Accueil Wimbledon

« Ce qu’Auger-Aliassime a dit me semble très grave, car il laisse entendre que Davidovich Fokina a triché », dénonce José Moron

899

« Si tu es grave­ment blessé, alors tu aban­donnes. Mais inter­rompre le match pour appeler le kiné, ça me semble être une règle honteuse. Je ne connais aucun autre sport où l’on puisse faire ça. Je le dis sérieu­se­ment. C’est une règle honteuse », a lâché Felix Auger‐Aliassime après sa victoire contre Alejandro Davidovich Fokina (6–7[4], 7–6[6], 6–3, 6–7[2], 6–1).

À l’origine de sa frus­tra­tion, un épisode clé de la rencontre. Alors qu’il menait 5–3 dans le quatrième set et dispo­sait de deux balles de match sur le service de l’Espagnol, ce dernier s’est tordu la cheville. Après une longue inter­rup­tion, Auger‐Aliassime s’est fait débreaker dans la foulée avant de perdre le set au jeu décisif. Sans consé­quence, toute­fois, puisque le Canadien a rapi­de­ment remis les pendules à l’heure avec un 6–1 dans l’ultime manche. 

Le jour­na­liste espa­gnol José Moron, suivi par près de 100 000 personnes sur X, a défendu Davidovich Fokina et critiqué les décla­ra­tions d’Auger‐Aliassime.

« Ce qu’Auger-Aliassime dit ici me semble très grave, car il laisse entendre que Fokina a triché. Si l’on se réfère au règle­ment, celui‐ci stipule qu’un joueur ne peut pas rece­voir de soins en cours de jeu, SAUF : En cas de problème de santé grave mettant en danger la santé du joueur. En d’autres termes, c’est l’arbitre de chaise et le kiné­si­thé­ra­peute qui déter­minent si le joueur doit rece­voir des soins médi­caux. Fokina a eu l’au­to­ri­sa­tion. Felix reproche aux joueurs de pouvoir abuser de cette règle, mais quel intérêt aurait eu Fokina à inter­rompre le match alors qu’il était mené 15–40 et qu’il avait deux balles de match contre lui ? Je compren­drais si c’était l’inverse et que c’était Félix qui menait 40–15 pour remporter le jeu. Il sous‐entend que Davidovich a triché et qu’il a « simulé » ou exagéré sa bles­sure. Lui‐même, un jour, pour­rait subir une bles­sure grave en plein jeu et vouloir être soigné. Ce dont il se plaint aujourd’hui pour­rait bien lui être utile demain. Fokina n’est pas respon­sable de sa bles­sure, c’est pour­quoi je pense qu’il a tort de diriger ses reproches vers lui. »

A propos de l’auteur

Baptiste Mulatier

Accro au sport depuis toujours, Baptiste Mulatier s’est natu­rel­le­ment tourné vers le jour­na­lisme pour raconter les histoires qui le font vibrer. Au fil de sa forma­tion, il a colla­boré avec plusieurs médias, parmi lesquels Le 10 Sport, La Provence, Sport Buzz Business ou encore Foot01, avant de rejoindre We Love Tennis en 2020. Cette même année, il couvre son premier Roland‐Garros, une édition très parti­cu­lière disputée à l’automne en raison de la pandémie. Une expé­rience fonda­trice, point de départ d’une belle aven­ture qui se pour­suit désor­mais depuis six ans.