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Une finale au mental

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Rafael Nadal part favori pour sa quatrième finale à Wimbledon, dans l’op­tique d’un deuxième titre sur le gazon londo­nien. Pour la première fois, le Majorquin n’af­fron­tera pas Roger Federer, mais Tomas Berdych, novice à ce stade de la compé­ti­tion. Une première finale qui pour­rait avan­tager ou handi­caper le Tchèque, ce qui dépendra de la façon dont il appré­hende l’évè­ne­ment.

Le scénario de cette finale semble plus reposer sur les épaules de Tomas Berdych en effet. Le Tchèque, révélé à Paris‐Bercy en 2005, a mis cinq ans avant de fina­le­ment exploser. Finaliste à Miami, demi‐finaliste à Roland‐Garros, Berdych voit ses efforts récom­pensés par cette première finale en Grand Chelem. Il pour­rait arriver dans deux états d’es­prit diffé­rents sur le Central cette après‐midi : soit il se dit qu’il a déjà fait un tournoi excep­tionnel, que s’im­poser serait un bonus énorme, et il joue sans complexes ; soit il se crispe, perd le premier set et alors les choses devien­dront compli­quées. Un scénario qu’on n’es­père pas car alors Rafael Nadal ne ferait pas traîner les choses et file­rait tout droit vers un huitième sacre. Il semble clair que Tomas Berdych détient la clé de ce match.

Car en face, Nadal ne se posera pas de ques­tions. Après une saison 2009 à oublier, l’Espagnol a survolé la saison de terre, récu­péré sa place de numéro un, et va quoi qu’il arrive creuser l’écart à l’ATP avec un nouveau dauphin, Novak Djokovic. Un deuxième sacre à Wimbledon serait un moyen d’as­seoir un peu plus sa domi­na­tion en 2010. Après deux matches en cinq sets, Nadal a étouffé Söderling et écoeuré Murray, avec une rage de vaincre unique, une façon bien à lui de se battre sur les points, de ne jamais s’avouer vaincu. Ces qualités de compé­ti­teur hors pair ne risquent pas de s’en­voler comme par magie, surtout pas aujourd’hui, en finale de Wimbledon. La qualité de ce match dépendra donc de la capa­cité pour Berdych à riva­liser menta­le­ment avec Nadal, à ne pas se laisser abattre et à faire mal à l’Espagnol. Le Tchèque a les armes pour ça : gros service, gros coup droit, dépla­ce­ment et retours en grande progres­sion, mais a‑t‐il ce qu’il faut dans la tête ? La réponse cette après‐midi.