Novak Djokovic a tremblé. Novak Djokovic a douté. Mais finalement Novak Djokovic s’est imposé au terme d’un combat de titan face à Juan Martin del Potro 7–5 4–6 7–6(2) 6–7(6) 6–3 en 4h49’.
Qui aurait cru Juan Martin del Potro capable de faire douter le numéro un mondial de la sorte ? Plus qu’un test, cette demi‐finale fût une épreuve, que dis‐je, un combat de titan pour Novak Djokovic. Tel un survivant, il se dresse, stoïque, sur le Center Court. Sur un dernier revers gagnant, le Serbe se qualifie pour sa deuxième finale à Wimbledon. Au terme d’un match épique !
A l’instar de sa demi‐finale dantesque face à Rafael Nadal à Roland Garros, cette nouvelle demie restera sans doute dans les annales. Opposé à Juan Martin del Potro, le match s’annonçait compliqué pour le numéro un mondial. Leur unique confrontation sur gazon avait vu l’Argentin sortir vainqueur lors des Jeux Olympiques l’année dernière. Pourtant il était impérial depuis le début de la quinzaine. Il n’a laissé aucune chance à tous ses adversaires, donné une leçon à Tomas Berdych en quart de finale. Del Potro s’avançait donc face au Serbe sans trop de pression.
Et c’est sans pression que l’Argentin est entré dans son match. Très performant au service, il ne laisse aucune chance à Djoko… Qui le lui rend bien ! Personne ne laisse sa mise en jeu. Dans un combat de frappeur de fond de court c’est finalement le Serbe qui prend l’avantage en breakant à 6–5, remportant par la même occasion le premier set. Là où beaucoup de joueurs auraient capitulé, Del Potro montre qu’il en a encore sous la pédale. Il se remobilise instantanément et reprend sa marche en avant. Il convertit même son unique balle de break de la seconde manche pour finalement égaliser : 7–5 4–6.
Un match d’une intensité rare… Del Potro frappe comme un sourd, certains de ses coups droits ont même été flashés jusqu’à 193km/h ! Djokovic, impérial en défense comme souvent, on assiste à un rythme soutenu dans l’échange. Echange, bien souvent dicté par l’Argentin. Le troisième set résume d’ailleurs très bien la rencontre. Un match âpre, où chaque point coûte cher. Mais personne n’abandonne et c’est finalement au jeu décisif que la décision doit se faire. Et les tie‐break entre Djokovic et Del Potro tournent bien souvent en la faveur du numéro un mondial : 3/3 avant le début du match. Bis repetita, c’est le Serbe qui s’impose 7 points à 2. La solution est venue du filet. Lorsque Novak monte, il fait mal. Bref, deux manches à une, un jeu décisif vendangé par Juan Martin, on pense alors que les carottes sont cuites… Que nenni !
Pourtant le quatrième set n’est pas un motif de réjouissement pour le numéro 8 mondial. Il se fait breaker à 3–3, mais dans un effort incommensurable, il récupère le service du Serbe dans la foulée. Pour finalement remporter la quatrième manche au jeu décisif ! Grande première pour l’Argentin qui arrive à prendre un tie‐break à Novak Djokovic. Résultat deux manches partout, tout reste possible. Mais c’est surtout physiquement que la différence va se faire. Plus de quatre heures de jeu avant l’entame du cinquième set, c’est dur…
Et c’est plutôt étonnant de voir à quel point Del Potro répond présent. Etonnant lorsque l’on sait à quel point son physique lui a posé problème par le passé. Pourtant il est là. Et il assure le spectacle. Plusieurs rallies conclut de la plus belle des manières grâce à des coups droits qui fusent, d’une pureté sans égale. Car il est clair désormais, si quelqu’un en doutait, que l’Argentin possède le plus beau coup droit du circuit. Mais Djokovic n’est pas numéro un mondial pour rien. Après un combat d’Hommes, de vrais, c’est le Serbe qui arrive à faire la différence à 4–3. Au moment de conclure, il ne tergiverse pas et met un point final à une demie qui aura été d’une intensité rare… 7–5 4–6 7–6(2) 6–7(6) 6–3 en 4h49’.
Mais bravo ! Grand bravo aux deux joueurs. Le vainqueur comme le perdant, pour nous avoir fait vivre – sans doute – le plus beau match de ce tournoi jusqu’à présent. Quant à Novak, il tentera de conquérir sa deuxième couronne après son sacre en 2011, face à Andy Murray, où Jerzy Janowicz…
Publié le vendredi 5 juillet 2013 à 19:28



