Accueil Wimbledon

Federer, atten­tion à la chute ?

76

Battu en cinq manches par Kevin Anderson après avoir obtenu une balle de match au cours d’un duel épique (2−6, 6–7(5), 7–5, 6–4, 13–11), Roger Federer a eu une atti­tude qu’on ne lui avait pas connue depuis long­temps. Analyse (extrait de GrandChelem 65).

Dans une chro­nique sans conces­sions pour le quoti­dien suisse Le Temps, Marc Rosset ne mâche pas ses mots pour évoquer la défaite de son compa­triote : « En 2017, il est revenu comme le chal­lenger, l’outisder et cela lui a fait un bien fou car, pour la première fois depuis quinze ans, il n’était plus celui qui devait abso­lu­ment gagner. Les victoires se sont enchaî­nées et, un an plus tard, il est rede­venu numéro 1 mondial. Mais il a perdu quelque chose en route : il est devenu plus gestion­naire. » Un constat que partage notre consul­tant helvète Cyril Cornu : « Cette élimi­na­tion met en pers­pec­tive une chose, c’est le niveau de tennis incroyable que Roger prati­quait la saison dernière. Il était arrivé frais sans savoir s’il allait retrouver son statut.

« Il a perdu quelque chose en route : il est devenu plus gestionnaire »

Cette peur l’a obligé à créer, entre­prendre, à donner le meilleur de lui‐même sans penser aux risques. Là, contre Anderson, cela a été tout le contraire, il a presque subi et surtout, il ne s’est jamais vrai­ment révolté, cela me rappelle des souve­nirs. » Ce que Roger Federer ne nie pas : « Aujourd’hui, peut‐être est‐ce parce qu’il a trop bien servi ou parce que je n’ai pas sorti des coups extra­or­di­naires dans les moments déli­cats. J’aurais aimé pouvoir plus le pousser à faire à son tour des trucs extra­or­di­naires. Il a très bien joué mais je pense ne pas l’avoir assez poussé. C’est pour cela que je ne mérite pas de gagner. J’avais une mauvaise impres­sion. Ce n’est pas comme si c’était nouveau. J’avais déjà ressenti cela aupa­ra­vant, lors de pas mal de matchs semblables à celui‐ci. » Visiblement, le mal est donc connu. Espérons que cette remise en ques­tion permettra au Suisse d’être à nouveau perfor­mant sur les courts de la tournée améri­caine pour arriver en forme à l’US Open où il aura natu­rel­le­ment une carte à jouer.

Retrouvez gratui­te­ment et en inté­gra­lité le numéro 65, le dernier numéro de notre maga­zine GrandChelem… Bonne lecture !

A propos de l’auteur

Laurent Trupiano

Laurent Trupiano est jour­na­liste depuis plus de 25 ans, il a travaillé pour divers médias (Le Parisien, Le Point, Radio France), il a été le co‐fondateur de Sport24.com. En 2007, il a créé le maga­zine We Love Tennis et lancé le site Welovetennis.fr en 2013. Aujourd’hui, il est le direc­teur de la rédac­tion des deux supports.