Wimbledon
Djokovic toujours debout !

Incroyable ! Novak Djokovic, malmené comme rarement, se qualifie pour la finale de Wimbledon en sortant Grigor Dimitrov, 6-4 3-6 7-6(2) 7-6(7). Le Serbe a écarté trois balles de deux manches partout et a affiché un niveau de jeu variable, commettant parfois des fautes grossières. Toujours est-il qu'il disputera la 14ème finale de sa carrière en Grand Chelem face à Roger Federer ou Milos Raonic.


Seule la victoire est belle. Ce soir, Novak Djokovic s'endormira probablement avec ces quelques mots lui trottant dans la tête. Et ne retiendra que l'essentiel : il est en finale de Wimbledon. Une performance en soi exceptionnelle.

Exceptionnelle, sa prestation du jour ne l'est pas. Pas du tout. Car Novak Djokovic a éprouvé les plus grandes difficultés face à Grigor Dimitrov en demi-finale. Le Serbe avait pourtant bien commencé, plus constant dans tous les secteurs du jeu et très solide au service. Et puis, patatra... Tout s'est déréglé. Ou, plutôt, Grigor, lui, s'est réglé. Constatant que la filière longue ne lui convenait pas forcément, le Bulgare opte pour des montées au filet régulières. Et joue du slice, en revers, un slice vicieux, à la rotation supérieure à 3000 tours/minute selon les statistiques, qui ne laisse aucun angle à Djokovic. Et le perturbe, au point qu'il se mette à donner point sur point. Et voilà les deux joueurs dos à dos 6-4 3-6.

Djokovic avait pourtant bien débuté...


Nole n'est pas numéro deux mondial pour rien : il sait s'adapter quand ça va mal. Alors, lui aussi, décide de monter à la volée pour s'offrir de nouvelles solutions. Des solutions payantes qui lui permettent de s'affirmer sur ses mises en jeu. Mais ne dissipent pas son malaise. Car oui, ce Djokovic-là n'est vraiment pas en forme. Il chute régulièrement, il râle énormément... Contraint de changer de chaussures, il pêche dans la mobilité sur les petits pas d'ajustement. Et se fait crucifier par un Dimitrov bien plus saignant, seulement rattrapé, de temps en temps, par des bouffées d'inconstance. Et pourtant, dans le jeu décisif, c'est l'expérience qui prime. Nole se détache rapidement, profite de quelques cadeaux, ne laisse rien passer... et reprend l'avantage, miraculé après avoir été dominé tout au long de la partie. 6-4 3-6 7-6(2) en 3h02.

... mais son jeu s'est peu à peu délité


Un avantage, et un nouveau souffle pour le Serbe ? C'est l'impression qu'il donne en début de quatrième manche, breakant rapidement son adversaire, bénéficiant de trois doubles fautes et une grosse erreur en coup droit. Mais non. Il était écrit que rien ne serait simple pour le vainqueur de l'édition 2011. Débreaké dans la foulée, il doit s'arracher à chaque jeu pour se maintenir à flot. Dimitrov semble prendre le dessus, même s'il mange le gazon à plusieurs reprises, un gazon traitre qui aura fait tomber les deux joueurs tout au long de la partie. Mais le prodige bulgare rate sa seule occasion de break et manque le coche sur les jeux de services adverses, des jeux souvent accrochés. Tie-break, à nouveau. Grigor se détache, se procure trois balles de deux manches partout... mais concède une deuxième balle de match sur une nouvelle glissade. Elle lui sera fatale. Novak Djokovic s'impose 6-4 3-6 7-6(2) 7-6(7).

Le natif de Belgrade est en finale. Mais il ne se fait pas d'illusions sur sa prestation au micro de la BBC : "Cela a été un match difficile contre un super joueur (Grigor Dimitrov). Je suis juste super content d'être à nouveau en finale ici, et très soulagé. Ca a vraiment été dur tout au long du match." Ajoutant : "C'est une très belle victoire pour moi." On vous l'a dit : seule la victoire est belle. C'est aussi ça, faire partie des meilleurs joueurs du monde. Savoir gagner quand rien ne laisse supposer la victoire possible.