Tout sourire, Marion Bartoli évoque sa victoire sur Serena Williams. La Française est fière d’avoir su tenir le choc mentalement. Elle pense déjà à la suite.
Marion, vos impressions sur ce match ?
Battre Serena Williams en Grand Chelem, c’est un moment extrêmement particulier. Je crois qu’aujourd’hui j’ai vraiment fait un très bon match. Il y avait beaucoup d’intensité, elle servait extrêmement bien. J’ai eu l’impression d’avoir beaucoup d’occasions sur son service mais à chaque fois, elle faisait un ace ou un service inretournable. Ça a été très dur mentalement d’arriver à garder son service sans arrêt, surtout au deuxième set. Puis quand j’ai ces 3 balles de match, que je n’arrive pas à finir, ça été encore plus dur. Mais je crois que d’avoir eu ces matches difficiles en première semaine m’a aidée mentalement à passer le cap aujourd’hui.
C’est la marque de fabrique de Serena de sauver des balles de match. Mais d’habitude, elle gagne ensuite !
Je sais ! (Rires) J’ai pensé à ça en plus pendant le match ! Je me disais « Bon, combien de fois j’ai vu Serena à la télé sauver des balles de match, gagner le deuxième et mettre 6–0 au troisième derrière ! » Et puis je me suis dit que ça n’allait quand même pas m’arriver, que ce n’était pas possible. Mais ça m’a vraiment traversé l’esprit quand j’ai perdu ce jeu de service à 6–5. Mais très vite je me suis dit « Tu fais comme si tu n’avais pas breaké Serena à 5–5 et que tu avais gardé ton jeu de service derrière. Maintenant c’est tie‐break, balle au centre ».
Comment expliquez‐vous votre victoire ?
J’ai très bien servi, à l’image de la balle de match où je finis quasiment sur un ace. Mes coups du fond partaient très très bien. J’avais l’impression de frapper plus fort qu’elle du fond. Alors je ne sais pas si c’était la réalité, mais la balle sortait très bien de la raquette. C’est vrai que d’arriver à produire ce genre de match, à ce stade de la compétition, contre Serena Williams, ce sont des sensations exceptionnelles à vivre. Mais je rejoue demain un autre match. Donc il faut très vite redescendre les pieds sur terre. C’est vraiment ce qui est difficile en tennis, c’est qu’on n’a pas le temps d’apprécier ce genre de victoires. Le tournoi continue et il faut se remettre dedans.
Vous vous rendez compte de ce que Serena pèse dans le tennis féminin ? Avec tous ses Grands Chelems ?
Oui je sais, tous ces Grands Chelems, le Serena Slam… Vous savez, quand on est de l’autre côté du filet contre Serena, on essaie de ne pas trop penser à tout ce qu’elle a fait avant parce que sinon, on ne va même pas sur le court. A un moment donné, c’est moi qui menait, c’est quand même moi qui produisait du bon tennis aussi. Si j’en étais à ce niveau‐là du match c’est que je le méritais. Honnêtement, quand je lui serre la main, je ne réalise pas que je viens de gagner le match.
Après vos premiers tours difficiles, c’est une très belle victoire…
Franchement samedi quand je me suis levée, j’étais vraiment malade. J’avais de la fièvre. Je ne sais pas si on s’est rendu compte à quel point j’étais mal, mais vraiment, d’arriver à tenir 3h30 sur le court dans des conditions pareilles (Ndlr, contre Flavia Pennetta), c’était vraiment dur. Et aujourd’hui je me sentais quand même mieux ! Ca m’a aidée à être un peu plus calme.
Que vous ont dit vos parents ?
Mon papa m’a dit que j’avais géré mon match comme une championne (Sourire). Je ne sais pas si c’est la réalité ou pas. Et puis ma maman était bien sûr très fière de moi. Mais ce que je trouve vraiment sympa c’est que l’agent de Serena que je connais depuis longtemps est venu me dire à la fin du match que c’était vraiment une performance exceptionnelle. Bien sûr, d’avoir la reconnaissance de mes parents, ça me touche, c’est évident. Mais quand on est parent, on juge son enfant de façon différente. Mais d’avoir la reconnaissance des gens de l’extérieur et surtout du box de Serena, ça me touche.
Publié le lundi 27 juin 2011 à 19:26



