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Le mal de terre de Bartoli

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Sortie au deuxième tour de Roland Garros, Marion Bartoli conclue sa saison sur terre comme elle l’a commencée : par une décep­tion. Pourtant demi‐finaliste Porte d’Auteuil en 2011, elle n’a jamais réussi à se sentir en confiance sur cette surface. Alors qu’elle risque de perdre quelques places au clas­se­ment suite à cette défaite‐surprise, quelles sont les raisons d’une telle déconvenue ?

Un bilan sur terre indigne d’une top 10

3 victoires, 6 défaites : tel est le bilan de la 8ème joueuse mondiale sur terre battue, cette saison. Eliminée d’en­trée dans les Masters 1000 de Madrid et Rome, puis au tournoi de Bruxelles, elle a réussi à passer un tour à Charleston, Stuttgart et Paris. Avec, pour meilleure « perfor­mance », une victoire face à Benesova, 44ème à la WTA. Autant dire que c’est maigre, surtout dans des tour­nois où son statut de tête de série lui donnait la possi­bi­lité de passer plusieurs tours assez faci­le­ment. Et la joueuse la mieux classée qu’elle ait affronté était Julia Goerges, 29ème à l’époque. Que s’est‐il donc passé ? D’un point de vue tech­nique, Marion a du mal à avancer sur la balle. Malgré une vraie et perpé­tuelle volonté de la prendre tôt, les fautes s’ac­cu­mulent et la Française s’agace. Incapable de se concen­trer de manière opti­male, on voit bien que quelque chose ne va pas. Et pas seule­ment au niveau tech­nique et physique. C’est dans la tête que ça ne va pas.

Les discus­sions avec la FFT pour parti­ciper aux JO, comme une blessure

Bien sûr, il y a les sujets récur­rents concer­nant la Fed Cup et son père qui n’ar­rivent pas à s’en­tendre, depuis bien long­temps, quant à une inté­gra­tion de Marion dans le groupe France. Mais depuis quelques mois, ce problème a pris de plus grandes propor­tions à cause des JO. En effet, d’après le règle­ment, seules deux parti­ci­pa­tions avec l’équipe de Fed Cup pour­raient lui permettre d’aller à Londres. Un voyage qu’elle désire telle­ment. Alors, elle se bat. Déclarant même vouloir « faire la guerre » pour obtenir son ticket pour parti­ciper aux Jeux. Ce problème lui embrume l’es­prit et c’est avec une certaine appré­hen­sion qu’elle joue au tennis. En se disant qu’elle pour­rait manquer LE rendez‐vous de l’année, qui n’a lieu que tous les quatre ans. Malgré tout, Bartoli s’est aussi battue sur le terrain, comme en témoigne sa petite remontée hier, face à Martic. Menée 2–6 0–2, elle remporte le deuxième set au courage et ses « Allez  » montrent une criante volonté de ne pas baisser les bras.

Un clas­se­ment en danger

Parce qu’elle n’a pas fini de se battre, Marion. Conséquence directe de cette fâcheuse défaite au deuxième tour, elle perd les points de sa demi‐finale de l’an passé. Si elle ne devrait pas trop dégrin­goler lors de la paru­tion du prochain clas­se­ment, les semaines à venir seront cruciales. Elle devra défendre un titre à Eastbourne, un quart à Wimbledon et une finale à Stanford. Alors, c’est vrai qu’elle préfère jouer sur gazon, mais on ne retrouve pas la confiance d’un coup de baguette magique. La meilleure façon de ne pas complè­te­ment perdre pied, c’est de se remettre en ques­tion et, évidem­ment, régler tous les problèmes person­nels qui l’en­combrent. Et, on l’es­père, la numéro 1 fran­çaise pourra de nouveau nous faire rêver, comme lors de sa finale à Wimbledon 2007. Il parait même que les JO se jouent sur la même surface…