Conférence de presse très « gazon » pour Roger Federer, hier, après sa victoire 6–1 6–1 6–3 face à Paolo Lorenzi à Wimbledon. Le Suisse s’est exprimé au sujet de cette surface si particulière… Et de la difficulté de monter au filet aujourd’hui.
Comment ça s’est passé face à Lorenzi, Roger ?
J’ai réussi à breaker dans les trois sets sur mes tout premiers jeux de retour. A partir de là, j’ai toujours mené au score. C’est forcément plus facile de jouer dans ces conditions. Derrière, j’ai été capable de breaker plusieurs fois. C’était un match solide dans l’ensemble. J’ai bien servi, j’ai bien retourné, j’ai essayé de monter au filet. Je pouvais vraiment tenter beaucoup de choses, donc je suis très satisfait de ce premier tour.
Tu dis que tu as essayé d’aller à la volée… à quel point c’est difficile de monter au filet aujourd’hui ? La surface est vraiment plus lente qu’avant ?
Ce qu’il y a aussi, c’est que les gars retournent un peu mieux de nos jours. Mais c’est vrai que la surface est aussi un peu plus lente aujourd’hui. C’est un peu des deux. Auparavant, les joueurs montaient énormément. En face, vous ne vouliez pas vraiment vous retrouver à tenter des passing‐shots durant cinq sets. Donc vous montiez aussi naturellement, plutôt que de subir en permanence. Mais, à partir du moment où les gars se sont mis à chercher le rallye avant tout, on a eu tendance à aller dans le même sens parce que c’est plus confortable. C’est sympa de rester au fond, de servir, d’attendre et de frapper un gros coup droit. La semaine dernière, j’ai essayé de faire service‐volée à Halle. Mais là‐bas aussi, la surface est plus lente. J’ai dû me réajuster et voir contre qui ça pouvait fonctionner, contre qui il fallait le tenter. Donc c’était un bon premier match pour moi, pour jauger à quel point je peux le tenter cette quinzaine.
Que penses‐tu de l’allongement de la saison sur gazon l’année prochaine ?
Cela va être positif sur de nombreux plans. On va peut‐être voir de meilleurs joueurs de gazon. Qui sait, peut‐être verrons‐nous apparaître tout à coup plus de services‐volées parce que les gens vont passer plus de temps sur cette surface… Cela n’arrivera pas tout de suite, mais dans une période de cinq à dix ans, il y aura peut‐être du changement. Ceux qui aiment vraiment le gazon pourront peut‐être jouer trois, quatre ou cinq tournois d’affilée, c’est super. Vraiment, cette semaine supplémentaire est une bonne chose. Roland Garros et Wimbledon ont toujours été trop rapprochés. Les épreuves entre étaient prises en sandwich. Après Wimbledon, tout le monde retourne sur dur ou terre. Quelques uns vont à Newport, mais bon. Quand on sait que le gazon est la surface traditionnelle du tennis, que, dans le temps, nous avions trois Grands Chelems sur gazon… Les gens l’ont oublié. Alors c’est bien de voir le gazon revenir, plutôt que de le voir disparaître.
Publié le mercredi 25 juin 2014 à 18:13



