Garcia : « Les saisons de tennis sont telle­ment longues, tu as peut‐être moins de temps que dans une vie plus normale pour grandir en tant que femme »

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Caroline Garcia s’est longue­ment au quoti­dien sportif national après avoir reçu le titre de cham­pionne des cham­pionnes France « L’Equipe ». Elle a notam­ment parlé de ses crises de boulimie et a tiré les ensei­gne­ments de son intense saison 2022, durant laquelle elle est passée par toutes les émotions.

« Les saisons de tennis sont telle­ment longues, tu as peut‐être moins de temps que dans une vie plus normale pour grandir en tant que femme. Cette année, tout ce qu’il s’est passé m’a aidée à comprendre certaines choses par moi‐même. J’ai beau­coup évolué. Je me connais bien main­te­nant. Je suis plus honnête par rapport à ce que j’ap­précie ou pas. Et je sais comment mieux me protéger. Si je fais quelque chose, c’est parce que j’en ai envie. Si je n’en ai plus envie, je serai capable de dire non. Avoir eu des passages diffi­ciles m’aide à profiter davan­tage de l’ins­tant présent. Je me permets plus de plaisir. Il ne doit pas y avoir que des sacri­fices. L’émotion de la victoire est telle­ment éphé­mère dans le tennis, tu ne peux pas t’ap­puyer seule­ment là‐dessus et te dire : « Si je gagne ce tournoi, ça va me rendre heureuse. » Parce que ça va te rendre heureuse vingt‐quatre heures, pas plus ! Le tennis, c’est une machine à laver. J’étais trop dans cette recherche quand j’étais plus jeune. Donc j’étais déçue, je n’avais pas ce que je voulais. Ça faisait beau­coup de sacri­fices pour rien. J’ai vache­ment grandi là‐dessus, notam­ment depuis la bles­sure. Il faut aussi profiter du chemin, des jour­nées diffi­ciles à l’en­traî­ne­ment qui se passent mieux que prévu, etc. J’assume égale­ment plus mon jeu et l’iden­tité que je veux avoir sur le court. J’avais eu pas mal de problèmes avec ça, même récemment. »

A propos de l’auteur

Baptiste Mulatier

Accro au sport depuis toujours, Baptiste Mulatier s’est natu­rel­le­ment tourné vers le jour­na­lisme pour raconter les histoires qui le font vibrer. Au fil de sa forma­tion, il a colla­boré avec plusieurs médias, parmi lesquels Le 10 Sport, La Provence, Sport Buzz Business ou encore Foot01, avant de rejoindre We Love Tennis en 2020. Cette même année, il couvre son premier Roland‐Garros, une édition très parti­cu­lière disputée à l’automne en raison de la pandémie. Une expé­rience fonda­trice, point de départ d’une belle aven­ture qui se pour­suit désor­mais depuis six ans.