Benoît Paire continue sa route à Wimbledon. Au deuxième tour, le Français a battu un valeureux Stéphane Robert, 6–4 7–5 6–4, en 1h40. Le voici en seizièmes de finale… qui peut largement reluquer les quarts.
« C’est quelqu’un qui profite de la vie, qui se régale. J’aime sa joie de vivre. Mais il ne faudra pas négliger le joueur. » En quelques mots dans L’Equipe, Benoît Paire avait tout résumé. A l’attaque de ce deuxième tour face à Stéphane Robert, il lui fallait se montrer sérieux. Et faire en sorte qu’ils soient deux à sortir du court avec le sourire. Car Robert, 33 ans, comme le dit si bien Ben’, déploie son étonnant jeu sur le circuit avant tout pour le plaisir, avec, en tête, la volonté de s’offrir de bons coups. Avoir gagné un match à Wimbledon, lorsqu’on est classé 165ème joueur mondial, c’en est un, satisfaisant et sain. Alors, dans ces conditions, perdre contre Paire, un gros bonnet, ce ne serait qu’une semi‐déception, un tout petit râteau.
Et nous les avons eus, ces sourires de fin de rencontre. Une belle accolade et, même, un grand éclat de rire. Car Benoît Paire a fait preuve de sérieux pour s’imposer 6–4 7–5 6–4, en 1h40. Avec 12 aces et, malgré un pourcentage de premières balles vagabond – 57% -, 69% de points inscrits au service, il n’a pas concédé le moindre break de la partie. Le service, ou la niche – on le sait – de la majeure partie des victoires sur gazon. Pour le reste, ses 37 points gagnants contre 26 fautes directes ont fait la différence. Steph’, lui, n’a pas fait un mauvais match, loin de là, avec 29 « winners » et 27 « unforced errors ». Mais il n’a jamais semblé en mesure de bouger Paire, plus rapide, plus inspiré et plus puissant à chaque accélération. Ne restait qu’à Benoît d’attendre les moments opportuns pour mettre un petit coup de reins, ce qu’il a fait sans trop se disperser, ni tenter, une fois n’est pas coutume, quelques coups improbables.
Mais plus que sa performance, c’est bien le scénario hallucinant de cette journée qui peut donner la pêche à Paire à sa sortie du court. Avec la défaite de Rafael Nadal lundi et le forfait de Steve Darcis aujourd’hui, il affrontera Lukasz Kubot, 130ème à l’ATP, au troisième tour. Danger, certes, mais il l’avait bien maîtrisé à Roland Garros, 7–6(2) 6–2 6–4. Puis retrouverait, en cas de succès, Adrian Mannarino, 111ème, ou Dustin Brown, 189ème, en huitièmes de finale. Même si Brown est un spécialiste et a montré de splendides qualités face à Lleyton Hewitt, Ben’ doit pouvoir le battre au vu de leurs classements. Il serait alors en quarts de finale d’un tournoi du Grand Chelem, au sein du temple du tennis, peut‐être face à Roger Federer, et pourrait s’assurer une place dans le top 20. Un beau décolleté suisse… si tant est qu’il s’évite une déculottée !
Pendant ce temps, Stéphane Robert, lui, est assuré de passer de la 165ème à la 142ème place mondiale, alors qu’il flirtait avec la barre des 300 l’année dernière. Vous voyez, tout le monde est content !
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Publié le mercredi 26 juin 2013 à 16:45



