Chris Evert (titrée 18 fois en Grand Chelem) : « Gagner ces tour­nois n’était pas une prio­rité pour nous à l’époque. J’ai manqué 12 Open d’Australie et trois Roland‐Garros »

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Alors que le nombre de titres remportés dans les tour­nois du Grand Chelem est devenu un critère primor­dial pour classer les joueurs et dési­gner les meilleurs de l’his­toire, Chris Evert a tenu à remettre certaines choses en pers­pec­tive lors d’une inter­view accordée à Tennis365.

Selon elle, les joueuses de son époque étaient beau­coup moins foca­li­sées sur ces tour­nois majeurs en raison d’une un contexte et d’une réalité radi­ca­le­ment diffé­rents à celle d’au­jourd’hui. L’accent étant mis davan­tage sur la construc­tion d’un circuit profes­sionnel féminin viable et solide plutôt que sur la gloire personnelle.

« Gagner des tour­nois du Grand Chelem n’était pas une prio­rité pour nous à l’époque. Nous essayions de créer un circuit qui pour­rait éven­tuel­le­ment permettre à 200 à 300 femmes de gagner leur vie. J’ai manqué 12 Opens d’Australie et trois Roland‐Garros, car notre prio­rité était de parti­ciper au Virginia Slims Tour et d’en faire une plate­forme capable de soutenir le tennis profes­sionnel féminin. Les hommes avaient des gens qui s’en occu­paient pour eux, qui construi­saient leur circuit. Nous devions le faire nous‐mêmes. C’est tout à l’honneur de Billie Jean King et des femmes qui ont ouvert la voie en créant un circuit profes­sionnel qui a donné aux femmes une chance de bien gagner leur vie. Il n’y avait pas d’autre sport féminin profes­sionnel à l’époque, et leur action a laissé un héri­tage qui a eu un impact non seule­ment sur le tennis, mais aussi sur de nombreux sports aujourd’hui. Notre sport a ouvert la voie, c’est indéniable. »

A propos de l’auteur

Thomas S

Préférant sacri­fier des après‐midis dehors avec les copains pour suivre Roland‐Garros à la TV, Thomas a toujours eu le désir de vivre de sa passion. C’est par l’écri­ture et le jour­na­lisme qu’il concré­tise son rêve en inté­grant la rédac­tion de We Love Tennis en avril 2017 en tant que pigiste, avant de devenir rédac­teur en chef en août 2021. Une aven­ture vouée à se pour­suivre aussi long­temps que possible.