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Faut‐il croire en Monfils ?

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Décevant à Roland, éliminé d’entrée au Queen’s, Gaël Monfils inquiète à quelques jours de Wimbledon. Que peut‐on vrai­ment attendre du Parisien à Londres ?

« En ce moment, je vis une période très dure. Tout s’accumule. Déjà que je ne me déplace pas très bien sur cette surface, je me suis en plus blessé au genou dès mon premier service. Je me suis accroché mais j’ai l’impression de ne pas voir le bout du tunnel. Je ne me plains pas, mais c’est dur… ».Après sa défaite au premier tour du Queen’s face à Schuettler, Gaël Monfils avait « craqué » dans les colonnes de L’Equipe. Retombé au 20ème rang mondial, le joueur recon­nais­sait traverser une très mauvaise passe. Depuis février à Johannesburg, Gaël n’a plus atteint le dernier carré d’un tournoi. Un constat qui pour­rait ne pas être préoc­cu­pant, s’il n’était pas accom­pagné d’une évidente baisse de forme. Fréquemment gêné physi­que­ment, la Monf’ peine à retrouver son meilleur niveau. 

Trop incons­tant, le Parisien est capable d’éclairs de génie comme de ratés incroyables. Démonstration en a encore été faite aujourd’hui. Monfils était en lice au Boodles Challenge, tournoi exhi­bi­tion destiné à préparer Wimbledon. Opposé à l’Allemand Nicolas Kiefer, Gaël s’est certes imposé, 7–5, 6–3. Mais il a encore montré ce double visage qui le rend parfois si dérou­tant. Le premier set a été d’un niveau parti­cu­liè­re­ment faible, Gaël comme son adver­saire multi­pliant les fautes directes. Le Français s’est d’ailleurs montré parti­cu­liè­re­ment irrité, grati­fiant à l’issue d’un énième coup raté l’au­dience d’un  » La put… de ta …! » très révé­la­teur de sa frus­tra­tion actuelle. Profitant des erre­ments de l’Allemand, Gaël a progres­si­ve­ment tota­le­ment changé de visage. Il a parfois montré des gestes de grande classe, et s’est appuyé sur un service retrouvé. En même temps que son tennis, le Français récu­pé­rait sa hargne et son sourire.

C’est-ce Gaël là que l’on aime­rait voir à Wimbledon. Contrairement à Roland Garros, le Français n’aura pas de pres­sion à Londres. Il n’évo­luera pas devant un public qui attend monts et merveilles de sa part, n’aura pas non plus de points à défendre puisqu’il n’a plus parti­cipé au tournoi depuis 2007. D’autre part, sa meilleure perfor­mance est large­ment perfec­tible puisqu’il n’a jamais dépassé le 3ème tour. Dans ces conditions‐là, et s’il est épargné physi­que­ment, Monfils pour­rait – peut être – être la bonne surprise de ce tournoi côté fran­çais. A lui de s’en donner les moyens…

A propos de l’auteur

Fabien Gauvin

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.