Jo‐Wilfried Tsonga dispute pour la première fois de sa carrière un quart de finale à Wimbledon. Le Manceau sera opposé à Andy Murray sur le mythique Centre Court. Un court qu’il n’a encore jamais foulé.
Jouer un quart de finale dans le temple du tennis n’est pas une expérience commune. Surtout lorsque l’on a en face de soi le chouchou, le véritable protégé du public britannique. J’ai nommé Andy Murray, numéro 4 mondial, déjà deux fois finaliste en Grand Chelem, fin tacticien, grand relanceur, excellent contreur et grand spécialiste du jeu sur gazon. Autant dire que la tâche du Tricolore ne sera pas aisée. Dominer Andy Murray n’est déjà pas une mince affaire, le faire sur ses terres l’est encore moins. Seuls Nadal et Roddick ont pu stopper le Britannique lors de deux dernières éditions de Wimbledon. Alors, Tsonga a‑t‐il les moyens de faire chuter Sir Andy Murray ?
Probablement oui. Parce qu’il a déjà battu l’Ecossais lors de leur seul affrontement en Grand Chelem (Open d’Australie 2008, 1er tour). Parce qu’il est dans la peau de l’outsider, celui qui n’a rien à perdre, à la différence de son adversaire qui doit supporter les attentes de tous les Britanniques. Parce qu’il adore ces moments‐là, ces matches chauds joués dans une ambiance électrique. « C’est pour ça que je joue au tennis » dit‐il. Ensuite parce qu’il est intimement persuadé qu’il peut le faire. Et surtout parce qu’il sait qu’aller au bout d’un tournoi du Grand Chelem, son objectif ultime, passe par ce genre de victoires. « On n’est pas là pour faire un deuxième ou un troisième tour. On est là car on a envie d’être le meilleur, d’aller jusqu’au bout. Ce sont ces moments‐là qui sont les plus excitants et les plus attractifs. »
Mais attention. En face, Andy Murray se présente avec des ambitions incroyablement élevées. Lui qui n’a toujours pas perdu un set depuis le début du tournoi arrive lancé en quart de finale. Il reste sur deux victoires d’affilée face à Jo‐Wilfried Tsonga et sait qu’il pourra compter sur le soutien du public qui peut se révéler bien moins sage qu’il n’y parait (en témoigne ce huitième de finale de folie face à Richard Gasquet en 2008 où le public était devenu « crazy »). Sûr de lui, bien dans son tennis, Murray ne sera pas facile à déboulonner. Pour espérer le faire craquer, Tsonga devra le mettre sous pression dès les premiers échanges, l’empêcher de développer son jeu déboussolant. « Andy voit tout sur le terrain » confiait Jo. « Il ne faut pas lui laisser de faille. Je vais faire en sorte qu’il ne puisse pas lire mon jeu. »
Demi‐finaliste à l’Open d’Australie, huitième‐de‐finaliste à Roland Garros et pour l’heure quart‐finaliste à Wimbledon, Jo‐Wilfried Tsonga réussit une belle saison en Grand Chelem. Atteindre pour la deuxième fois de l’année le dernier carré d’un majeur serait une performance tout à fait remarquable. Elle permettrait également au Français de s’offrir, peut‐être, une deuxième demi‐finale de Grand Chelem face à Rafael Nadal après Melbourne 2008. Mais d’ici là, le chemin est encore bien long.
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Publié le mardi 29 juin 2010 à 23:49



