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Serena rugis­sante !

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Serena Williams se qualifie pour la finale du tournoi de Wimbledon en battant Elena Dementieva, 6–7 7–5 8–6, en 2h45 de jeu.

Au terme d’une rencontre extrê­me­ment accro­chée, c’est Serena Williams qui décroche sa cinquième finale à Wimbledon. Les deux joueuses se sont rendues coup pour coup durant près de trois heures, donnant chacune à leur tour, l’im­pres­sion de lâcher menta­le­ment, avant de dominer à nouveau leur vis‐à‐vis. Durant le premier set, Elena Dementieva, dont la grande inconnue était la qualité de service, tient parfai­te­ment le choc face à la numéro deux mondiale. « La clef du match sera de passer un maximum de premiers services afin qu’elle ne puisse pas trop m’agresser », avait prédit la Russe avant la rencontre. C’est exac­te­ment ce qu’elle s’emploie à faire pendant cette première manche, sauvant 3 des 4 balles de break qu’elle concède et volant, dans le même temps, la mise en jeu adverse à une reprise. Avec 9 points gagnants de part et d’autres et 9 fautes directes pour Dementieva, contre 12 à Serena, le jeu décisif qui s’an­nonce alors appa­raît comme une véri­table guerre des nerfs. Guerre des nerfs rempor­tées par Elena, 7 points à 4, confir­mant tout le bien que l’on pensait d’elle et ses capa­cités à déranger son adver­saire du jour.

Serena se rebiffe

La deuxième manche marque le retour de la double vain­queur 2002–2003. Démarrant sur les chapeaux de roues, Serena Williams breake d’en­trée de jeu et s’en­vole à 2–0. L’on pense alors que la diffé­rence est faite sur le plan mental dans ce second set. Mais c’est sans compter sur la hargne d’Elena Dementieva qui débreake rapi­de­ment, fait jouer son adver­saire et lui envoie quelques superbes points gagnants. Les nerfs sont de nouveau mis à rude épreuve, les joueuses se procurent chacune de nombreuses balles de break – 7 pour Dementieva, 4 pour Williams -. Mais au jeu du retour, c’est Serena qui se montre la plus perfor­mante et la plus réaliste : à 5–5, elle en convertit une deuxième, s’en­vole à 6–5 et n’a plus qu’à conclure sur son service. Un set mérité pour l’Américaine, très entre­pre­nante, auteur de 17 points gagnants pour seule­ment 7 fautes directes. 

Un final à suspens

« Je suis sûre que ce sera un match diffi­cile. Un combat pour chaque point, chaque jeu. Nous verrons si je serai à la hauteur », avait déclaré Elena Dementieva avant la rencontre. Le troi­sième set est venu confirmer cette lucide prédic­tion. A l’in­verse de la seconde manche, la Russe prend rapi­de­ment l’as­cen­dant, s’en­vo­lant à 3–1, grâce à des points gagnants d’une rare qualité. Mais, une fois encore, elle se relâche menta­le­ment et laisse son adver­saire recoller au score, à 3–3. Une adver­saire qui, remise sur les bons rails, s’en remet enfin à une première balle perfor­mante. Malgré un faible pour­cen­tage, 52%, elle aura pu compter sur 8 aces durant ce troi­sième set, autant de précieux points gagnés sans effort. C’est le money time. Un money time qui, comme souvent sur le circuit WTA, sourit à l’une des soeurs Williams. Après avoir raté une balle de match à 5–4, Dementieva concède, à 6–6, sa quatrième balle de break du set. Une balle de set convertie par Serena, qui vole le service adverse pour la cinquième fois du match. Avant de conclure la rencontre, dans la foulée, sur sa propre mise en jeu. Le score de 8–6 reflète bien la réalité de ce troi­sième set. Les 19 points gagnants de Serena Williams, soit 10 de plus que sa vis‐à‐vis, également.

Du tennis de qualité

L’Américaine prive Elena Dementieva d’une deuxième demi‐finale consé­cu­tive à Wimbledon. Cette dernière doit se sentir maudite après avoir perdu, l’année dernière, contre Venus Williams et, cette saison, à l’Open d’Australie et au même stade, contre son bour­reau du jour. Mais la victoire de Serena, si elle est peut‐être un peu chan­ceuse, est aussi large­ment méritée. Avec 45 points gagnants, pour 28 fautes directes, 20 aces et plus d’un point sur trois remporté sur mise en jeu adverse, la numéro deux mondiale a montré sa supé­rio­rité. Quoiqu’il en soit, le jeu déve­loppé ce jeudi par les deux joueuses donne envie de se récon­ci­lier avec le tennis féminin. La variété proposée par Dementieva et le spec­tacle par Serena laisse à penser qu’il ne manque à ces deux filles que la constance et la moti­va­tion pour porter au plus haut le blason de la WTA. 

Serena y est ! Place à son aînée. Si cette dernière la rejoi­gnait, elles dispu­te­raient leur 21ème duel, le dixième en finale.

A propos de l’auteur

Rémi Cap‐Vert

Journaliste / Rédacteur chez We Love Tennis.