qu’ils sont prati­qués et donnés aujourd’hui. A ce jeu‐là, lequel de ces deux va réaliser la plus belle créa­tion ? Rafa, septuple vain­queur, ou Nole, numéro un mondial et préten­dant au Grand Chelem en carrière ? Le Serbe se la jouera‐t‐il Ibère le temps d’une quin­zaine et breaker le Majorquin sur son propre terrain ? Et chanter un bel hymne à la terre, en Français s’il vous plaît, main­te­nant qu’il connaît la langue de Molière : « Tu as toutes les joies solaires/Tout le soleil sur la terre/Sur les chemins de ta beauté. » Ah non ! n’en deman­dons pas trop non plus. Un simple « merci à tous » suffira. Et nous irons, sans tran­si­tion, nous vautrer « sur l’herbe » de Vert‐laine.