Trop forte, trop expérimentée, trop puissante, Serena Williams a remporté son 5ème titre à Wimbledon. Tombeuse de la nouvelle numéro 2 mondiale, Agnieszka Radwanska, 6–1 5–7 6–2, l’Américaine a dominé le tournoi londonien de la tête, des épaules…et du bras.
« Mon Dieu, je ne sais pas quoi dire. Je n’arrive pas à croire que j’étais à l’hôpital il y a quelques années et maintenant je suis à nouveau ici. Je ne pouvais même rêver de revenir ici. N’abandonnez jamais ! » L’émotion était grande dans la voix de la championne Américaine après sa victoire. Serena Williams est là où on ne l’attendait plus. 13 ans après son premier titre en Grand Chelem (elle dépasse ainsi Chris Evert et Martina Navratilova), la joueuse aux 14 titres majeurs a signé un retour fracassant après son échec en finale du dernier US Open, bien loin du niveau qu’elle a affiché au cours de cette quinzaine. Car cette victoire, Serena la mérite amplement. Dominatrice de chacune de ses adversaires, dévastatrice sur son service, elle a toujours été élevée au rang de favorite dès ses premiers pas sur le gazon anglais. Avec cette victoire, Serena égale sa soeur Venus au nombre de titres à Wimbledon (5), ce à quoi elle répond avec humour : « J’ai toujours voulu tout ce que Venus avait ». Aux yeux de tous, Serena Williams est une légende du tennis féminin. Elle a révolutionné son sport au niveau physique mais également au niveau du style. Avec Serena Williams, la pseudo‐lenteur prêtée au tennis féminin perd toute crédibilité. Avec son jeu basé sur la puissance, Serena a tout changé. A tel point que même l’illustre John McEnroe est élogieux à son sujet : « Je crois que vous regardez la meilleure joueuse qui n’a jamais exercé ce jeu ». Un hommage avec un grand H.
Dès les premiers échanges, l’Américaine était au‐dessus de la Polonaise. Tardive à l’allumage, Radwanska se faisait breaker à deux reprises et faisait une croix sur la première manche tant Serena impressionnait sur sa mise en jeu. Le premier set accouchait donc sur un raid solitaire presque gênant pour la numéro 3 mondiale qui n’existait quasiment pas de l’autre côté du terrain. 6–1. Fort heureusement, la deuxième manche venait ajouter cette pincée d’orgueil et de folie qui fait les grands matchs, les grands moments, les grandes finales. Rapidement breakée, la Polonaise revenait de nulle part en débreakant à 4–3. Le match se lançait alors véritablement et les deux protagonistes se livraient une magnifique lutte sur leurs jeux de services respectifs. A nouveau solide sur son service, Aga breakait une seconde fois Serena pour empocher le deuxième set 7–5 et relancer le match. Coupable de quelques signes avant‐gardistes d’énervement et de frustration, l’Américaine semblait perdre le contrôle. Un contrôle que Serena allait immédiatement retrouver dans le dernier set en brekant Radwanska à 2–2. Dès lors, elle n’allait plus lâcher le moindre jeu à sa victime et s’envolait vers son 5ème titre de Wimbledon. Cerise sur le gâteau : sur son service pour mener 4–2, elle réussissait un nouvel ace, le 100ème du tournoi, dépassant la barre symbolique et le leader au nombre d’aces chez les Hommes (Philipp Kohlschreiber). Tout un symbole.
La victoire de Serena à Wimbledon aujourd’hui ne souffre d’aucune contestation. L’ancienne numéro 1 est de retour, fait de nouveau peur au circuit, et marque la fin d’une longue galère qui l’a vu mettre sa carrière entre parenthèses, sans certitudes de la reprendre. Le 2 mars 2011, Serena Williams est hospitalisée d’urgence à cause d’un hématome faisant suite à un traitement pour une embolie pulmonaire diagnostiquée quelques jours plus tôt. Elle ne reviendra que 3 mois plus tard et plongera jusqu’à la 175ème place à la WTA. En 2012, Serena revient bien et retrouve la 56ème place mondiale. Après une impressionnante victoire à Madrid où elle terrasse toutes les meilleurs joueuses du monde (Wozniacki, Sharapova et Azarenka en finale), elle doit déclarer forfait peu avant sa demi‐finale contre Na Li à Rome. Eliminée pour la première fois de sa carrière dès le premier tour d’un tournoi du Grand Chelem à Roland Garros face à Virginie Razzano, l’Américaine est tout de même de retour au premier plan. Elle en est consciente. Ses adversaires aussi. A l’issue de sa victoire en terre anglaise, Serena retrouve le top 5 mondial et la 4ème place. A bientôt 31 ans, Serena a retrouvé son tennis flamboyant. Impensable de la voir le perdre avant quelques belles années.
Publié le samedi 7 juillet 2012 à 18:15


