Aïe, aïe, aïe, Richard ! Il semblait clair que ce Nick Kyrgios avait tout du jeune joueur piège sur gazon, et l’Australien n’a pas fait mentir ces craintes. Gasquet a fini par s’incliner sur le score de 3–6 6–7(4) 6–4 7–5 10–8. Malgré un match bien en main pendant deux manches, le Biterrois est retombé dans ses travers pour finalement laisser filer l’opportunité d’un troisième tour. Pas terrible !
Neuf. Elles sont au nombre de neuf. Et elles vont salement trotter dans l’esprit de Richard Gasquet pendant un petit moment, voire même hanter ses rêves. Oui, Richard Gasquet s’est incliné face à Nick Kyrgios et ce en s’étant procuré neuf balles de match. Neuf occasions de voir un troisième tour qui n’est à présent plus qu’un mirage. Cela avait pourtant bien débuté pour le Biterrois. Bien en jambes, sérieux, il a pendant deux bonnes heures mis la pression sur son jeune adversaire. Performant tant à la volée qu’en fond de court il a su profiter du manque d’expérience et probablement de la petite tension qui a jusqu’ici pu faire défaut à Kyrgios dans sa jeune carrière malgré son immense talent. Une statistique pour le démontrer ? L’aisance au service et au retour de Richard, qui présente un taux de 80 % de réussite derrière son service dans ces deux premiers sets remportés.
Oui, Kyrgios a de l’avenir
Mais très vite, le Tricolore a dû composer avec une donnée à laquelle il ne s’attendait pas. Plutôt que de baisser le pavillon comme il le faisait auparavant par frustration, Kyrgios a tout d’un coup lâché ses coups et ses services. Plus solide, il s’est arraché pour aller chercher un tie‐break salvateur qui l’a totalement remis dans le rythme de la rencontre. Plus appliqué, sans négliger la puissance dévastatrice de sa frappe de balle, Nick est parvenu à bien gêner un Gaquet dont l’inspiration a fini par lui échapper peu à peu. Comme décontenancé par le réveil de l’Australien, il s’est globalement contenté de remettre dans le court en attendant la faute… qui est arrivée de moins en moins souvent. Pourtant, le numéro 1 français a excellemment bien servi durant la rencontre (76 % de points pris derrière sa première balle, 27 aces), n’étant que peu à blâmer de ce côté‐là. Mais dans ce match où les protagonistes ont frappé deux à trois fois plus de coups gagnants que de fautes directes (76 pour Richard et 86 pour Kyrgios), c’est bien le plus régulier et le plus joueur qui a su prendre le dessus au meilleur des moments. Sur un jeu blanc, Nick Kyrgios a parachevé ce qui figure à présent comme sa plus grosse victoire sur le circuit. Il lance aussi un signal fort à un autre jeune, Jiri Vesely, qu’il rencontrera au tour suivant.
Le coq a du plomb dans l’aile
La situation est à peu près simple et un peu décevante. Alors que l’on s’attendait à un possible duel entre compatriotes au troisième tour avec Gaël Monfils et Richard Gasquet, c’est au final la nouvelle génération qui a décidé de prendre le pas sur le drapeau bleu‐blanc‐rouge. Même si on s’attendait vu ses difficultés sur la surface à la sortie de route de la Monf’, on imaginait quand même pas Richie se prend les pieds dans le gazon où il avait atteint sa première demi‐finale de Grand Chelem en 2007. Ce gazon, d’ailleurs, est à présent terminé, et il faudra se préparer au plus vite pour une tournée nord‐américaine estivale où Richard va avoir beaucoup à défendre avec un quart à Montréal et surtout une demie à l’US Open. Advienne que pourra…
Publié le jeudi 26 juin 2014 à 16:39



