En conférence de presse, Andy Murray est longuement revenu sur sa première victoire à Wimbledon. Les émotions ressenties, l’apport d’Ivan Lendl, les doutes traversés avant cette délivrance… Interview vérité.
Andy, lors de votre victoire à l’US Open, vous aviez dit que rien ne serait jamais plus fort émotionnellement. Le pensez‐vous toujours ? Réalisez‐vous que vous venez de gagner Wimbledon ?
J’avais dit aussi que remporter Wimbledon restait le summum du tennis. Le dernier jeu du match n’a fait que renforcer ce sentiment. J’y ai certainement joué les points les plus durs de toute ma vie. Mon esprit partait dans tous les sens et Novak sortait des coups incroyables. C’est pour ça qu’à la fin, je ne savais plus où j’en étais. Je ressentais tellement d’émotions différentes ! Pour vous dire, je ne me souviens même pas de la balle de match. Je ne peux pas croire que j’ai gagné Wimbledon, je n’y arrive pas ! C’est juste fantastique d’avoir gagné, d’avoir partagé ça avec mon équipe parce qu’ils ont vu dans quel état j’étais ici l’an dernier après la défaite.
A quel point ce match a‑t‐il été difficile ?
C’était très dur déjà parce qu’il faisait très chaud et que ça faisait longtemps que je n’avais pas eu à jouer dans ces températures. Les premiers jeux étaient violents : 30 minutes pour faire 4 jeux… Physiquement ce match a été très exigeant. Et mentalement, je peux vous dire que ce dernier jeu aura été le plus dur de toute ma carrière. Généralement on dit que les premiers points sont cruciaux quand on sert pour le match, mais là j’ai gagné les trois premiers et ça a quand même été l’horreur.
Quelle est l’importance d’Ivan Lendl dans votre réussite ? Que vous a‑t‐il dit à la fin du match ?
Qu’il était fier de moi, ce qui veut dire beaucoup venant de lui. Il ne sourit pas beaucoup en public mais quand il est loin de la foule et des caméras c’est quelqu’un de différent. C’est bien d’avoir gagné ici où lui n’a jamais réussi à l’emporter. Même s’il aurait préféré gagner lui‐même je pense sincèrement que me voir l’emporter c’est la deuxième meilleure chose qui pouvait lui arriver. Il a cru en moi quand beaucoup d’autres personnes doutaient et il ne m’a pas lâché malgré les défaites difficiles. Il a été très patient, c’est pourquoi je suis ravi d’avoir réussi ça pour lui. Il m’a fait apprendre de mes défaites, il m’a toujours dit ce qu’il pensait. Quand je travaille dur, il est satisfait. Quand que je ne le fais pas, il me le dit. Il a changé ma mentalité et la façon dont j’aborde les finales en Grand Chelem.
Pouvez‐vous revenir sur toute votre évolution jusqu’à ce titre, et de ce qu’il va changer pour vous ?
J’ai persévéré, c’est vraiment ça l’histoire de ma carrière. J’ai eu des défaites très dures à encaisser mais malgré cela, chaque année j’ai progressé. J’allais de plus en plus loin en Grand Chelem, je continuais d’apprendre et de bosser dur. Certes, j’ai très mal géré quelques défaites mais dernièrement, j’ai vraiment progressé là‐dessus. J’ai eu tellement de pression depuis ces 4 ou 5 dernières années : ça a été beaucoup de stress et les jours avant Wimbledon étaient compliqués. Maintenant ça sera plus facile. On ne se rend pas compte à quel point c’est dur de gagner ces tournois. Je ne me suis pas toujours dit que j’allais y arriver. Là maintenant que je l’ai fait, je n’arrive pas à croire ce qui vient d’arriver. Cela va prendre un moment avant que je réalise.
Publié le dimanche 7 juillet 2013 à 21:31



