C’est le grand jour pour Kirsten Flipkens et Marion Bartoli. A Wimbledon, la Française et la Belge vont se disputer le droit de jouer une finale de Grand Chelem. Un immense moment pour chacune d’entre elles.
Kirsten Flipkens, pour la Dernière Heure : « J’ai un peu mal au genou, mais avec l’adrénaline, cela ne devrait pas poser de problème. Je ne sais pas grand‐chose de Bartoli, si ce n’est qu’elle joue tous ses coups à deux mains et frappe très fort dans la balle. Je ne l’ai pas souvent vue à l’œuvre car je ne raffole pas de son style de jeu. Elle a plus d’expérience parce qu’elle a déjà disputé une finale du Grand Chelem, après avoir battu Justine (Henin). Mais bon, je n’ai rien à perdre. Je vais faire 100 % mon possible et me battre jusqu’à ce que je tombe… »
Marion Bartoli, en conférence de presse : « Si Kirsten en est là, c’est qu’elle a fait d’excellents matches. C’est vrai qu’elle est moins bien classée que moi, mais elle est dangereuse. […] Je sais que si elle arrive insouciante, sur sa lancée, elle peut ne pas prendre conscience de l’évènement, réussir un super match et me sortir. Je vais me battre sur tous les points pour aller chercher ce match car elle ne me le donnera pas. Lisicki, Radwanska, Flipkens et moi‐même, on sait qu’on a toutes une chance de l’emporter. Mais je vais rester concentrée sur chaque point et éviter de me projeter trop loin. »
Une première dont elles se souviendront ! Oui, car Marion Bartoli et Kirsten Flipkens ne se sont jamais affrontées jusqu’à présent sur le circuit. Une petite anomalie qui sera réparée tout à l’heure, ces deux filles étant sensiblement de la même génération. Mais les aléas des blessures et de leur progression – côté « Flipper » – ne leur ont pas permis de se rencontrer avant ce 4 juillet 2013. Ainsi, pas d’éléments passés pour se projeter ou analyser.
Néanmoins, Marion Bartoli part favorite. La Française est présente dans le top 20 depuis six ans. Egalement dans le top 10 durant plusieurs saisons – elle en sort à peine et va y retourner -, elle a déjà joué deux demi‐finales de Grand Chelem. L’une remporté, on le sait, ici‐même, à Londres, en 2007 ; l’autre perdue à Roland Garros, en 2011. L’expérience est clairement de son côté, face à une adversaire, 20ème mondiale, qui avait débuté la saison en‐dehors du top 50 et qui, mi‐juin 2012, pointait au 262ème rang mondial. Marion le confirme au micro de Canal+, elle va s’appuyer sur ces moments déjà vécus et sait comment gérer l’événement : « Avoir déjà joué une demi‐finale ici, ça va forcément m’aider. A mon sens, le plus important dans ce type de situation, c’est la manière dont vous gérez l’entre deux tours. C’est vraiment très important de ne pas se disperser, de ne pas trop dépenser d’énergie à l’entraînement, de ne pas trop écouter les félicitations. De se concentrer, parce que, moi, je n’ai qu’un objectif en tête : faire mieux. Je ne pense qu’à gagner. »
Bartoli est ultra‐concentrée
Flipkens, de son côté, risque d’avoir déjà joué son match… Pour la Dernière Heure, elle confie son bonheur : « J’étais heureuse de me réveiller ce matin (hier) et de constater que j’étais toujours dans le monde réel. […] C’est incroyable ! C’est presque risible… […] Peut‐être que j’ai commencé à comprendre ce qui était important dans la vie. À relativiser les choses. Il y a pire que de perdre un match de tennis. Je profite de chaque instant ici. […] Si je peux gagner Wimbledon ? Je n’y pense pas. J’ai déjà réalisé mon rêve. » Une déclaration compréhensible et émouvante, mais qui semble à des lieux des propos de Marion, qui, elle, parlait déjà de concentration à l’issue de son quart. Flipkens est peut‐être un peu fraîche à ce niveau pour pouvoir espérer continuer sur la même dynamique. Pis, il ne faudrait pas qu’elle ait consumé trop d’énergie et ce fameux influx nerveux à l’issue de sa très belle victoire sur Petra Kvitova, en trois sets, en quart de finale. C’est souvent qui arrive dans ces situations – ce Wimbledon nous l’a encore prouvé.
Mais attention, néanmoins… L’enthousiasme que Flipkens partage peut également la porter à accomplir les plus grands exploits tennistiques. Chez les garçons, Tsonga et Verdasco pourraient vous en parler – même si les situations sont assez différentes. La Belge n’est pas ici par hasard : non seulement elle est 20ème mondiale, non seulement elle vit un Wimbledon géré de main de maître, mais elle surfe surtout sur une dynamique de résultats positifs depuis un an. Finaliste à Den Bosch, elle a aussi atteint les quarts de finale à Miami cette année – battant au passage une certaine Kvitova -, ainsi que les huitièmes de finale à Melbourne. Malgré une saison sur terre complètement ratée, elle a d’ores‐et‐déjà retrouvé toute confiance en son jeu au cours de ces deux semaines londoniennes. Cette joueuse d’1m65, qui bénéficie du soutien et des conseils de Kim Clijsters, peut clairement poser des problèmes à Marion Bartoli avec son jeu complet, intelligent, varié. Elle va contraindre Marion à prendre des risques – encore que la Française n’ait pas vraiment besoin d’être encouragée dans cette filière – et bien gérer ses slices.
Mais on ne peut s’empêcher de penser que Bartoli n’a pas le droit à l’erreur… Dans une saison pour le moment ratée, elle a retrouvé de brillantes couleurs sur le gazon de Wimbledon. Un peu par hasard, un peu par chance, un peu parce que le travail paie toujours, la voici en demi‐finale de son tournoi fétiche. Maria Sharapova et Petra Kvitova ont été évitées. Reste Flipkens et la possibilité d’une finale à sa portée – même si l’on connaît son passif très négatif face à la Miss Radwanska. Une occasion en or qu’elle se doit de saisir. Un peu comme un retour gagnant sur deuxième balle adverse. Allez, Marion !
A partir de 14h00.
Victoire de Marion Bartoli : 1,48 ; victoire de Kirsten Flipkens : 2,10.
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Publié le jeudi 4 juillet 2013 à 11:00



